‹ Vie de M. Pierre-Louis Billaudèle [microforme]Chapitre 15 sur 20 · LE · texte numérisé non relu

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Cependant le nombre des malades eroissait toujours par l'arrivée de nouveaux émigrants, À. la fin de juin on en comptait plus de 1100; les hôpitaux ne À RE L ur les contenir, et la pluie, ia bone, le vent, difficulté des chemins, tout ee re à rendre leur situa tion plus déplora le.

L'excès de leurs souffrances les jetait dans nn état d'insoucianec générale ; COuChés ua quatre dans le même ff, ils ne se préoc as ent que de leur mal, et la mort de leurs com pag el les trouvait insensible, on en voyait entre deux cadavres noirs, défi dont la seule vue ca le frisson, sans q ue ce voisinage leur ‘inspirât aucune horreur.

Ce qui navrait le ce su c'était la vue de ce grand nombre d'enfants que !8 mort laissait orphelins. Chaque matin on les arrachait d'entre les bras de leurs mères expirantes, et parmi ces enfants, il y en avait de tout leunes qu'il fallait détacher du sein maternel, cherchant la vie là où déjà régnait la mort. Les cadavres exposés au soloil, sur des planches, en attendant Ia sépulture, répandaient au loin l'infection, ou donnaient lieu à des scènes désolantes.

Un jour, un pauvre [rl landais, débarqué de la veille, arrive à la pointe Saint-Ch: irles demandant ea femme qui la voit précédé à Montréai, Personne ne peut lui en donner des nouvelles; il proue inquiet et désolé tous les sheds sans pouvoir la retrouv: ‘; il arrive enfin au lieu où sont déposés iles cadav res des décédés de la nuit; il les examine un à un, il s'arrête enfin, ii se ne à, terre en pou: ssant des cris lamentables, il

; traîne auprès d’un de ces cadavres qu'i il cou-

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vre de ses baisers et de ses larmes, Il venait de retrouver celle qui avait été la compagne et la consolation de sa vie; son désespoir n'avait plus de bornes, il fallut l’arracher de cette scèno de douleurs.

Ces scènes se renouvelaient chaque jour, lorsqu'il fallait procéder à la sépulture des morts ; pères, mères, époux, épouses et enfants entouraient ces restes qui leur étaient si chers, s'opposant à leur d lépart et poussant des cris de dé. sespoir qui arrachaient des larmes et fendaient l'âme, Les prêtres, les religieuses se mêlaient à ces scènes de désolation pour € en tempérer l'amertume par quelques paroles de paix et de résignation.

Alors : Montréal vit se renouveler les merveiiles de charité qui ont fait la gloire de l'E. glise catholique dans tous les siècles, et dans tous les lieux où elle a joui de la liberté d’'exercer son zèle, Tandis s que les hommes qui so disent les ministres de l'Evangile du Christ fuyaient devant le fléau et se tenaient prudemment éloignés du foyer de la contagion, se conservant pour leurs femmes et leurs enfants, le clergé catholique, dont les malheureux sont la famille, donna aux émigrants son temps, ses pein( 1.568 nuits, son ministère, sa vie, leur l'EIX lant ! es services Les plus ie: et les plus rebutants. On vit alors l'évêque, à la tête de ses prêtres, remuer la paille infecte du lit des maiades, laver leur linge, aller puiser à la rie l'eau dontils étaient altérés, par les nuits | plus sombres, sans être un instant arrêté par rs pensée des mille dangers auxquels il s'expo-

sait, et dont beaucoup ont été les héroïques victimes,

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Les religieuses de l’hôpital-général ne pouvant plus suffire, il failut appeler à leur secours les sœurs de la Providence, at cette assistance ve suffisant pas encore, il fallut ouvrir le cloître et appeler Les religieuses de l'Hôtel-Dieu sur ce théâtre de misère et de mort.

