Sachant
que de Pétrée i faire accorvait attendre e accorder...
ris, et ensuite
raison de cette conduite, dont l’inconséquence, d’ailleurs, n'était qu'apparente ? Il s'en explique lui-même, avec beaucoup de fermeté, dans la lettre qu’il écrivit à la Propagande peu de temps avant son départ pour la France :
‘* Je n'ai jamais, dit-il, recherché jusqu'ici l’épiscopat ; et je l’ai accepté malgré moi, convaincu de ma faiblesse. Mais en ayant porté le fardeau, je regarderai comme un bienfait d’en être délivré, quoique je ne refuse pas de me
seconde fois, sacrifier pour l'Eglise de Jésus-Christ et pour le salut des
régation con- âmes. J’ai appris toutefois par une longue expérience com-
qui approu- bien la condition de vicaire apostolique est peu assurée ï
se de Québec contre ceux qui sont chargés des affaires politiques, je
veau diocèse veux dire les officiers de la Cour, émules perpétuels et contempteurs de la puissance ecclésiastique, qui n’ont rien
soumettre en de plus ordinaire à objecter, que l'autorité du vicaire
omme le pré- | apostolique est douteuse, et doit être restreinte dans de
n'étaient pas certaines limites.
Laval reçut de
‘ C’est pourquoi, après avoir tout considéré mûrement, a QU j'ai pris la résolution de me démettre de cette charge, et
1e Mgr de Laval a inte-Famille, et
‘ 1—‘ L'évêque de Pétrée, ayant reçu des lettres de Rome qui Pate l’alarment un sh sur son titre, passe en France...” (Lettre de Talon à Colbert, 2 nov. 1671.)
de ne plus retourner dans la Nouvelle-France, si l’on n’y .xige l'évêché, et si je ne suis pourvu et muni de bulles qui m'en constituent l’Ordinaire. Telle est la fin de mon
voyage en France, et l’objet de mes vœux. ”
Ainsi, ce n’est pas dans un but personnel qu'il désire être nommé évêque en titre de Québec; c’est pour affer- . mir l'autorité de l'Eglise vis-à-vis les officiers de l'Etat,
‘émules perpétuels et contempteurs de la puissance æcclésiastique.” Qui ne se rappelle les prétentions de . MM. de Mésy, Talon et de Courcelle? Les expressions . dont se sert l’évêque de Pétrée à leur égard ne sont-elles
pas justifiées ?
Alors comme aujourd’hui, il y avait des politiques jaloux -de l'influence de l’Eglise, et toujours prêts à lui disputer -8e8 drons. Le titra de vicaire apostolique ne leur en impose spas assez. Depuis plusieurs années, Mgr de Laval y ajoute .æelui de ‘‘ nommé par le roi premier évêque de la Nouvelle-
France, lorsqu'il aura plu à N.S$. P. le Pape y ériger un -éyêché 1.” Il souhaite maintenant d’être nommé par le saint-siège évêque en titre de Québec, afin de rendre plus
Ancontestables ses droits comme chef spirituel de l'Eglise -u Canada, et de donner plus de stabilité à ses œuvres.
ILest probable qu'outre la raison de presser l'érection de son évêché, Mgr de Laval en avait beaucoup d'autres «qui l’engageaient À passer en France. Il lui fallait des
À — Ce fut dans son mandement pour l'établissement du séminaire “de Québec (26 mars 1663), que Mgr de Laval prit pour la première Mois ce titre. |
si l’on n’y i de bulles fin de mon
qu'il désire pour affer- ; de l'Etat,
puissance tentions de expressions e sont-elles
iques jaloux lui disputer 1r en impose val y ajoute la Nouvelley ériger un mmé par le rendre plus de l'Eglise œuvres.
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it du séminaire ar ln première
secours pour bâtir son grand et son petit séminaire ; lui en fallait pour payer l’annate, c’est-à-dire, le droit dusaint-siège sur le bénéfice consistorial qui lui avait 6té--
accordé. ‘“ L’évéque de Pétrée passe en France, écrit. .
M. Talon à Colbert, pour ÿ ménager quelques secours defamille ou d’ailleurs, qui le mettent en état de payerl’annate qu’on lui demande 1...”
