‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 11 sur 163 · FEU A AR · texte numérisé non relu

FEU A AR

prélat.

1 chargée du salut des âmes, devait-elle céder devant les pré- | tentions des hommes d'Etat, uniquement préoccupés des trafic. | | intérêts matériels ? Poser ces questions, c’est les résoudre, reste, | | aux yeux de tout chrétien vraiment digne de ce nom. point d | | | Obligé de protéger les sauvages contre l’avarice des trai- “ Le: | nil tants, Mgr de Laval apporta dans sa conduite toutes les Passer « (HA | qualités d’un grand et saint évêque. ces dés | 1 | Ecoutons la vénérable Marie de P Incarnation : après avoir funestes i décrit les désordres effroyables causés par la traite âe l’eau- “Il a NL de-vie : “ Mgr notre prélat, dit-elle, a fait tout ce qui peut * sécher st Lil s'imaginer pour en arrêter le cours, comme une chose qui LR 502 dess il ne tend À’ rien moins qu’à la destruction de la foi et de la irréparab] | | | religion dans ces contrées. Il a employé toute sa douceur a Fran LE ordinaire pour détourner les Français de ce con merce si dire en un | | | contraire à la gloire de Dieu et au salut des sauvages. Ils les marqu 1 | ont méprisé ses remontrances, parce qu’ils sont maintenus Eh bier À par une puissance séculière qui a la main forte. dominaten | | “ Ils lui disent que partout les boissons sont permises, mieux pou ! | On leur répond que dans une nouvelle Eglise, et parmi des “La Iuf 1 peuples non policés, elles ne doivent pas l'être, puisque intrigues e | l'expérience fait voir qu’elles sont contraires à la propagation Merce de ] | de la foi et aux bonnes mœurs que l’on doit attendre des titres à la 14 nouveaux convertis, La raison n’a pas fait plus que la & résister au Ë | douceur, colonie au l “ Il y a eu d’autres contestations très grandes sur ce sujet, Ti | 1— Lettre

| Mais enfin le zèle de la gloire de Dieu a emporté notre

PRÉFACE XxXxi

prélat, et l’a obligé d’excommunier ceux qui exerceraient ce trafic. Ce coup de foudre ne les a pas plus étonnés que le reste, Ils n’en ont pas tenu compte, disant que l'Eglise n’a point de pouvoir sur les affaires de cette nature.

“ Les affaires étant à cette extrémité, il s’embarque pour passer en France, afin de chercher les moyens de remédier à

ces désordr:s, qui entraînent après eux tant d'accidents

; funestes, ; “ Il a pensé mourir de déuleur à ce sujet, et on le voit : sécher sur pied. Je crois que s’il ne peut venir à bout de : ° son dessein, il ne reviendra pas, ce qui serait une perte # irréparable pour cette nouvelle Eglise et pour tous les pau- 1 vres Français. Il se fait pauvre pour les assister; et pour si dire en un mot tout ce que je conçois de son mérite, il porte rs les marques et le caractère d’un saint !, ” . Eh bien, si c’est là faire preuve ‘“ d’un esprit absolu et dominateur, qui veut tout faire plier sous sa volonté,” tant " mieux pour la gloire de Mgr de Laval!

Ù < “La lutte, dit Ferland, qu'il eut à soutenir contre les ; intrigues et les persécutions de ceux qui favorisaient le com- É merce de l’eau-de-vie, forme comme un de ses plus beaux

titres à la reconnaissance des habitants du Canada. Pour résister aux progrès d'un mal qui menaçait de ruiner la colonie au moral et au physique, il opposa une patience, une

1 — Lettre historique 63e..

xxxii PRÉFACE

sagesse et une fermeté qui arrêtèrent les progrès du fléau, et le forcèrent même à rétrograder. Soutenu par son clergé et par un petit nombre de laïques, amis de leur pays, le digne

prélat opposa une digue que rien ne put emporter. Contre

. les vils artifices des marchands, il opposa la sagesse et la

fermeté d’un véritable chrétien 1. ”

On ne peut attendre des protestants, au moins de tous les protestants, une appréciation juste de notre histoire religieuse, et de Mgr de Laval, en particulier, A leur point de vue, l'Eglise n’est qu’une dépendance, une succursale de l'Etat; c'est le pouvoir civil qui doit avoir la haute main partout. Faut-il s'étonner que M. Parkman et autres aient jugé défavorablement Mgr de Laval, n'aient pas compris sa noble et sainte mission au Canada, ni rendu justice à plusieurs de ses actes les plus importants comme évêque de Québec ?

