En juin
vicaire de l’évêque, il s’acquitta de ces hautes fonctions avec un rare mérite.
I] était animé d’un esprit de détachement extraordinaire, etavait pour maxime, que ‘‘ le temporel n’est rien !, ”
Sa vertu était achevée, et l’austérité de sa vie, si grande, qu’on le soupçonna même de jansénisme. Mais, dit Latour, ‘ on le soupçonnait mal à propos... J'ai vu dans un grand nombre d’écrits de toute espèce, qu’il a laissés, un sincère atiachement à l'Eglise et au pape, beaucoup d'estime et de respect pour la Société de Jésus, une extrême vivacité à se défendre du soupçon de jansénisme, et surtout une profonde vénération pour Mgr de Laval 2...”
‘ Pour se convaincre qu'il n’était pas janséniste, a dit un orateur, il suffirait de lire les belles paroles qui ouvrent son testament : nous y admirerions un amour véritable pour sa Mère, l'Eglise romaine 5. ”
M. Glandelet, qui avait donné presque toute sa vie au
séminaire, lui laissa, en mourant, le peu d’héritage qu'il
possédait. Il en fut de même de MM. de Maizerets, Dudouyt et de Bernières. On ne peut assez admirer le désintéressement de ces hommes vraiment apostoliques. Le nom de M. de Maïzerets est intimement lié à celui du séminaire de Québec, dont il fut le principal fondateur, avec Mgr de Laval. Ce prêtre distingué appartenait à une
1 — Histoire manuscrite du séminaire de Québec,
2 — Latour, p. 50.'
3 — Discours de M. l'abbé Cyrille Legaré, 200e anniversai ; de la fondation du séminaire de Québec, p. 72.
tions
aire, ) inde, tour, rand icère et de àse pro-
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eau qu'il
illustre et riche famille de la Normandie, la famille Ango, qui donna autrefois plusieurs hommes d’élite à la marine française. Il quitta son pays et tous les honneurs auxquels il pouvait y prétendre, pour venir au Canada partager le sort et les travaux de son ami et de son confrère à l’ermitage de Caen, Mgr de Laval.
C’est surtout pour l’œuvre du séminaire qu’il venait au Canada. Il s’y dévoua tout entier, et lui donna sa vie, ses labeurs et toute sa fortune. Son père, M. Ango de Lamotte de Lezeau, lui faisait une rente annuelle de 1,200 livres: il ne voulut pas s’en approprier un seul denier, mais versa le tout dans la caisse du séminaire.
‘Tout le Canada, dit un contemporain, lui a des obligations pour l’éducation de la jeunesse, à quoi il a été appli-
qué pendant près de cinquante ans. Dieu a donné bénédic-
tion à ses travaux par le grand nombre de prêtres, et autres qui ont pris parti dans le monde, selon leur naissance, et qui se sont comportés en bons chrétiens, tous sortant du petit séminaire, «u’il a institué et soutenu malgré toutes les contradictions, avec u:: zèle et une affection toute particulière.
‘Il a eu pour les enfants une tendresse de mère, ce qu’il a fait paraître dans sa dernière maladie par les larmes que nous avons vues couler de ses yeux avec abondance, lors: qu’il voyait devant lui quelques-uns de ces chers enfants, et surtout lorsqu'il leur fit ses derniers adieux, et leur den: sa dernière bénédiction, sans cependant pouvoir dire un
mot 1, lui qui, toute sa vie, avait employé si utilement sa langue pour parler de Dieu avec onction, et qui gagnait tous les cœurs par des manières engageantes, et pleines de lesprit de Dieu, auxquelles on ne pouvait résister.
‘® Dieu en cela a voulu mettre le comble à son mérite, puisqu’ayant sa parfaite connaissance jusqu’au moment qu'il a expiré, il n’a pu rien témoigner de ses derniers sentiments.”
M. de Maïzerets fut vraiment l’apôtre de la jeunesse canadienne. Il fut à Québec ce qu'était à Montréal M. Soûart, le père des enfants, leur éducateur tout dévoué, leur maître d'école. Sans vouloir comparer leurs œuvres, qui n’eurent pas sans doute la même valeur, ni la même étendue, on aime à mettre en regard ces deux belles figures de notre histoire religieuse et patriotique, ces deux noms synonymes du dévouement le plus désintéressé à la grande cause de l'instruction de la jeunesse. |
Supérieur du séminaire de Québec pendant plus de trente ans, archidiacre, vicaire général de Mgr de Laval, d’abord, puis ensuite de Mgr de Saint- Valier, M. de Maiïzerets remplit au Canada une noble et utile carrière. I1 mourut à l’âge avancé de quatre-vingt-cinq ans.