Il s’embarqua pour la France au commencement denovembre 1671°, emmenant avec iui son grand vicaire- M. de Lauson-Charny 3, et laissant l'administration de son vicariat apostolique à MM. Dudouyt et de Bernières 4.
1 — Faillon, t. III, p. 432.
2 — Quelques-uns ont pensé (Faillon, t. IIL, p. 432) qu'il n'était parti qu’au printemps de 1672, après la pose de la première pierre des. nouveaux bâtiments de l'Hôtel-Dieu de Québec, le 5 mai, par l'inten dant Talon, se fondant sans doute sur co que, dans l'inscription latine-posée à l’occasion c'e rette cérémonie, se trouvent ces mots: Benedicente Rmo Patre Sravcïsco de Laval, Episcopo Petrensi.
Mais d’abord, il était bien rare qu’il partit des vaisseaux au printemps ; il n'y avait que ceux qui, par exception, avaient été forcés: d’hiverner au Canada.
Puis il est certain qu’il n'assista aux funérailles ni dé Mme de J# Peltrie, en novembre 1671, ni de Marie de l’Incarnation, at commencement de mai 1672 ; et le P. Lalemant, dans une lettre, 4n dunne ln raison, du moins pour cette dernière, c’est qu'il était alors absent du. pays. (Les Ursulines de Quebec, t. I, p. 392. )
afin, on ne trouve aucun acte signé par Mgr de Laval à partir du 2 novembre 1671,
Mgr Henri Têtu, daus son très estimable livre Les Evéques de Queber,. supposo admis, lui aussi, que Mgr de Laval entreprit son secon" voyage en Europe dans l’automne de 1671. : :
3 — M. de Lauson-Charny, qui était grand vicaire depuis le 4 août 1662, ne revint pas au Canada,
4 — Les lettres de grand vicaire de M. de Bernières sont du 20 octe— bre 1671. M. Ango (de Maizvorets) et M. Hugues Pommier signèrent: comme témoins.
fncidemment, dans ces mêmes lettres, vers la fin, Mgr de Laval
pd VIE DE MGR DE LAVAL
Le ie avait obtenu de la Pat ae: la faculté de choisir parmi ses prêtres quelqu'un pour gouverner son Eglise, en cas de mort, et cela, disait la Congrégation, ‘ afin de couper court aux prétentions de l'archevêque de Rouen, ou autres, à ce sujet 1. ”
M. de Queylus passa en France en même temps que Mgr de Laval. Il avait, dit M. Faillon, l'intention de revenir au Canada ; mais il tomba malade à Paris, et mourut au “séminaire de Saint-Sulpice le 20 mars 1677.
Il avait fait Leaucoup pour la ville de Montréal, pendant
les trois années qu’il venait d’y passer comme supérieur du séminaire; c’est le témoignage que lui rendait M. Talon:
‘ M. l'abbé de Queylus, écrit-il à Colbert, donne une forte application à former et augmenter la colonie de Montréal. I1 pousse son zèle plus avart: il +a retirer les enfants sauvages qui tombent en captivité dans la main des Iroquois, pour les faire élever, les garçons dans son séminaire 2, et les filles chez des personnes du même sexe 5%, qui forment à Montréal une espèce de congrégation pour enseigner à la jeunesse, avec les lettres et l'écriture, les petits ouvrages de main t{. ”
nomme aussi M. Dudouyt son grand vicaire, mais seulement dans le cas où M. de Bernières viendrait # mourir. (Archives de l’archevêché de Quebec.) M. de Bernières passa lui- même € en Europe dans l’autumne de 1672, et revint au Canada en 1673. Pendant son absence, 1l fut remplacé comme supérieur du séminaire et curé de Québec par M. de Maizerets. 1 —: Archives de la Propagande, Rescrit du 15 décembre 1666. 2 — Il s’agit, sans doute, de l’école de M. Soñart. 5 — Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. 4 -- Fer'and, t. I, p. 87.
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enfants saues Iroquois, ninaire ?, et jui forment seigner à la its ouvrages
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umne de 1672, 1] fut remplacé , de Maïzerets, re 1666.
A peine l’évéque de Pétrée fut-il arrivé en France, qu'il engagea le roi à poursuivre vigoureusement auprès du saint-siège les négociations entamées depuis si longtemps pour l’érection de l'évêché de Québec. Une seule chose pouvait désormer empêcher l’heureuse issue de l'affaire, la prétention de la Cour de France que le Canada dépendit ‘de l’archevêché de Rouen ou de quelque autre évêché du royaume. Cette prétention s’évanouit peu à peu, et l’on finit par y renoncer.