Au commencement de juillet, vingt-trois sœurs de Charité € ‘(aient atteint es du fléau La Jongrégation leur offrit la résidence de l'île Saint- Paul, comme plus salubr que | leur maison de Montréal, mais elles ne crurent pas devoir accepter. La ferme Gregory, qui était he proche, fut mise pres tard par le séminaire à la disposition des convalescentes

Quinze sœurs furent administrées dans un seul jour, le jour même de ]

, pr ru la tète de leur auné

rieure. Lasœur Limoges raour ut ia première et en moins de deux mois sept arcres la suivi rent. La sœur Limoges n'AVALE je vin®t ans:

pleine d'obéissance, d'une hui toujours égale elle était l'ange des runs dont elle aimait

soulager la misère

La sœur Primeau était encore novice, elle s'était distinguée par sa régularité, son humilité. On l'avait toujours trouvée prête à rendre aux malades les services les plus Hoi : elle mourut le sourire sur les lèvres,

Une autre, novice de puis seulement trois mois, la sœur Collins, remarquabie par sa modestie, son esprit de recueillement, la promptitude de SON obéissanc 6, et pour qui un désir dé , SI \périeure devenait un ordre, s'était portée ferveur au secours des émigrants,; elle les pansait, elle les peignait, elle les exhortait à patience ; elle puisa la mort dans son ministère, et ses derniers exemples furent ceux d’une

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admirable résignation au milieu des plus cruelles souflrances,

La sœur Marie comptait vingt-deux ans de profession, C’était compassion de la voir; toujour a iéte i de pluie ou de sueur, cherchant lanourriture de ses malades, ou assise à leur chevet, nai sans répugnance leurs ulcèrs et leurs plaies.

Encore une enfant de six mois de postulat, un modèle de régularité, la sœur Bruyère, que le désir do la perfection portait aux plus généreux sacrifices, On lisait sur Ron visage la simplicité et la candeur de son fime, Dieu se contenta de ses premiers sacrifices ot l’appela à une vie meilleure.

À la fin de juin mourut la sœur Sainte-Croix, professe depuis dix ans, et depuis sept ans secrétaire de la communauté, C'était Ia règle vivante, et son recucillement inaltérable préchait à toutes ses sœurs la continuelle présence de Dieu, Malgré u ne constitution faible et déhcate, elle de »manda à voler au secours des malades. Pendant un long mois dé fut une. mère pour eux; elle ne parlait que de ses chers malades, elle ne s'occupait que d'eux, elle embras-

sait ces pauvres femmes cou rertes de haïllons, de vermine et de boue; elle fut frappée au milieu des pestitérés et dans le plus tort de ses

souffrances, elle ne les oublia pas. On l'entendait s'écrier: oh! qu'ils sont malheureux !...... qu'ils sont misérables!......que je les plains! La supérieure fui ayant témoigné le désir, au nom de la vertu d’obéissance, de Ia voir demander s& ENÉrISON à saint Joseph, tonieré SON ex ‘ème

pugnance, elle fit cette simple prière: ‘Saint

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Joseph, rendez-moi la santé:”” mais le fruit était mûr pour le ciel.

Une vénérable reli.

de profession fut la dernière victime du fléau elle était d’une admirable douceur, elle avait une prédilection pour la plus infime do la maison, Son grand âge ne iui permettant pi

louse de quarante-8iX ans

1 ui d'aller AUX sheds elite prit L à Las le sœur Marie à la salle des vieiilar elle v soigna queiques na les du typhus. Ce fléau ne lui {it pas grâce et L Ca DOrTA dans peu o jours : |e

martyre de [a charité couronna ui IONnTUe 16 de vertus, Cette maison relisieuse offrit pendant trois

taiois Un spectacle bien désolant ; tous les exercices réguliers furent suspendu Le service riêrae js pauvres fat interrompu, tous les ap p )artemetr étaicn Convertis en u trmeries,

Pour Pa relisiouses, les unes étaient occupées es Sd des malades do | LA POITILE Saint-Charlk 3;

les autres clouées sur leur HE, par je cruelles souffrances, se voyalont abandonn i dehors,

tant on Craig iten pénétrant dans leur maison. d’ V trouver la contacion. Dans cette tristi situation, M. Billaudèle s’efforga de leur faire oublier et ieur ER ES et leurs pertes. Vers la fin de juin, il ac xmpasna le gouverneur œénéral et Lady loin qui v es tailler témoigner er. personne aux re6 He IQCUSES ( le 1 hôpii il-< rénéTai l'admiration et la reconnaissance qui Jeur 1nspiraït leur courage et leur dé. voueme ent. Luimême, il les visita souvent, parcourant toutes les 8 ill x, encourageant ét GONE ont t les pauvres, les malades et les sœurs infirinières, {il se re- P ‘ochait d'avoir té COM me la cause ae la perte

né B;

de tant de vies, et il s'accusait, les larmes aux

76 VIE DE M. BILLAUDÈLEÆ, veux, ‘d'avoir envoyé Iui-même sept victimes à la mort,”

Le conp était doublement sensible: car ei même temps il avait à pleurer la mort de ses confrères,