‘“ Nous avons été témoins, dit la chronique contemporaine déjà citée, de toute l’estime que le peuple a fait
1 — Il était frappé d’une paralysie, qui lui avaic ôté l’usage de la moitié du corps, et surtout de la lang-*e, ‘ en quoi, dit la chronique, Dieu l’a voulu éprouver et purifier. ” On voit par une lettre de M. Tremblay (1707), qu’on l'avait accusé, ainsi que M. Dupré, d'être un peu indiscret. (Histoire manuscrite du séminaire.)
paraître de sa vertu et de sa sainteté, par le grand convoi qu’il y a eu à son enterrement, chacun désirant avoir quelque chose qui lui eût appartenu, et faire toucher à son corps des objets de dévotion: preuve de la confiance qu’on a en sa sainteté. Le séminaire perd un digne supérieur ; les enfants, un véritable père 1.”
D’après le témoignage que nous venons de citer, comme d’après la tradition, M. de Maizerets n'était pas seulement un prêtre accompli, c'était le type de l’homme bien élevé, ‘aux manières engageantes,” joignant la politesse la plus parfaite à une noble simplicité. Il faut en dire autant de tous les fondateurs du séminaire de Québec, qui appartenaïient à d'excellentes familles de France, et particulièrenfent de M. de Bernières.
Celui-ci était venu au Canada en même temps que Mgr de Laval. ‘ C’est un jeune gentilhomme qui ravit tout le monde par sa modestie, écrivait alors Marie de l’Incarnation. Il se veut donner tout à 7‘ieu, à l’imitation de son oncle, et se consacrer au service de cette nouvelle Eglise... ”
M. de Bernières resta, en effet, toute sa vie, attaché à l'Eglise du Canada. Mgr de Laval avait en lui une telle confiance, qu'avant de partir pour la France, en 1662, il le choisit, tout jeune qu’il était, pour son grand vicaire, conjointement avec M. de Charny, qui avaitsix ans de plus que lui, et qui avait administré le gouvernement civil de
la Nouvelle-France.
1 — Abeille, vol, I, No 15.
Il fut 26 ans curé de Québec, plusieurs fois administrateur du diocèse, supérieur du séminaire à diverses reprises, doyen du chapitre; et, dans toutes ces fonctions, il fit preuve d’une rare sagesse, d’une bienveillance qui lui gagnait tous les cœurs, d’une vertu consommée. Il remplaça plusieurs fois l’évêque au Conseil supérieur, et y fit honneur à l'Eglise par la dignité de son caractère.
I1 mourut ! à Québec le 3 décembre 1700, et eut le bonheur d’être assisté à ses derniers moments par son ami et son père, Mgr de Laval.
‘# TL avait servi cette nouvelle Eglise avec un grand zèle et d’une manière très édifiante, dit la sœur Juchereau, faisant voir par ses vertus le fruit qu'avait produit en lui l'éducation qu’il avait reçue de son saint oncle, M. de Bernières.... Il avait été longtemps curé de Québec, supérieur du séminaire et le nôtre, et nous avait toujours donné des marques de son amitié. (C'était un homme pacifique, désintéressé, et qui ne cherchait que la gloire de Dieu 2,”
A ces glorieux et saints fondateurs du séminaire de Québec, il faut joindre M. Tremblay, qui, quoique venu
plus tard au service de l’Eglise du Canada, fut certainement l’un des plus précieux collaborateurs de Mgr de
Laval.
Jean-Henri Tremblay, quelle douce et belle figure dans les annales de notre Eglise ! Tout ce que l’on peut concevoir
1— ‘11 mourut, ainsi que d’autres personnes considérables, d’un rhume dangereux, qui ravagea le pays, et emporta beaucoup de vieillards. ” (Histoire manuscrite du séminaire.)
2 — Histoire de l’'Hôtel-Dieu de Québec.
de dévouement, de fidélité, de fermeté, de sagesse et de bon sens se trouvait réuni dans sa personne.
