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de s’avancer toujours duns la perfection, Son éminente sainteté rayonnait autour de lui, et il avait formé tous ses prêtres à son image. Faut-il s'étonner si cet homme apostolique et ses collaborateurs ont. imprimé à leurs œuvres ce cachet de perfection que l’on y admire encore ?
Pour assurer à son séminaire, à part les dîmes, un revenu suffisant, Mgr de Laval fit, à diverses reprises, l’acquisition de plusieurs biens-fonds. Il acheta ! en avril 1666, un emplacement de seize arpents dans la haute ville, joignant l'église paroissiale, sur la côte de Québec, ‘‘ d’où l’on découvre, dit Latour, toute la rade, l’île d'Orléans, la Pointe- Lévis et la rivière Saint-Charles, autant que la vue peut s'étendre ”.
Il acquit également la seigneurie de Beaupré, depuis la rivière Montmorency jusqu’à celle du Gouffre qui se décharge dans la baie Saint-Paul, l’anse Saint-Michel, la seigneurie de la Petite- Nation, sur l’Ottewa, et l'île d'Orléans. Mais il échangea bientôt cette dernière propriété avec M. Berthelot, pour l’île Jésus, montrant en cela son esprit pratique. Suivant lui, en effet, il était prudent de n'avoir pas tous ses biens dans le même endroit. Quand les années sont mauvaises dans une partie du pays, ælles peuvent être prospères ailleurs ; et en ayant ainsi des sources de revenus en différents endroits, on a plus de chances de n’en jamais manquer tout à fait.
1 — De Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard.
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‘Nous verrons plus tard Mgr de Laval faire l'abandon pur et simple de toutes ces propriétés au séminaire, et lui donner en même temps tous les meubles, livres, ornements, arrérages de rentes qu’il possèderait à sa mort.
Le séminaire de Québec avait donc son existence propre, il formait un corps distinct, avant même qu’il fût question de l’unir au séminaire des Missions étrangères de Paris. Il avait ses administrateurs, ses revenus en dîmes et eu rentes qu'avait commencé à lui donner l’évêque de Pétrée. Il était vraiment séminaire épiscopal etfdiocésain, et comme tel soumis à l’évêque, selon les canons du concile de Trente.
Pour l’asseoir sur des bases durables et solides, le prélat crut devoir l’unir à un corps stable, qui fût comme la source toujours féconde des ouvriers évangéliques. Il avait assisté, au printemps de 1663, à la fondation du séminaire des Missions étrangères de Paris, auquel Mgr de Sainte- Thérèse, évêque de Babylone, venait de donner sa propriété de la rue du Bac, et sa maison d’'Ispahan en Perse. Depuis, en juillet 1663, le roi avait donné des lettres patentes à ce séminaire ; et ces lettres furent enregistrées au parlement de Paris le 7 septembre de la même année 1.
Mgr de Lava: apprit, au printemps de 1664, l’établissement définitif du séminaire de Paris. Il se hâta d'écrire à ses anciens confrères de la Congrégation pour leur expri-
1 — Le séminaire de Québec existait donc avant que celui de Paris et reçu son organisation civile, puisque ses {lettres patentes sont du mois d'avril 1663.
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mer sa joie et les prier d'étendre leur œuvre de zèle jusqu’à la Nouvelle-France:
& J'ai appris avec joie, dit-il, l'établissement de votre séminaire des Missions étrangères, que les bourrasques et tempêtes dont ila été agité dès le commencement n’ont servi qu’à rendre plus ferme et plus inébranlable. Je ne puis assez louer votre zèle, lequel ne se pouvant contenir dans les bornes et limites de la France, cherche à se répandre dans toutes les parties du monde et aller au delà des mers dans les réions les plus éloignées ; ce que considérant, j'ai cru ne pouvoir procurer un plus grand bien à notre nouvelle Eglise, plus à la gloire de Dieu et au salut des peuples que. Dieu a confiés à notre conduite, qu’en contribuant à l'établissement d’une de vos maisons dans Québec, lieu de notre résidence, où vous serez comme la lumière posée sur le chandelier, pour éclairer toutes ces contrées par votre sainte doctrine et l'exemple de vos vertus.
‘ Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable qu'il n’y ait aucune région qui ne ressente votre charité et votre zèle. J'espère que notre Eglise sera l’une des premières qui auront ce bonheur, d'autant plus qu’elle possède déjà une partie de ce que vous avez de plus cher 1.
‘ Venez donc à la bonne heure, nous vous recevrons avec joie, Vous trouverez un logement préparé et un fonds
1 — Les prêtres dué séminaire de Québec et Mgr de Laval lui-même étaient tous d'anciens confrères des MM, du séminaire de Paris.
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suffisant pour commencer un petit établissement qui ira toujours en croissant, je l’espère... 1, ”
Il écrivait presque en même temps à son ami Boudon une lettre affectueuse, qui fait voir la foi et le courage avec lesquels il menait cette affaire de l'établissement de son séminaire, malgré mille obstacles et surtout malgré le mauvais état de sa santé.
‘* J'ai reçu, dit-il, vos chères lettres, qui ne respirent que Dieu seul et l'amour de Jésus et Marie, du glorieux saint Joseph et des saints anges. L’indigposition où je suis m'oblige de me servir d’une autre main que la mienne pour vous écrire. Ma santé n’a pas été beaucoup meilleure pendant la plus grande partie de cette année; et néanmoins nous sommes accablés de beaucoup d’affaires. Dieu soit béni de tout ! Faites en sorte par vos prières et celles des bonnes âmes avec qui vous communiquez, que Jésus- Christ soit connu et aimé dans le Canada, et des Français et des sauvages, et qu’il lui plaise donner bénédiction à l'établissement du séminaire et du clergé où nous travaillons 2, ” 4
Le séminaire des Missions étrangères reçut la srnction
apostolique le 16 août 16643; puis, le 29 janvier 1665, jour
de la Saint-François de Sales, fut signé à Paris l’acte d'union du séminaire de Québec à celui de Paris, par MM.
1 —- Lettre du 20 août 1664.