‹ Vie de Mahomet d'après la traditionChapitre 44 sur 89 · Victoire des Persans sur les Grecs de Byzance · texte numérisé non relu

Victoire des Persans sur les Grecs de Byzance

A celte é|)0(jue, on apprit à La Mecque que les (irecs de Byzance avaient été défaits par les Persans en Syrie (i). Les idolâtres s'en réjouirent fort et se montrèrent insolents envers les Croyants :

« Nous triompherons de vous comme viennent de triompher les Persans, auxquels aucun Livre n'a été révélé. Le destin se prononcera de la même manière entre vous et nous qu'entre les Grecs et les Persans. »

(i) Vers celle époque eut lieu l'invasion de la Syrie par Chosroës, roi de Perse. Rétabli en 590 sur le trône de ses pères par l'empereur Maurice de Constantinople, il prit les armes pour venjçer la mort de son bienfaiteur et profitant de l'anarcliie et des divisions théologiques qui affligeaient l'Empire d'Orient s'empara de la Syrie, puis de la Palestine. Jérusalem l'ut prise d'assaut : le sépulcre du Christ, les églises de Constantin et d'Hélène furent livrées aux ilammes. La croix du Sauveur fut envoyée comme trophée en Perse ; les églises furent dépouillées, les saintes reliques jetées au vent.

Chosroës resta campe plusieurs années devant Constantinople; il exigeait d'Héraclius, alors empereur, l'abjuration du christianisme et l'adoption du culte du Soleil. Cependant il accorda la paix moyennant une très forte rançon.

Au bout de quelque temps Heraclius, à force d'héroïsme et de généreux sacrilices, vainquit les Persans et leur reprit les provinces perdues.

Les historiens opposés au christianisme font ressortir la diminution de prestige qui résulta pour lui des victoires, des profanations sacrilèges des Persans, préparation et pi'éiude de celles des Musulmans.

Ce lut alors que, pour ranimer les Croyants, furent révélés les versets « Elif. Lain. Mim. Les Grecs ont été vaincus sur le territoire voisin ; mais dans peu d'années, ils vaincront à leur tour. » (Koran, ch. XXX, 1,2 et 3.) Abu Beckr les récita dans l'assemblée des Koréish qui lui dirent : « Ce sont des vers de Mahomet. » Il répliqua : « Ce sont les paroles de Dieu. » Alors Abu Beckr paria cent chameaux contre Abu B. Khaluf que, avant neuf ans, les Grecs battraient les Persans (i).

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