VIE
Il n'entre pas dans le cadre de cet ouvrage de raconter leur vie de sacrifices et de dévouement: ce serait faire l’histoire du monastère des ursulines de Québec. La Mère de l’Incarnation s’éleva à un degré sublime de vertu et de sainteté. Mme de la Peltrie fut sa digne émule dans la vie religieuse. 4
: Son zèle généreux et ardent était sans bornes. Non contente d’avoir donné la plus grande partie de sa fortune pour fonder la communauté des ursulines de Québec, elle résolut d'aller elle-même dépenser le reste, à trois cents lieues plus loin, à la mission € 1 pays des Hurons. ‘ Tout était disposé pour ce grand voyage, dit la Relation, sa compagnie, ses canots, ses provisions, ses petits balots, qui contenaient de quoi vivre sur les lieux, et y faire ses libéralités 1.”
I] fallut toutes les représentations les plus sérieuses des Pères de la Compagnie de Jésus pour la dissuader d’entreprendre ce voyage. Elle resta à Québec, et se contenta de fonder la pension et l'entretien d’un missionnaire au pays des Hurons. ‘ Mme de la Peltrie est toujours avec nous, écrit Marie de l’Incarnation; c’est une sainte 2.”
Elle mourut à Québec le 16 novembre 1671, âgée de 68 ans, et Marie de l'Incarnation, le 30 avril de l’année suivante, à l’âge de 72 ans. Elles ne virent donc pas l'érection canonique du siège de Québec, de cette Eglise de la Nouvelle-France, pour laquelle elles avaient dépensé plus