Mgr de Laval, qui l’avait connu au séminaire de Paris, en 1685, avait conçu pour lui la plus grande estime. Comme le jeune homme voulait se consacrer à l’Eglise du Canada, il se hâta, dans la crainte qu’on ne changeât sa destination, de l’envoyer à Québec.
‘ C’est un sujet précieux, qu’il faut former avec tout le soin possible, écrivait le prélat. Sa santé est délicate ; il faut user de précaution, avant de le mettre dans un emploi où le poêle est capable de ruiner les meilleures et les plus
. fortes cemplexions.”
M. Tremblay vint au Canada en 1687. Mgr de Saint- Valier l’ordonna prêtre dans la chapelle des ursulines, aux quatre-temps de septembre 1689. Mgr de Laval, voulant participer à la joie de cette fête, assista à l’ordination.
Quel beau ei consolant spectacle dans un pays nouveau ! Deux évêques et dix-huit prêtres étaient là réunis, ainsi que de nombreux enfants de chœur, qui aspiraient déjà à la sublime dignité du sacerdoce 1!
M. Tremblay repassa en France en 1692, et resta à Paris comme procureur du séminaire de Québec jusqu'à sa mort en 1741. Il s’acquitta de cet important office avec un talent et un zèle extraordinaires. Non content de sacrifier au séminaire tout son temps et ses soins, il lui donna à diverses reprises des. sommes considérables.
1 — Les Ursulines de Québec, t. I, p. 456.
I1 se trouva mêlé indirectement dans les difficultés du séminaire avec Mgr de Saint-Valier ; et ce qui prouve sa ,ande sagesse et son habileté, c’est qu’il jouit toujours de la confiance du prélat, sans perdre celle de ses confrères.
En 1730, il s’opposa fortement au projet de M. Lyon de Saint-Féréol !, qui avait conçu le dessein de vendre les propriétés foncières données au séminaire de Québec par Mgr de Laval :
‘ Vous me demandez conseil, écrivait-il ; et je n’en ai qu’un général à vous donner, qui est de ne point vendre la
côte de Beaupré, l’île Jésus, ni même la Canardière, qu’on
dit être nécessaire à la subsistance de la maison. $i absolument il fallait aliéner quelque chose, j'aimerais mieux que ce fût la baie Saint-Paul, et encore, s’il Le fallait absolument, l’Ange-Gardien, et le moulin du Petit-Pré.”
Pendant toute son administration, il rendit au séminaire les services les plus signalés. Il mourut à Paris, à l’âge de 76 ans.
Nous avons quelques-unes de ses lettres. Comme celles de M. Dudouyt, elles trahissent de grandes et solides qualités, un rare mérite, une vertu consommée.
Voyez entr'autres celle qu’il écrivait au séminaire de Québec en 16952. Quel admirable abandon aux desseins de la Providence respire dans ces pages !
1 — Alors procureur du séminaire de Québec. C’est lui qui a donné son nom à la paroisse de Saint-Féréol.
2 — Rapport sur les archives du Canada, 1887.
nné
Il avait confié au navire Saint-Joseph quantité de marchandises pour son cher séminaire, des lettres et des objets de toutes sortes destinés à ses confrères. Il se faisait une fête d’assister en esprit à leurs transports de joie.
Le vaisseau est pris par les Anglais: tout est perdu, sans espoir.
‘ Rien, dit-il, ne fut capable de me faire revenir de l'abattement que me causa cette perte, que la vue des desseins sanctifiants que Notre-Seigneur avait sur nous en cela. Il me fit la grâce, m’étant allé jeter à ses pieds, de m'y faire voir une source abondante de grâces, dont il nous voulait combler, en nous ôtant les soulagements corporels que nous pouvions attendre de toutes ces marchandises; et quoique, de temps en temps, il me vienne de fâcheux retours sur cette perte, qui, par la miséricorde de Dieu, ne font aucune mauvaise impression sur moi, jai ressenti depuis ce temps-là presque toujours une soumission parfaite aux ordres de la divine Providence...”
