‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 12 sur 163 · PRÉFACE XXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXV

«“ Il paraît, dit-il, que plusieurs personnes se firent quiétistes au Canada... Le tremblement de terre de 1663 fut le plus beau temps du quiétisme. Ce phénomène mit en mouvement l'imagination ardente de ses adeptes : les apparitions furent nombreuses, singulières, effrayantes ; les prophéties se multiplièrent. La supérieure de l’Hôtel- Dieu ! et la célèbre Mère Marie de l’Incarnation, supérieuie des ursulines, partagèrent ce délire de la dévotion. Ce furent elles qui donnèrent le plus d'éclat, en Canada, au culte de la spiritua. lité, pieuse chimère qui affecta pendant longtemps plusieurs intelligences tendres et romanesques ?

Allons donc! La Mère de l’Incarnation, dont l'Eglise vient de permettre l'introduction de la cause de Béatification, et à qui elle autorise, par conséquent, de donner le titre de Vénérable, attaquée “du délire de la dévotion!” Cette femme illustre, que Bossuet ne craint pas d'appeler “la

Thérèse de la Nouvelle-France, ” cette écrivain, dont les lettres accusent un jugement si droit, si sain, si bien équi-

libré, rangée parmi les esprits chimériques et rêveurs, parmi

“les intelligences tendres et romanesques !” En faut-il

davantage pour nous mettre en garde contre les jugements de M. Garneax, quand il s’agit de l’histoire religieuse de motre pays ?

L— 11 veut parler, sans doute, de Catherine de Saint-Augustin ; mais elle ne fut jamais supérieure de l'Hôtel-Dieu. 2 — Histoire du Canada, t. T, p. 198.

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xXxXXVi PRÉFACE

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Mais revenons à Mgr de Laval. Que faut-il pour rendre justice à cette grande et noble figure de l'Eglise du Canada ? Uniquement la mettre avec respect dans son cadre naturel ; faire revivre Mgr de Laval au milieu de son temps et de son époque, le représenter comme évêque, chargé de fonder une Eglise au milieu d’un pays tout nouveau et d’une colonie essentiellement catholique ; puis raconter sa vie purement et simplement telle qu’elle est, montrant à l’œuvre ce grand serviteur de Dieu, faisant ressortir ses belles qualités naturelles, ses admirables vertus, et la carrière toute de dévouement de ce saint évêque, qui, sorti de la plus haute noblesse de France, vint ici, pénétré de l’idée de sa sublime mission, et consacra au bien de notre pays près de cinquante années d’une existence tout apostolique.

La vérité, rien que la vérité, voilà ce qui suffit pour la

gloire de Mgr de Laval. Dégageons cette sainte mémoire

des nuages de “ la calomnie, ” avec lesquels certains politiques du temps cherchèrent à l’obscurcir. Regardons c’ grand évêque à la lumière de la foi catholique ; et il nous apparaîtra ce qu'il est, une âme dévouée et généreuse, “ un grand citoyen, un évêque tel que le désiraïent les fondateurs de l'Eglise universelle 1,” mais surtout un saint, dans toute

l’acception du imot,

. 1 — Mandement de Mgr Taschereau, 30 avril 1878,

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PRÉFACE xXXvii

Que de fois, en songeant aux pieuses origines'des principales Eglises particulières du monde chrétien, et y voyant toujours quelque saint évêque présider à leur fondation, nous nous sommes dit : Eh quoi ! serait-il possible que l'Eglise du Canada, qui semble appelée à de si glorieuses destinées, fit exception à la règle générale, et que, plantée dans le sang des martyrs !, elle n’ait eu qu’un pontife de vertus ordinaires pour la diriger dans ses commencements ? Non, Mgr de Laval

n'a pu être cet ‘“ esprit absolu et dominateur, ” cet homme violent, ce tyran, qu'on s’est plu à le représenter, Non, il n’a pas été un évêque arbitraire, mesquin et jaloux, qui ne trouve bien que ce qu’il fait lui-même, et qui ne songe qu'à entraver le zèle et le dévouement des autres ?,

Et nous nous sommes mis à étudier, à ses sources, la vie de Mgr de Laval... À mesure que nous avancions dans nos recherches, l’homme, le chrétien, l'évêque nous apparaissait en lui, doué des plus nobles qualités, orné des plus sublimes vertus. Nous étions dans l’admiration en présence de ce saint pontife que la divine Providence avait ménagé pour

les commencements de notre pays. Nous nous attachions

de plus en plus à cet homme si bon, si humble, si rempli de mansuétude, si dévoué à ses fidèles, si aimant et si compatissant pour son clergé, Dans notre cœur, nous félicitions

. 1— Les PP. de Brébœuf, Lalemant, Jogues et tant d'autres. ë 2 — Faillon, Histoire de la colonie fransaise en Canada, Villemarie, 1865, t. IE, ch. XIII et XVII, passim.

xxxviii PRÉFACE

l'Eglise du Canada d’avoir eu pour fondateur un évêque égal en vertus et en mérites aux plus grands saints que l’on honore sur nos autels.

C’est le résultat de notre étude que nous offrous aujourd'hui au publie. Puisse notre humble travail ne pas paraître trop indigne de la noble et sainte mémoire qu’il a pour objet de faire bénir! Puisse-t-il contribuer à faire connaître Mgr de Laval, à augmenter la confiance des fidèles envers ce

grand serviteur de Dieu, et par là même hâter le jour où

notre mère la sainte Eglise, nous en avons la conviction,

nous permettra de l’honorer d’un culte public !

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Cet ouv connaître, deux prem le second :

2 Mgr de 3° Mgr de sa démissic

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