M, Patrick Morgan avait succombé le 8 juillet

était un homme de zèle et de charité

Le 13, c'était le tour de M, Rémi Carof homme d'une douceur, d'une simplicité charmantes, Un jour qu'il était à l'hôépital-général, faisant à la communauté la visite de bonne année, a supérieure etses sœursse mirentà genoux pour ui demander sa bénédiction; mais l’homme de Dieu, se jugeant indigne de cet honneur, tomba lui-même à genoux, ‘c'est à vous de me bénir, dit-il à la supérieure ; ” un pieux débat 'éleva où Fhumilité du saint homme ne put etre vaincoue, ‘On se

eleva en riaut, racontent

les mémoires, et personne n eut do bénédiction.” | Lie 15, M, Pierre Richard les suivait, il avait assé ses jours etsennuits au milieu des pestiférés,

Diug d'uné foi

s 1] avait fuilli se noyer au railieu les ténèbres, eu charriant l’eau qui leur était nécessaire, il reposait au milieu d'eux sans pouoir se défendre le la véermine dont ils étaient | couverts, et lorsqu'on l'en avertissait, il la

secouait en souriant: ‘Ce sont, disait-il, autant L

de perles pour le ciel.” Un jour, accablé de fatigue, il rencontre une religieuse non moins nal'isses que lui: Ma sœur, lui dit-il, croyez ous que Nous n'avons pas bien gagné quelques planches pour notre cercueil ? ?

Huit jours après succombait M. John Richard x auyait té

| avait été, comme nous l'avons déjà dit, un des

Premiers à VOIOr AU SeCOUTS GES IMmMIgrants. On lh

es voyant couchés sur des planches nues, il fit |

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demander de la paille aux commissaires, ‘In.

voyez plutôt une charge d'or à ce saint prêtre,” répondit un des employés,

‘ Peu importe, répondit un autre, M. Richard amasse des trésors pour un lieu où l'or et a paille sont ia même chose.”

Il avait réuni tous les orphelins du typhus ot fait construire un shed à part pour les recevoir; il y ft porter des couchottes. travailla lui-même à remplir leurs paillasses, 6t quand ils furent installés, c'est au milieu de ces enfants qu'il se plaisait à réciter son bréviaire, À la nouvelle que plusieurs religieuses étaient malades, “tant mieux, s'écria-t-il dans un élan de foi, quelle bénédiction le ciel nous envoie!” I la partagen bientôt lui-même, et mourut à l'âge de soixante ans.

Pour qui a connu M. Billaudèle, il est aisé de concevoir quelle pt ine il pr'ouva, en voyant succoraber les plus zéléa de ses confrères, tandis que d'autres atteints du même fléau disputaient À la mort un reste de vie prête à s'étendre Alors il se dévoua lui-même, malgré le peu de connaissance qu'il avait de l'anglais, il se rendit auprès des pestiférés, mais atteint de la contagion, il fat forcé d'aller demander, au fort de la montagne, un air plus pur et un peu de repos,

C'est dans ces circonstances affigeantes qu'arriva la mort tragique de M. Gottofreÿ C'était un prêtre zélé pour le salut des jeunes personnes gang agile: il tomba du haut de la galerie de {a résidence de Bonsecours, dans le temps où il y faisait faire des réparations. Cette mort, dans d'aussi tristes eonjonctures, brisa le cœur au pauvre supérieur, Aucun confrère de la male son n'osait lui en porter la nouvelle; il failut

ue le R. P. Duranq net, ancien élève et enfant

: inituel de M. Bu [lan ! e à Clermont.se chargefñt la commission, ie bon pére prenant {es hoses dans les pures Y es de la for et gur ni ton plutôt gui que triste, dit à M. Billaudèle abord terné eb anéanti par la fatale an Ho1ce ‘h | sien SUunéÉri

QU, 66 HN eat pets | t H + E à “ ae ParS À {li OUT Ge PDataltle qui es AU 6 DOUX TN ML ire, au contraire, il n'est jamais plu: fier et

DITS JOVOUX ; NOUS SOMMES, COMME VOUS, SUP 14 L À … , 14 broche, et nous sommes tous contents.

} . LE / n] 1 Vous avez raison reprit M, Büillaudeie

imé parces paroles énergiques, 1 at plus LES

sr, fois depuis 1l a déclaré que cette manière d’'an-

: ne était on eïtef ja seule ou it AU) Hire SU DPOorter Un COUP ausst douloureux,

u Cependant l'état de M, DBiflaudèle s'aggrava

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