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ficateurs.
En voulons-nous un exemple ? Voici ce qu'écrivait de
Mgr de Laval, deux siècles après Marie de l’Incarnation, notre éminent historien national :
di “ Il avait de grands talents, dit-il, et ne activité infati- | | ,gable ; mais son esprit absolu et dominateur voulait tout
faire plier sous sa volonté: et ce penchant, confirmé chez lui par le zèle religieux, dégénéra, sur le petit théâtre où il était appelé à figurer, en querelles avec les hommes publics,
CHU | ds \* les communautés religieuses, et mème avec les particuliers.
| / ( 4 [| 2" sn a vol LT ., IL s'était persuadé qu’il ne pouvait errer dans ses jugements, ; Ad HFLCAT de ND a ic ; :
Hi ie K\ ‘s’il agissait pour le bien de l'Eglise 1... ”
{s AN 4 . . . \ Ÿ e,° Quelle est l'impression qui reste, après la lecture de ces
\ Ve Sue Je ie a \ she . , à ñ | j. ons At, 7 lignes, si ce n’est que le premier évêque de Québec fut un Î LR di Fr . , * + + nr véritable despote, persuadé de sa propre infaillibilité, sans | 1 — Garneau, Histoire du Canada, Montréal, 1882, t. F, p. 188, à ;
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PRÉFACE XxIX
cesse en guerre avec tout le monde, et ne cherchant qu'à tout faire plier sous le joug de sa volonté ?
Il est facile d’établir le lien de parenté qui existe entre | le jugement porté par M. Garneau sur Mgr de Laval, et les rapports “ calomniateurs et diffamatoires ” de MM. de Mésy, Péronne Dumesnil et autres, rapports qui furent continués dans la suite par MM. Talon et Frontenac.
N'eut-il pas été plus juste d’imiter M. de Tracy, d’aller au fond de l'affaire, et d'examiner avec soin qui avait raison ? N’eut-il pas été plus sage d'adopter le jugement du roi luimême, qui ‘“ découvrit les fourberies des calomniateurs et l'innocence des serviteurs de Dieu”, et qui, nous le verrons an cours de cet ouvrage, conserva toujours la plus grande confiance en Mgr Ge Laval ?
Au fait, de quoi s'agissait-il? Quelle fut l’occasion de toutes les calomnies et de toutes les difficultés? La grande question de la traite de l’eau-de-vie avec les sauvages 1, qui amena incidemment celle des rapports de l'Eglise et de Etat.
Il y avait dans la traite de l’eau-de-vie deux grands intérêts en jeu : l'intérêt spirituel des sauvages, gravement compromis par le commerce des boissons ; l'intérêt matériel des traitants, en général, Lequel des deux devait l'emporter ? Devait-on tout sacrifier à l’rgent et au commerce ? L'Eglise,
2-- Latour, Mémoires sur la vie de M, de Laval, premier evl.ue de Québec, Cologne, 1761, page 82.