‹ Vie de Mahomet d'après la traditionChapitre 37 sur 89 · I. Que les deux mains d'Abu Lahab périssent · texte numérisé non relu

I. Que les deux mains d'Abu Lahab périssent

(i) Koran : ch. VII, 107.

etc. ; qu'il périsse lui-iiièine. — 2. Ses richesses et ses œuvres ne lui serviront à rien. — 3. Il sera brûlé au feu llaniboyant. — 4- Ainsi que sa femme porteuse de bois (i). — 5. A son cou sera attachée une corde de lilaments de pahnier.

Le Fazî\il-al-bcit (Les beaux traits de la Famille) prête à Ali le récit suivant :

« Quand le verset : « Informe tes parents, etc. » fut révélé, le Prince m'ordonna de préparer un repas et d'y inviter ses parents les plus proches, au nombre de quarante.

A la fin du repas, le Prince s'adressa aux convives en ces tenues : « () mes parents, quand même je mentirais à tout le monde, je ne vous mentirais pas. Je le jure par le Dieu unique, je suis l'Apôtre du Seigneur envoyé vers vous et versions les hommes. Vous mourrez de même que vous dormez, et vous ressusciterez de même que vous vous réveillerez. Vous rendrez comple de tous vos actes et vous serez récompensés et punis suivant vos mérites!

Alors continue Ali, je déclarai : Moi qui suis plus jeune qu'eux, j'ai cru et je t'ai servi fidèlement et je n'échangerais pas la poussière de tes pieds contre un collier fait de bijoux. »

L'Apôtre d'Allah me loua et aiïirma : « Ali est mon frère et mon second : Ecoutez-le et obéissez à ses injonctions. » A ces mots, tout le monde se leva et éclata de rire. (3n dit à Abu Taleb : « Vois-tu que Mahomet a désigné ton fils pour être chef de ta famille et t'a placé sous son autorité ? »

(i) La femme d'Abu Lahab jetait des épines sur le chemin où Mahomet devait passer; c'est pourquoi il Tappelle i< porteuse de bois », Elle descendra dans l'enfer chargée d'une ramée.

Quand le Prophète invita le peuple à abandonner des idoles qui ne savaient rien sur la destinée des pères et des ancêtres de cliacun. on ne prêta aucune attention à ses paroles et on le montra du doigt en disant : « Voilà le fils d'Ahd-ul-Muttaleb qui donne des nouvelles du ciel et qui s'entretient avec les habitants du monde d'en haut! » Les clioses se passèrent ainsi quelque temps, et alors lurent révélés les versets contre les faux dieux, et aussi ceux qui enseignent aux hommes que leurs pères qui ont quitté la vie sans avoir reçu la foi seront condamnés au feu de l'enfer (i).

A mesure que le Livre glorieux était révélé, la liaine des Arabes augmentait et ils commencèrent à persécuter le Propliète.

La quatrième année de sa mission, il quitta sa maison pour aller habiter celle du néophyte Arcam, située un peu au Sud, sur la pente douce du Safa. Bâtie en face et à l'Ouest de la Kaaba, elle occupait un site très fréquenté, car tous les pèlerins en faisant le trajet obligatoire entre Safa et Merva, passaient devant. Ceux qui inclinaient vers l'Islam s'y arrêtaient; Mahomet les enseignait, leur disait le Koran, leur expliquait la doctrine et en convertissait un certain nombre parmi lesquels on cite les quatre fils d'Abul Bokeis, parent d'Omar, qui lui prêtèrent allégeance. Cette habitation, berceau de la foi, a été conservée sous le nom de Maison de VTslam,

Le Prophète s'attachait avec ardeur à persuader les Koréish et surtout les principaux d'entre eux; il était souvent rebuté; il s'adressait alors aux humbles et aux pauvres. Un jour qu'il était engagé à

(i) Ce dogme empêcha beaucoup de conversions.

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fond dans une conférence avec Waled dont il désirait très vivement la conversion, un aveugle passa près d'eux et demanda à entendre le Koran. Mahomet contrarié de ce dérangement lui répondit avec humeur, et d'autres personnes qui survinrent ayant détourné son attention, Taveugle s'éloigna sans que sa prière eut été exaucée (i).

Mais aussitôt le Prophète sentit son cœur saigner du remords d'avoir repoussé celui que Dieu avait peut-être envoyé vers lui afin qu'il pût, une fois éclaire à son tour, faire entendre la bonne parole à quelqu'un de ses frères déjà réprouvé.

Le sentiment très vif de repentir qu'il en éprouva se traduisit par la révélation de la touchante Sourate de l'Aveugle (LXXX), sorte de réparation adressée aux humbles de ce monde :

S. LXXX : Le Prophète s'est détourné de l'Aveugle qui venait à lui. — Et comment peux-tu savoir si la grâce ne doit pas le purifier? — Si l'enseignement ne doit pas lui être donné et porter des fruits? — Le riche, tu l'accueilles avec faveur sans te demander s'il est purifié. — Et celui qui vient à toi assoiffé de vérité et tremblant dans une pieuse anxiété, tu le dédaignes. — Non ! Le Koran est l'tlnseignement! destiné à quiconque le recherche. — Etc. (2).

(i) Kasimirski donne à cet aveugle le même nom qu'à la vieille femme qui avait déjà (page 161) interrogé le prophète {Koran, note à la S. LXXX).

(2) La plupart des esclaves de La Mecque étaient des étrangers qui avaient vécu parmi les Juifs ouïes Chrétiens; ils furent convertis facilement à la nouvelle religion. Les commentateurs du Koraii citent particulièrement Yasar et Jahr que les Koréish accusaient d'être les initiateurs de Mahomet; le dernier était Chrétien. La même accusation

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