‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 101 sur 163 · PR A · texte numérisé non relu

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reçut, du vivant même de l’évêque de Pétrée, une si éclatante approbation du pape Innocent XI? Le souverain pontife ne se contenta pas d’honorer de deux bulles l'institut des clercs séculiers !, mais il adressa un grand nombre de brefs aux princes archevêques et évêques d'Allemagne, pour les exhorter à protéger en toutes manières ce pieux institut, et à favoriser, autant qu'il était en leur pouvoir, sa propags:tion dans ious les lieux de leur ressort.

‘“ L'organisation de cet institut, disait la sacrée congrégation des évêques, est pieuse et sainte, conforme aux anciens canons; elle n’a pas besoin de confirmation, puisqu’elle ne prétend autre chose que ce que faisait le clergé de la primitive Eglise. Que ces prêtres aillent donc en paix, et que leur œuvre soit accompagnée de bénédictions. ”

De nos jours ?, le scuverain pontife Léon XIII, dans un bref adressé à M. Victor le Beurrier, supérieur général de l’Union apostolique, hbénit également et recommande une œuvre absolument identique à celle de Mgr de Laval. Ses paroles ont d’autant plus d'importance qu’elles s'adressent à tous les prêtres séculiers de l'univers: ‘ Quotquot sunt sæculares sacerdotes ”. Citons un extrait de ce bref :

‘T1 convenait, dit-il, de rendre une nouvelle vie à cet ancien institut, soit que l’on considère le peu d’accord qui existait entre ses membres séparés les uns des autres, et la

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1 —7 juin 1680 et 27 août 1684.

2 — Le 31 nai 1880.

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VIE DE MGR DE LAVAL 379 grande diversité dans leur manière de penser, de juger et d'enseigner, qui résultait précisément de cette séparation ; soit que l’on remarque l’habileté avec laquelle les ennemis de l'Eglise, dans leur désir de briser l’unité catholique, travaillent à corrompre le clergé, à le désunir, à le séparer de ses pasteurs et du saint-siège.

‘“ Quoi de plus propre à faire un seul tout des différents membres de cette société, que ce règlement de vie uniforme proposé à tous, ces exercices qui entretiennent la piété et protègent la vertu contre les dangers du siècle, cette pieuse pratique de soumettre sa vie et sa conduite aux remarques de ses supérieurs, ces conférences ecclésiastiques mensuelles, qui ramènent au même sentiment les opinions qui ne sont pas assez d’accord, cette union des forces pour atteindre un but déterminé, et ce zèle à se secourir les uns les autres, soit par amitié, soit par l’entraînement même de la coutume? Les membres de la société, que les devoirs de leurs charges retiendront momentanément éloignés de la maison, y resteront attachés par des liens spirituels si puissants, que personne ne se croira en dehors de la famille, ni privé de la conduite de ses supérieurs, des secours et des conseils de ses frères, ou abandonné à soimême ”.

Ne croirait-on pas, en parcourant ces lignes, que Léon XIII parle ici du séminaire même de Mgr de Laval ? Faisant allusion ensuite à l'approbation donnée par Innocent XI à l’institut des clers séculiers, il ajoute :

‘ Aussi, si nos prédécesseurs ont comblé d’éloges cet

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institut, nous n’hésitons pas à le faire nous-même, surtout dans les temps mauvais que nous traversons, où nous avons un si grand besoin de son secours. Bien plus, nous exhortons tous les prêtres séculiers ! qui veulent efficacement leur salut et le bien de l'Eglise, à s’affilier à cet institut. Qu'ils voient tous une invitation de la divine Providence, dans le fait qu’elle vient de ressusciter cet institut, pour le soutien de l'Eglise, dans ces temps mauvais.

‘{ Tout les engage à entrer dans cette association: les bénédictions célestes déjà répandues sur elle, les approbations qu’elle a reçues de l’épiscopat et du saint-siège, les fruits de salut qu’elle a déjà produits et ceux qu’elle ne peut manquer de produire encore avec plus d’abondance, à mesure qu’elle se propagera dans l'Eglise ”.

Ne craignons pas d'admirer, maintenant, la sagesse de Mgr de Laval, qui, pour le bon gouvernement de son Eglise, avait donné à son clergé une organisation absolument semblable à celle que, quelques années plus tard, le pape Innocent XI approuvait de la manière la plus solennelle, et que le souverain pontife aujourd’hui régnant comble lui-même des plus grands éloges.

. Oui, sans doute, Mgr de Laval, en organisant ainsi. son clergé et son vicariat apostolique, s’éloignait de l'usage

ordinaire et des sentiers battus. Ce fut précisément son

mérite, d’avoir compris que l'Eglise du Canada ne pouvait pas de sitôt être conduite à la manière des diocèses de la

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