X VI. OBSÈQUES DE M. BILLAUDÈLE
Un prêtre blanchi dans de longs travaux du ministère sacerdotal, qui a consacré sa vie à élever la jeunesse, à éclairer et à diriger les consciences; à mettre les conseils de sa science et de sa vieille expérience au service de tous les besoins d’une grande cité ou d’un vaste diocèse; qui s'est dévoué à porter la consolation aux afligés, et à des pauvres nombreux l’aumôûne de sa générosité et de son cœur, vient-il à disparaître, il laisse dans toutes les familles chrétiennes un vide qui a de profondes analogies et une grande communauté de sentiments avec celui que laisse la mort d’un père, et c’est là uno des plus grandes gloires de l'Église catholique eb de son admirable clergé.
La perte de M. Billaudèle fat done vivement sentie dans toutes les familles de la paroisse de Montréal, dans tout le diocèse et au loin.
# Le séminaire de Saint-Sulpice, écrivait la Minerve, comme tout le ciergé catholique a perdu hier l’un de ses membres les plus distin-
ués en ce pays, dans la personne du rév, M ierre-Louis Billaudèle, vicaire-général et supérieur du séminaire de Montréal.
6 Le vénéré défunt, avons-nous besoin de le dire, ost mort comme meurt le véritable chrétien, le disciple du Seigneur qui a combattu le bon combat, depuis qu'il a pu comprendre les vérités de la foi, à La propagation desquelles 1 a consacré toute sa longue et piouse carrière...
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‘ M. Billandèle se faisait remarquer par une grande aménité de caractère et par des connaissances fort approfondies, Ministre des autels, il s'était appliqué à étudier particulièrement les saintes Écritures, dont il possédait l'esprit à un très haut degré. Ilsavit toucher les cœurs dans les nombreux sermons qu'il prononça, et nous savons par les journaux du temps, qu'il prêcha avec un grand succès, lors de la bénédiction du “ Gros Bourdon ” de Notre-Dame, le 18 juin
‘“ Sa vie comme celle des véritables apôtres du Christ peut se résumer en cette parole transit benetaciendo.
‘ Aussi le vénéré défunt ne laisse-til que des regrets, et longtemps ses dignes confrères comme la population catholique de Montréal conservera le pieux souvenir de ses vertus et du bien qu'il a accompli.”
La foule nombreuse qui assista à ses obsèques prouva combien la presse avait été l'écho de ja douleur publique.
Le 23 octobre, à huit heures du matin, le glas
funébre de toutes les cloches üe Notre-Dame,
conviait à l’église le flot des fidèles, qui eut bientôt envahi les trois nefs et les quatre ran-
gées de ses vastes galeries.
À cette voix du deuil universel se rendirent en corps les communautés religieuses, le grand séminaire, les collèges, l’école normale, les frères de la Doctririe chrétienne avec :eurs milliers d'enfants, les couvents, les pensionnats; tous venaient donner une dernière prière à la mémoire de celui qui leur avait donné de si hauts exemples de vertus et de si nombreux témoignages de bonté.
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Presque tout le clergé du diocèse et un très grand nombre de représentants des diocèses voisins, Ottawa, Kingston, Saint-Hyacinthe, Trois-Rivières et Québec remplissaient los stalles du chœur,
La Saint-Jean-Baptiste y était présente par une nombreuse députation. |
M. le maire de Montréal, l'honorable Workman, avait voulu prendre part à cette démonstration de la tristesse publique.
Le chapitre de Montréal, dont le défunt était membre honoraire, voulut de son côté lui donner témoignage d'amitié.
Trois grands-vicaires: M, l'abbé Trudeau, de Montréal, M. l'abbé Raymond, de Saint-Hyacinthe, le R. P, Michel Caldami, vicaire-général de l'archevêque maronite d'Alep en Syrie, les supérieurs des ordres religieux de la ville, honorèrent ses funérailles de leur présence.
Mons eigneur de Birtha, ancien confrère et ami du défunt, eut à cœur de lui donner ce dernier témoignage de son estime et de son affection en célébrant pour lui la sainte messe et en présidant à ses obsèques.
A dix heures, le corps äu regretté défant était réuni à ceux de ses pères et déposé dans les caveaux de Notre-Dame, où ils attenrdent, reposant en paix, le grand jour de la résurrection générale. Les cierges séteignirent, le clergé se retira en psalmodiant lentement le psaume des morts, la foule muette de tristesse s’écoula murmurant au fond de Fon cœur une
pieuse prière et bénissant encore une fois celui qui pour elle avait été un guide, un docteur, un ami et un père.
ae mes ce maman
EUSÈBE SENÉCAL & FIL, Imprimeurs, Montréal.