Mort de Khodaijah et d'Abu Tâleb
La deuxième année après la mission lut nommée l'année de deuil à cause de la mort de Khodaijah et
(i) Selon x)lusieurs commentateurs du Koran, celle prédiction s'est réalisée, mais ils ne sont pas d'accord sur l'époque exacte de sa réalisation. Les uns veulent que les Grecs aient battu les Persans en juème temps que se donnait la bataille de Bedre (an II de l'Hégire) ; les autres font arriver cette victoire en même temps rpic la bataille d'Hodeybiah (an VI de l'IIégire). Abu Beckr n'avait d'abord parié que « dix jeunes chameaux », et n'avait lixé que trois ans pour la défaite des Persans. Il porta ce pari à la connaissance de Mahomet qui lui dit que dans sa prophétie il ne fallait pas voir un nombre déterminé d'années, mais tout nombre d'années conq)ris entre $ et <) ans. Kn conséquence, Abu-Beckr porta à 9 ans le délai de son pari, et promit en cas de non réalisation cent chameaux au lieu de dix.
L'événement étant arrivé dans les délais prévus, et Abu B. Khaluf étant mort dans l'intervalle, les héritiers de ce dernier remu'ent fidèlement les cent chameaux à Abu Beckr qui les amena triomphalement à Mahomet.
Quant à la défaite des Persans, elle aurait eu lieu soit près de Bostra et d'Adhraàt {(Tap. Al Jannabi}, soit en Perse ou en Mésopotamie, soit enfin en Palestine {d'ap, Ibn Abbas).
aiS VIE DE MAHOMEt
de celle d'Abu Tàleb qui survinrent à quelques jours d'intervalle. Le Prophète dit à Khodaijah à ses derniers moments :
— Le Très-Haut ta exaltée au-dessus de Marie, illle dlmran et sœur de Moïse, et d'Asiah, lîlle de Pharaon.
. Elle fut envoyée aux Jardins du Paradis à l'âge de 65 ans, et fut enterrée à Hadjun. Le Prophète avait l'habitude de visiter sa tombe, bien qu'à cette époque, les cérémonies et les prières pour les morts n'eussent pas encore été rendues obligatoires (i).
A son lit de mort, Abu Tàleb réunit les Béni Ilashem et leur dit :
— Vous êtes les saints d'Allah, la quintessence des Arabes et la fleur de la noblesse. Vous comptez parmi vous Mahomet et le brave des braves, Hamzah. Vous n'entamez jamais d'aflaire importante sans la mener à bonne fin, ni aucune noble entreprise sans l'achever. Vous êtes l'élite et le soutien des hommes. Honorez cette famille (celle d'Abu Tàleb et de Mahomet), vous obtiendrez ainsi l'approbation du Tout Puissant Nourricier, la prospérité et l'accomplissement de vos désirs. Je vous recommande l'amour des parents, la concorde, l'aumône, l'honnêteté, la remise fidèle des dépôts confiés. » Après une pause, il reprit : « Je vous ordonne de prêter aide et obéissance à Mahomet, l'A min (le fidèle) et le Sidiq (le véridique) des Arabes. Les anges ont
(ij Pendant toute la vie de Khodaijah, Mahomet n eut ni de seconde femme ni de concubine bien qu'elle eût i5 ans de plus que lui. Elle lui donna 6 enfants dont deux moururenl très jeunes, et il n'eut pas depuis d'autre enfant excepté Ibrahim, lils de la Cophte Marie. En toute occasion après son décès, il exprimait son regret^de sa perte et le souvenir le plus reconnaissant de son affection pour lui.
rendu témoignage
de la sincérité de î
les pauvres de tous
croire en ses parole
tirer le cimeterre et
implorer son appu:
Arabes lui livrer le
affaires, et son amo
O vous, Béni Has]
aidez-le en paroles
les plus dévoués ; il
seul qu'il fasse trio
vais, je ferais tout ]
verais de tout mal .
Quand les Koréis
était désespéré, ils ;
— Abu Tâleb a 1
tout son pouvoir, et
d'Omar et de beau
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faire avec lui un i
dAbu Tàleb. En co
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« Nous avons toujoi
tes ordres. Nous en
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sur tous les Arabes
Jahl s'écria : « O M;
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prononcer cent. Quels sont-ils? — Il n'y a de Dieu qu'Allah et Mahomet est TApôtre d'Allah. » Cette réponse irrita les Koréish ; ils se tordirent les mains et s'exclamèrent : « Tu veux donc réduire nos mille dieux à un seul? Il est étrange que tu montres tant de mauvais vouloir alors que nous nous efforçons de nous concilier ton amitié et de te donner satisfaction. » Cela dit, ils s'en allèrent.
Selon le Rantazul-Abbab (Mausolée des Saints), Abu Tàleb à son lit de mort fît, d'après le conseil de (pudiques Koréish, prier son neveu de lui adresser quel([ues aliments provenant du Paradis qui pourraient lui rendre la santé. Mahomet renvoya le messager avec cette réponse : « Allah n'accorde point à des Infidèles la nourriture du Paradis. » Mais il suivit de près le messager et trouva la maison d'Abu Tàleb pleine d'idolâtres. Il les pria de le laisser seul avec son oncle.
« Nous sommes, répliquèrent-ils, ses parents aussi j)roches que toi et nous ne l'abandonnerons pas en pareil moment, » Alors le Prince s'assit au bord du lit et dit : « Mon oncle! que Dieu te récompense d'avoir pris soin de moi depuis ma minorité et de m'avoir protégé depuis ma majorité!» Il ajouta : «Aidemoi, en prononçant des mots avec lesquels j'intercéderai pour toi auprès d'Allah le jour de la résurrection. — Quels sont-ils? — Il n'y a de Dieu qu'Allah. La Divinité ne se partage point. — Pour réponse Abu Tàleb prononça les vers suivants :
Tu m'as invilé (à la Foi), tu m'as avisé ;
Tu as été véridique et loyal;
Tu as promulgué une religion que je reconnais
Etre la meilleure religion du monde.
N'était la crainte du blâme je la professerais,
Comme je le déclare expressément maintenant»
VIK DE MAHOMET 2îil
Entendant ces vers, les Koréisli rcpi*oehèrent à Abu Tâleb de renier la religion de ses ancêtres Abdul-Muttalcb, Haslicm et Abd Munâf; il répondit : « Abu Tàleb est fidèle à la religion de ses ancêtres. » Puis réunissant autour de lui les fils dWbd-ul-Multaleb, il les exhorta en ces termes : « Tant que vous suivrez et appuierez Mahomet, la prospérité, la grâce divine et la paix seront votre partage. »
Alors le Prophète lui demanda : « Peux-tu leur ordonner de suivre ma religion et ne pas l'accepter toi-même. » — Abu ïàleb : « Si j "étais en bonne santé, je le ferais, mais au point où j en suis les Koréish ne manqueraient pas de dire : « C'est seulement à l'agonie qu'Abu ïàleb s'est fait musulman. » (i)
Quand l'Apôtre eut perdu l'espoir de le convertir, il se leva et dit : « Par Allah, je continuerai à intercéder pour son pardon jusqu'à ce que cela me soit défendu. » En conséquence, il resta chez lui plusieurs jours en prières. Quand les croyants en furent informés, ils se mirent à prier de leur côté pour leurs parents morts dans l'idolâtrie, jusqu'au moment où fut révélé le verset : « Il est interdit aux Prophètes et aux vrais croyants, de prier pour les idolâtres, même leurs parents, quand ils savent que l'enfer est leur demeure. »