M. Tremblay n'avait encore que 80 ans, lorsqu'il exprimait des sentiments si parfaits. Il ajoute:
‘ J'avais écrit à tous nos messieurs, sans en excepter aucun, voulant leur donner par là des marques de mon souvenir, et généralement à tous ceux qui m'avait écrit l’an passé. J’envoyais à nos donnés! ce qu’ils m’avaient
1— Il y avait, à cette époque, au séminaire, des Frères qui se donnaient pour la vie, moyennant nourriture et entretien. Ilsavaientun costume particulier.
demandé; aux enfants du petit séminaire, abondance de thèses et images fort belles, qui m’étaient venues de la succession de feu M. l’abbé D’Argenson: et tout cela est devenu le pillage de nos hérétiques, qui profaneront toutes ces choses, aussi bien que tant de beaux ornements, chandeliers, et autres choses pour l’ornement des autels, dont j'espérais que nos messieurs seraient bien satisfaits.
‘ Dieu veuille que je n’aie, dans le soin que j’ai pris de toutes ses choses, recherché que la pure gloire de Dieu, et non pas une secrète estime des créatures! Peut-être est-ce pour m'en purifier, que notre bon Dieu a permis toute cette perte, pour m’apprendre à bien purifier mes intentions, et n'avoir que Dieu seul en vue...”
Une douleur encore plus sensible vient, la même année, affliger son cœur. Il s’agit, cette fois, de la mort de son frère et de celle de sa mère, arrivées pre jue coup sur <oup.
‘“ J'ai eu besoin, cette année, dit-il, de toute la préparation que j'avais apportée pour me soumettre au bon plaisir de Dieu dans tout ce qu’il demanderait de moi, pour porter sans abattement les coups dont sa justice a frappé ma famille. Il y avait longtemps que je pressentais que Dieu me demandait un total abandon à son bon plaisir et une soumission à toutes ses volontés.
‘Je l’avais longtemps prié de me donner cette disposition, qui est un pur effet de sa grâce ; et, par sa misériæorde, il me semblait être en état de dire avec le saint roi
David : ‘ Quid mihi est in cœlo, et a te quid volui super terram ?
Deus cordis mei, et pars mea Deus in æternum 1. ”
‘# Je croyais être prêt à tout, et disposé à tous les accidents qu’il plairait à Dieu m'envoyer. Il m'a bien fait sentir que toute ma force n’est que faiblesse, quand il se retire tant soit peu de nous, dans les épreuves qu’il nous envoie, et que j’eusse été incapable de porter celles par lesquelles il m'a fait passer, sans une grâce bien particulière.….”
Puis il ajoute, en parlant de la mort de sa mère:
‘* Cette seconde mort n’augmenta pas peu ma douleur... ; mais Dieu a depuis changé ma douleur en joie. Il a rompu mes liens, et tout ce qui pouvait, du côté de mes parents, w’attacher, afin d’être en état de lui offrir, le reste de mes jours, un sacrifice de louanges. Il m’a, par sa miséricorde, fait sentir que, si mes parents m’abandonnaient, il me prenait davantage sous sa protection, et qu’il savait bien me tenir lieu de tout ce que j’aurais à espérer des créatures.
‘ J'ai reconnu que c’est un grand bien que Dieu travaille à détruire ce qui tenait quelque place en ‘otre cœur, et l’empêchait d’être totalement à lui. Quoiqu’on n'aime pas les parents d’une manière à vouloir pour eux déplaire à Dieu, on ne laisse pas d’y avoir un certain appui qui s'oppose à celui qu’on doit avoir en Dieu seul...”
Toute cette lettre est remplie des sentiments chrétiens les plus élevés. Mais on peut dire que ce qui en fait le
1 — Ps. LXXII, 26.
fond principal, c’est ce détachement absolu, c’est l'amour : surnaturel de la pauvreté. Après avoir donné au séminaire la petite part qu’il a eue dans l’héritage de ses parents :
‘# Si j'avais beaucoup de bien, dit-il, il y serait de même employé. En donnant mon corps et mon âme aux missions, je n’épargnerais pas mes biens, si j’en avais. Mais Dieu qui a voulu me faire naît: pauvre, veut aussi me tenir pauvre pendant toute ma vie; et bien loin d’en avoir de la peine, c’est par la miséricorde de Dieu. C’est ce qui me donne le plus de satisfaction ; car, quoique je n’aie rien, je ne désire rien, et je trouve mon bonheur dans cette dépendance, dans laquelle Dieu veut que je vive, de son aimable Providence.
