‹ Vie de Marie-Amélie reine des FrançaisChapitre 78 sur 98 · août · texte numérisé non relu

août

CLAREMONT

demeura, quelque temps comme anéantie. Les couches de la princesse avaient été aussi heureuses qu’elles pouvaient l’être; elle entrait dans son quatorzième jour, et devait le lendemain être transportée de son lit sur sa chaise longue. C’était le matin1 : elle s’était mise sur son séant, et arrangeait ses beaux cheveux devant son miroir ; tout h coup elle se renverse et pousse un soupir... Elle avait cessé de vivre. Sa femme de chambre rappelle à grands cris M. le duc de Nemours, qui, descendant à ce moment chez sa mère, était encore sur l’escalier : il remonte et refuse de croire à son irréparable malheur. Il n’y a point de paroles pour exprimer le désespoir avec lequel la reine et lui tombèrent dans les bras l’un de l’autre en face de la chère dépouille qu’on faisait de vains efforts pour rappeler à la vie. La reine pleurait sa bellefille comme un de ses propres enfants; mais elle pleurait surtout le bonheur perdu de son fils. Il n’y avait rien qu’elle ne se montrât prête à faire, rien qu’elle ne lui dît pour lui donner un peu de consolation. « Je veux la remplacer auprès de toi... tes enfants seront les miens... tout ce que tu voudras, je le ferai; j’irai partout où tu iras... » C’était le langage de Ruth à Noémi. Et Dieu sait

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