: Mgr de Laval fut-il pour quelque chose dans ce changement inespéré? Tout nous porte à le croire: son attachement inviolable au saint-siège, le peu de sympathie qu’il ‘devait avoir pour l’archevêché de Rouen, d’où lui étaient ‘venues tant de misères, mais surtout la confiance dont il jouissait à la Cour. IL dut se prononcer franchement en faveur d’un évêché de Québec dépendant immédiatement du saint-siège, puisque le saint-siège le désirait.
Ce qui est certain, c'est que l’année suivante le roi écrivait
au duc d’Estrées, son ambassadeur à Rome:
+ Mon cousin, après avoir examiné le mémoire que vous m'avez envoyé sur les difficultés qui se sont trouvées dans l'expédition des bulles d’érection de l'évêché de Québec, j'ai jugé à propos de vous ordonner de ne plus insister sur la demande que vous aviez faite que cet évêché dépendiît
de l’archevêché de Rouen, ou de quelque autre de mon
royaume. Ainsi, mon dessein est que vous renouveliez auprès de Sa Sainteté les prières que vous lui aviez déjà
faites sur ce sujet, sans vous attacher à cette condition, si Sa Sainteté continue à s’y arrêter 1.”
Le roi écrivit en même temps au saint-père, pour le supplier de vouloir bien faire expédier au plus tôt les bulles de l'évêché de Québec. ;
Il y eut encore qnelques délais; mais enfin l'affaire fut conclue favorablement. La bulle d’érection de l'évêché de Québec fut signée à Rome le premier octobre 1674.
Clément X, qui était alors souverain pontife ?, élevait au rang de cité la petite ville de Québec, dont il faisait la description et vantait labeauté du ciimat.
Il élevait, de même, au rang de cathédrale l’église paroissiale du lieu, après avoir constaté que tout, rites et
cérémonies, s’y faisait suivant les prescriptions de la sainte
Eglise romaine.
La paroisse de Québec était supprimée, et le soin des âmes confié à l’évêque, lequel devait y pourvoir 5, soit en continuant dans ses fonctions le curé d’alors, soit par le chapitre qu’il était obligé d’instituer le plus tôt possible #, soit de toute autre manière qui lui paraîtrait la plus convenable 5.
1— Langevin, Notice sur Mgr de Laval, p. 68.
2 — C'était un Romain, de la famiile Altieri.
3—‘+,,.Pro futuro ejusdem Ecclesiæ Quebecensis Episcopo, qui... curam animarum suppressæ parochialis Ecclesiæ, per modernum et dem Ecclesiæ rectorem..., sive... per canonicatum et præbendam obtinentem aut ejusdem Ecclesiæ alium presbyterum..., sive prout illi meliès videbitur, exerceri faciat. ”
4 — ‘ Quamprimüm erigat et instituat,. ”
5 —** Sive prout illi melits videbitur, ” — Nous ne pouvons comprendre comment on a pu interpréter la bulle de manière à lui fai dire qu’elle donnait le soin des âmes au chapitre lui-même, à l’exclusion de tout autre mode de desservir la paroisse.
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Le nouveau diocèse s’étendait snr toutes les possessions de la couronne de France dans l'Amérique du Nord, présentes et futures. C'était, par conséquent, toute l'Amérique septentrionale, moins la colonie de la Nouvelle-Angleterre. On voulut entamer plus tard la juridiction de l’évêque de Québec, et faire placer des vicaires apo“toliques dans les missions de la Louisiane et du Mississipi ; il fut facile à Mgr de Saint-Valier, d’après les termes de la bulle, de son tenir ses droits avec fermeté et avec succès.
Le souverain pontife incorporait à l'évêché de Québec, pour sa subsistance, l’abbaye de Maubec, que le roi avait donnée, dès 1662, à Mgr de Laval personnellement, saufs toutefois la mense conventuelle et les droits de juridiction spirituelle du prieur et âes moines bénédictins de cette abbaye. L’évéque de Québec n'avait donc à sa disposition que la mense abbatiale. Nous verrons qu’il sollicita plus tard du saint-siège la mense monacale, afin de pouvoir ériger plus tôt son chapitre.
