CHAPITRE DEUXIÈME
Premiers actes d'administration de Mgr do Laval, comme évêque de Québec. — L'union du séminaire de Québec avec le séminaire des Missions étrangères, renouvelée. — Don de M. de Queylus à l’'Hôtel-Dieu de Québec. — Erection de l’offcialité.
Mgr de Laval n'avait pas attendu son retour au Canada pour s'occuper des intérêts de son Eglise. Nous avons vu qu'avant même de recevoir ses bulles, il avait visité avec soin ses abbayes de Maubec et d’Estrées, et mis tout en ordre, de manière à assurer quelque revenu à son évêché, ou plutôt à son séminaire; car, dans sa pensée, l’évêque de Québec faisait cause commune avec le séminaire, où il demeurait : tout devait converger vers cette institution.
C’est dans la même pensée qu’au printemps de 1674 il sollicita et obtint de la compagnie des Indes occidentales, pour en gratifier plus tard son séminaire, la seigneurie de la Petite-Nation, sur la rivière Ottawa. Cette seigneurie avait une grande valeur intrinsèque, mais ne donna jamais que peu de revenu. Elle était couverte de belles forêts, et le gouvernement défendit. d'en concéder les terres, sous prétexte de protéger la chasse et le commerce des fourru-
res. Plus tard, par une singulière inconséquence, ou vou-
lut contester au séminaire la propriété de cette seigneurie, parce qu’elle était restée sans culture. Le séminaire fut bien aise de s’en défaire pour un prix modique vers la fin du siècle dernier 1.
Pour donner une plus grande solidité à ses fondations, et les rendre de plus en plus inattaquables, le prélat se fit concéder de nouveau par la compagnie des Indes occidentales les seigneuries de Beaupré et de l’île d'Orléans, qu’il avait achetées par parties et à diverses reprises de plusieurs particuliers.
Il reçut également une nouvelle concession de l’emplacement de la haute ville, qu’il avait acheté de Mme Couillard, à la condition de faire dire une messe annuellement, à l'intention de la compagnie, le jour de la Saint-Pierre.
Toujours dans l'intérêt de son séminaire, qu’il ne perdait jamais de vue, il fit, au printemps de 1675, avec M. Berthelot, le marché fort avantageux dont nous ayons. déjà parlé, échangeant l’île d'Orléans pour l’île Jésus. Celleci n'avait pas à cette époque, la valeur de l’autre; et M. Berthelot fut obligé de donner 25,000 livres de retour. C’est surtout au moyen de cette somme que l’évêque put jeter les fondations de son petit séminaire, et en conduire les travaux si rapidement, qu'il fit l'inauguration du nouvel édifice deux ans après son retour au Canada (1677).
Il y avait alors sur l’île d'Orléans mille personnes, quatre paroisses, une église de terminée, deux autres de com-