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CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME

Second voyage de Mgr de Laval eu France, — Erection de l'évêché de Québec. — Les abbayes de Maubec et d'Estrées, — Visites à Montigny-sur-Avro. — Retour de l'évêque au Canada, 1671-1675.

Dès son premier voyage en France, en 1662, l’évêque de Pétrée s'était occupé de faire ériger un siège oise en Canada. Le roi était entré tout à fait dans ses vues, lui avait promis de solliciter du souverain pontife l'érection de ce siège, et l'en avait nommé le premier évêque!. Il assignait au futur évêché les revenus de l’abbaye de Maubec. ‘ Je serai bien aise, écrivait-il à Mgr de Laval, de vous donner, dans toutes les occasions qui s’en pourront offrir, des témoignages de l’estime que je fais de votre personne À.”

Louis XIV adressa le 28 juin 1664au pape Alexandre VIL la lettre suivante:

“ Le choix que Votre Sainteté a fait de la personne du sieur de Laval, évêque de Pétrée, pour aller en qualité de vicaire apostolique faire les fonctions épiscopales en Canada, a été suivi de beaucoup d'avantages pour cette

1— Voir plus haut, p. 344, 2 — Archives de l'archevêché de Québer,

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Eglise naissante. Nous avons lieu de nous en promettre encore de plus. grands succès, s'il plaît à Votre Sainteté de lui permettre d’y continuer les mêmes fonctions en qualité d’évêque du lieu, en établissant pour cette fin un siège épiscopal dans Québec : et nous espérons que Votre Sainteté y sera d'autant mieux disposée, que nous avons déjà pourvu à l'entretien de l’évêque et de ses chanoïnes, en consentant à l’union perpétuelle de l’abbaye de Maubec au futur évêché.

‘# C’est pourquoi nous La supplions d'accorder à l’évêque de Pétrée le titre d’évêque de Québec, à notre nomination et prière, avec pouvoir de faire en cette qualité les fonctions épiscopales en tout le Canada, ”

Cette lettre, conçue en des termes si engageants, fut confiée à l'ambassadeur de France à Rome, avec prière de la remettre à Sa Sainteté.

De son côté, Mgr de Laval écrivait, la même année, au souverain pontife, pour lui rendre compte des affaires du Canada, et lui apprendre que le ro: venait d’affecter l’abbaye de Maubec au soutien du futur évêché, et qu'il avait bien voulu le désigner pour en être le premier évêque. Il ne demandait pas, sans doute, la ratification de cette nomination; mais ce qu’il disait de l’état avancé de son vicariat apostolique, et surtout des dépenses généreuses que la Cour avait déjà faites et promettait d'y faire encore tous les ans, montrait bien le désir qu’il avait de voir ériger au plus tôt l'évêché de Québec 1.

1— Informatio de statu Ecclesiæ, 21 vct, 1664,

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La Propagande donna un rescrit, en date du 15 décembre 1666, par lequel elle décidait qu'il fallait ériger en évêché le vicariat apostolique du Canada, et accorder au roi de France le droit de nommer à cet évêché, qu’il avait fondé en lui donnant l’abbaye de Maubec. Mais elle ordonnait en même temps d'écrire au nonce de Paris, pour le prier de s’informer quels étaient ces privilèges et ces droits de juridiction mentionnés dans l’acte de donation de l’abbaye de Maubec à l'Eglise du Canada. ‘‘ Si, en effet, ajoutait la Propagande, il s’agit ici des privilèges de l'Eglise gallicane, il n’est guère à propos de ler étendre à l'Amérique.”

La Congrégation exprimait ensuite l'espoir que le roi Très Chrétien ferait une fondation au chapitre de Québec, et s’assurerait ainsi la nomination des chanoines.

Puis elle approuvait le système de cures établi au Canada par le vicaire apostolique, au moins d’une manière provisoire et jusqu’à nouvel ordre 1.

Malheureusement, des difficultés sérieuses existaient, à cette époque, entre la Cour de Francé et celle d: Rome. Les négociations entamées au sujet de l'érection de l’évéchédu Canada traînèrent en longueur.

Ce qui compliquait les difficultés, c'est que l’on voulait, en France, que l’évêque de Québec relevât de l’archevêché de Rouen, jusqu’à ce que le saint-siège y pût établir une métropole et plusieurs diocèses ; tandis qu’à Rome on désirait qu’il dépendît immédiatement du saint-siège ?.

1 — Archives de la Propagande.

2 — Ferland, t. IT, p. 86.

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I1 n’y avait encore rien de fait en 1669 ; et le roi, comme pour se laver les mains de ces lenteurs, et rappeler à l’évêque de Pétrée ses bonnes dispositions à son égard, lui: écrivait le 17 mai : ‘‘ Vous devez être assuré que je ferai toujours toutes les diligences nécessaires à Rome pour l'érection de l’évêché de la Nouvelle-France.”

Mgr de Laval savait bien, d’ailleurs, que c'était sur le roi qu’il devait compter pour la réussite de cette affaire. M, Talon écrivait à Colbert le 10 novembre 1670: ‘* Sachant: que les PP. jésuites faisaient entendre à l’évêque de Pétrée que leur Compagnie agissait à Rome pour lui faire accorder son titre, je lui ai fait connaître qu’il le devait attendre de Sa Majesté, qui seule aussi le lui pouvait faire accorder... 11 m'a sur cela témoigner bien recevoir mes avis, et ensuite beaucoup de reconnaissance. ”

La Cour de Rome voulut témoigner, une seconde fois, de sa bonne volonté pour le Canada. La congrégation consistoriale rendit, le 9 octobre 1670, un décret qui approuvait l'érection de Québec en ville, et de l’église de Québec en ca‘hédrale !, mais à condition que le nouveau diocèse dépendrait immédiatement du saint-siège.

Comme on ne voulait probablement pas se soumettre en France à cette condition, le nouveau décret, comme le précédent, restait sans exécution, et les bulles n'étaient pas expédiées. Si l’on en croit M. Talon, Mgr de Laval reçut de

1— C’est peut-être en prévision de ce décret, que vs de Laval

érigea la cure de Québec, en 1670, à l'autel de la. Sainte-Famille, et l’unit spécialement au séminaire. Le fait est mentionné dans l'acte du 14 nov. 1684, (Archives de l'archevéché de Québec, reg. AÀ., p. 220.)

> roi, comme Rome, en 1671, de mauvaises nouvelles sur ce sujet 1, Il rappeler à résolut donc de passer en France, pour presser lui-même nn égard, lui: cette grande affaire de l'érection de l'évêché de Québec. * que je ferai Autant, en effet, le pieux prélat avait montré de sainte À Rome pour ind'*’érence quand il s'était agi de sa nomination à l’épis- : copat, autant il apportait d’ardeur au sujet de sa nominaait sur le roi tion comme évêque en titre de Québec. Quelle était la

e affaire. M.

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