Mais un catholique sait bien que l'Eglise à laquelle il a le bonheur d'appartenir est une société immortelle et infaillible, parfaitement organisée, qui tient sa mission de Jésus-Christ lui-même, qu’elle est aussi supérieure à l'Etat, que l’âme l'est au corps ; que, bien que ces deux sociétés soient indé-

pendantes, chacune dans son domaine respectif, les intérêts | de l’une sont aussi supérieurs aux intérêts de l’autre, que le ! ciel l’est à la terre, et que, par conséquent, chaque fois que

1— Ferland, Cours d'histoire du Canada, Québec, 1882, t. II, p. 108.

Rennes ces intérêt Soumettre reprocher :

Mgr de La:

dans toute temps passe Oui, Mgr l'Eglise du (

Il a eu sou

hommes pub

contre les d

ment des dim diocèse, Tou devoirs dé sa

fallait ici, dit

force 2,”

Mais cette cœur, et guidée Garneau, qu'il ses jugements, tout le contrs homme ne fut

à L'agir qu'ap hommes les pl

np en

l— Histoire à — Lettre At

PRÉFACE xxxiii

ces intérêts peuvent être en conflit, c’est l'Etat qui doit se soumettre à l'Eglise. Conçoit-on que M. Garneau puisse reprocher au clergé du Canada, et par conséquent à son chef, Mgr de Laval, d’avoir voulu “ jouir de la liberté religieuse dans toute sa plénitude, et conserver l'indépendance des temps passés 1, ”

Oui, Mgr de Laval a travaillé toute sa vie pour assurer à l'Eglise du Canada la liberté religieuse, et soutenir ses droits. Il a eu souvent à lutter contre le mauvais vouloir ‘“ des hommes publics,” soit pour protéger ses pauvres sauvages contre les désordres de l’eau-de-vie, soit pour l’établissement des dîmes, soit pour l'administration de son immense diocèse, Toujours il montra dans l'accomplissement des devoirs dé sa charge épiscopale la plus grande fermeté, “ Il fallait ici, dit Marie de l’Incernation, un homme de cette force ?,”

Mais cette force était tempérée par la plus aimable douceur, et guidée par la prudence. Prétendre, comme le fait Garneau, qu’il “s'était persuadé qu’il ne pouvait errer dans ses jugements, s’il agissait pour le bien de l'Eglise,” c’est tout le contraire de la vérité, Nous verrons que jamais homme ne fut plus sage, plus humble et surtout plus porté à n’agir qu'après avoir pris en toutes choses l'avis des hommes les plus éclairés et les plus prudents.

mm

1— Histoire du Canada, t. I, p. 238.

2— Lettre historique 57e, (

ee ee ee marne mn

PRÉFACE

RSS

EEE

Nous avons dans l'appréciation de ce grand évêque par M. Garneau un exemple frappant de la persistance avec laquelle certains préjugés se transmettent à travers les siècles, et s’attachent à l’histoire. Cette appréciation serait de peu de conséquence dans un feuilletoniste de troisième ordre : dans un écrivain de cette valeur, elle est très grave, car elle s'impose à tous ceux qui ne veulent pas se donner la peine d’aller aux véritables sources.

M. Garneau est, en effet, un historien de grand mérite. Quelle belle et agréable manière que la sienne ! elle rappelle celle des bons historiens ‘français. Il a des aperçus larges,

pleins de lumière, toujours ouverts sur de vastes horizons, |

I1 sait grouper les faits, les mettre en relief et en tirer toute la valeur possible, Son style est.soigné, correct, plein de vie

et de mouvement. Il entratie. le lecteur, et ne le laisse )

jamais s’attiédir au récit de notre histoire.

N'’en faut-il pas regretter davantage que ses appréciations des personnages religieux ne soient pas toujours fondées, et que, catholique lui-même, il w’ait pas su juger, à son véritable point de vue, l’action de l'Eglise catholique dans les commencements de notre pays ?

Voulons-nous un autre exemple qui nous démontre que ce grand historien était peu préparé à parler des personnages religieux de notre histoire ? Il s’agit, cette fois, de Marie de l’Incarnation, à

2 l'hérèse de

“les intell davantage p de M. Garr

notre pays ?

nais elle ne fu

“Il} tistes an plus bea vement furent n

se multip Mère Ma tagèrent

donnèrent lité, pieus intelligence

Allons «

vient de p

et à qui el Vénérable,

femme ilu

lettres aceu

libré, rangé

1— T1 veut

2— Histoire

Page 1