‘* T1 veut que je reçoive comme un pauvre ma subsistance des biens de notre séminaire. Cela m’a quelquefois
fait de la peine; parce que je me considère aux charges
d’une communauté, sans lui être presque d’aucune utilité. Mais je n’en sens point présentement ; car je suis convaincu que c’est la voie de grâce par laquelle Dieu veut me conduire, et le ressort dont se sert son aimable Providence pour me faire subsister... ”
Et plus loin, à la vue de cette course désordonnée qu’il y avait, à cette époque, dans l'Eglise, pour les bénéfices ecclésiastiques :
‘ C’est une pitié, dit-il, que de connaître la manière dont on attrape et conserve la plupart des bénéfices. Dieu nous garde du désir d’en posséder pour nous! Il faut tenir tant
l'amour :
u sémide ses
e même 1x mis- 8. Mais 188i me nn avoir é ce qui ie rien, 18 cette de son
subsisquefois
harges
utilité.
vaincu Le conridence
e qu’il néfices
e dont u nous ir tant
de détours, que je ne sais si cela s’accommode assez avec la conscience : Zn circuitu impii ambulant 1...
Le désintéressement de M. Tremblay n'avait d’égal que son humilité :
‘ Quoique j’aie toute la bonne volonté imaginable, dit-il, je ne suis point en état de leur rendre service (au séminaire de Paris). J’ai trop peu d’esprit et de science, et encore moins de vertu.
‘ Je sers néanmoins à ce que je puis, et je soulage nos messieurs en ce que je puis faire. Je confesse dans le séminaire ; j’assiste aux règlements, pour entretenir la régularité, en l’absence de nos messieurs, qui ne peuvent y être toujours. Je ne sais mêmes’ils ne me chargeront pas, dans un mois, des affaires temporelles...
‘ Je vous avoue que je n’y ai guère d'attrait, parce que je crains beaucoup la dissipation qu’elles causent, et j'appréhende de me laisser absorber par elles... J'ai représenté mes répugnances à nos supérieurs, et les ai assurés que, malgré ces répugnances, je m'en chargerais, s'ils me l’ordonnent. Je vis après cela fort en repos.”
Tout son désir, c'était d’aller rejoindre ses confrères de Québec :
‘ Je vous avoue que j'aurais plus d’attrait à retourner en Canada... On respire un air contagieux en France ; on voit si peu de gens désintéressés, et qui cherchent Dieu
1— Ps. XI, 9.
bnséésacaniint sis és momie tnt s
er NT
le
= shape ass items ee ep orme mmea
sans vue d’établissement,équ’il y a toujours à craindre qu’on n’agisse par le même esprit qui anime la plupart des gens...
‘ Accordez-moi, ajoute-t-il, toujours bonne part en vos prières et en votre mémento. Je vous suis autant uni d'esprit et de cœur qu’on le peut être ; je tâche de participer à la ferveur que je sais être parmi vous. Je voudrais m'y réunir, et j'écris là-dessus à Mgr l’ancien... Je n’ai présentement d’attache que pour l’endroit où je pourrai vivre dans un plus grand oubli des créatures et dans une plus grande ferveur d’esprit. Je ne sache pas d’endroit plus propre à cela que le Canada...
‘‘ Notre séminaire de Paris est soutenu par l’exemple de nos deux mese'eurs (Tiberge et de Brisacier), qui sont des personnes d’une vertu consommée. Mais il y a peu de soutien d’ailleurs ; et il faudrait au contraire que moi, qui ne suis qu’un faible roseau, je soutiendrais les autres qui sont avec moi : et j’en suis tout à fait incapable : ‘‘ Quam jucundum et dulce, dit ce petit à Kempis, videre fervidos et devotos fratres 1 ! ”
‘ Je m'occupe dans le séminaire à y confesser les personnes qui se présentent; mais je me trouverais plus content d’être relégué dans un petit coin du Canada, pour y entretenir la piété de quelques pauvres gens. Il vaut mieux cependant, ajoute-t-il, n'avoir aucune volonté, et se laisser conduire.”
1 — ‘ Qu'il est doux et agréable de voir des frères fervents et pieux ! ” (De Imitatione Christi, lib, TJ, cap. XX, », 5.)
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Telle était la vertu de M. Tremblay, tels étaient ses admirables sentiments. (Comme son cœur baitait bien à
l’unisson de celui de ses pieux confrères du séminaire de Québec, les de Bernières, les de Maizerets, les Glandelet! Comme ses sentiments, surtout, devaient trouver de l’écho dans l’âme du grand évêque qui s'était attaché ce saint prêtre, et qui avait su faire de son séminaire une pépinière: de tant de vertus et de mérites !