‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 145 sur 163 · TRUE VE MER EE ENRENÉ · texte numérisé non relu

TRUE VE MER EE ENRENÉ

obstacles qui s’opposeront à son dessein, si Dieu lui rend la santé ; et la fièvre disparaît aussitôt. Le médecin vient la voir, et surpris de ne pas la trouver morte : “ Madame, lui dit-il, je crois que votre fièvre est allée en Canada. ” ‘ La malade, qui ne pouvait encore parler, dit la Relation, leva doucement les yeux au ciel, et fit un petit souris. ”

Rendue à la santé, comme par miracle, elle se met en devoir d'exécuter le généreux dessein qu’elle a de partir pour le Canada, lorsqu'elle rencontre une opposition formidable, cette fois de la part de son père, qui met tout en œuvre pour la dissuader de son projet. C’est alors qu’elle fait providentiellement la rencontre de M. de Bernières, celui-là même qui sera bientôt le directeur spirituel de François de Laval, et donnera au Canada son premier évêque. Elle lui communique ses vues et ses desseins : le saint homme l’approuve et l'encourage. 11 est convenn que pour vaincre les résistances peu raisonnables du père, on emploiera une pieuse fiction. M. de Bernières la demandera en mariage, sans toutefois avoir l'intention de l’épouser jamais.

Le projet réussit. Le père de Mme de la Peltrie consent

à donner à M. de Bernières la main de sa fille, et les dc .x prétendus fiancés se concertent ensuite librement pour assurer le succès de la grande affaire du Canada.

Peu après, le père meurt, et Mme de la Peitrie devient plus libre que jamais de partir pour aller fonder au Canada cette communauté qu’elle a résolu d'établir pour l’instruction des enfants sauvages.

Mais elle n’est pas religieuse; toute sa mission est de fournir les fonds nécessaires. Quelle est la religieuse qui consentira à partir avec elle pour aller fonder cet établissement? Dieu y a pourvu; et c’est ici que la main de la Providence se montre de plus en plus.

En même temps que Mme de la Peltrie, à Alençon, concevait son généreux dessein (1633), une religieuse ursuline, dans un couvent de la ville de Tours, avait une vision claire et distincte du Canada. Elle s’y voyait conduite comme par la main par une pieuse dame, et toutes deux y fondaient une communauté pour l'éducation des jeunes filles du pays. ‘C’est là le Canada, lui avait dit la vision: il faut que tu y ailles faire une maison à Jésus et à Marie.”

Six ans se sont écoulés. M. de Bernières et Mme de la Peltrie, cherchant des religieuses pour la mission du Canada, se rendent à Peris, puis à Tours, où la Providence les met en communication avec les ursulines. Mme de la Peltrie et Marie de l’Incarnation se reconnaissert sans s'être jamais vues. ‘‘ Dès que je l’eus envisagée, écrit la sainte religieuse, je me souvins de mu vision, ét reconnus en elle la compagne qui s'était jointe à moi, pour aller à ce grand pays qui m'avait été montré. Sa modestie, sa douceur et son teint m'en renouvelèrent l’idée; tous les traits de son visage me parurent être les mêmes. ”?

Il fut décidé que l’on partirait au plus vite pour le Canada.

Elles s'embarquèrent le 5 mai 1639, avec une autre religieuse. M. de Bernières les condu'sit jusqu’au vaisseau. Elles arrivèrent le 1er août à Québec.

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