Le roi de France avait renoncé pour toujours au droit,
qu’il avait par les concordats, de nommer à l’abbaye de
Maubec. En considération de cet abandon, le pape lui accordait le droit de nomination à l'évêché de Québec. II y avait aussi un droit de patronage pour ceux.qui feraient quelques fondations en faveur du chapitre.
Par une clause spéciale de la bulle, le diocèse de Québec dépendait immédiatement du saint-siège !. Ja Cour de
ins php émntéhtentar triste fe sons
1—" Cathedralem Ecclesiam Sedi apostolicæ immediatè subjectam.”
. France avait insisté longtemps pour qu'il relevât de la
province ecclésiastique de Rouen: le saint-siège s’y était |
opposé, et avait fini par l'emporter. | ‘ L'on doit avouer, dit Ferland, que les regards du sou- |
.verain pontife pénétraient bien plus avant dans l'avenir ,
que ceux du grand Roi. Louis XIV s’occupait du royaume
. de France; Clément X songeait aux intérêts du monde | ] catholique. La petite colonie française grandirait avec le ( temps ; séparée de la mère patrie par l’Océan, elle pouvait | être arrachée à la France par l'Angleterre, si puissante | déjà en Amérique: que serait alors devenue l'Eglise de Québec, si elle avait été accoutumée à s'appuyer sur celle |
de Rouen et à en dépendre? Mieux valait établir de suite des rapports immédiats entre l’évêque de Québec et le. chef suprême de l'Eglise catholique ; mieux valait établir des liens qui ne pourraient être brisés ni par le temps, ni par la force; et Québec pouvait ainsi devenir un jour la métropole des diocèses qui seraient tirés de son sein 1,” Par une autre bulle, le pape Clément X transfère Mgr de Laval du siège de Pétrée au nouvel évêché de Québec dans la Nouvelle-France. Il loue ses grandes vertus ?, et attend beaucoup de sa sagesse, de ses lumières et de son zèle pour Je bon gouvernement la nouvelle Eglise 3.
1 — Ferland, t. II, p. 102. j . 2— ‘ Grandium virtutum meritis consideratis. . ..” 3:— Ce n'était pas là une louange banale, parce que la bulle avait été rédigée à la Propagande, où l’on avait pu apprécier le mérite de + Mgr de Laval depuis le commencement de son épiscopat. *
relevât. de la siège s’y était
gards du soudans l'avenir it du royaume ts du monde dirait avec le 1, elle pouvait si puissante e l'Eglise de yer sur celle tablir de suite ébec et le.chef it établir des temps, ni par r un jour la son sein 1.” insfère Mgr de e Québec dans Lus 2, et attend 2 son zèle pour
1e la bulle avait er le mérite de pat.
L'abbaye de Maubec, dont nous venons de parler, était située dans l’archidiocèse de Bourges, en Berry. Elle occupait un endroit riche et délicieux 1, qui avait attiré autrefois l’aîtention du roi Dagobert. Il avait songé à y fixer son séjour.
Bientôt, cependant, entraîné par un de ces mouvements
religieux si fréquents dans ces âges de foi, il avait acheté
ce terrain et l’avait donné au moine bénédictin Sigirran, pour y fonder, aux frais du trésor royal, une maison de prière, une grande abbaye.
Il y avait 1à des fermes magnifiques et nombreuses, des vignobles, des prés verdoyants, des étangs remplis de poissons, des forêts où abondait le gibier. Mais il y avait aussi des charges considérables, soit pour l’entretienor reconstruction des édifices, soit pour les redevances de toutes sortes qu’il fallait payer, soit pour les pensions des moines qui restaient.
: Au moment où Mgr de Laval en devint abbé, le monastère était encore occupé par des religieux de l'ordre de saint Benoît, et l’évêque de Québec devait pourvoir à leur subsistance. Il se rendit donc à Maubec au commencement de janvier 1673, fit un concordat avec eux, et convint de la pension viagère qu’il devait leur payer.
1— ‘Est etenim locus, non longè à confinibus Pictaviensis seu Turonensis pagi, uberrimus pascuis pecorum et jumentorum, irriguus de cursibus aquarum, atque amæuus venatione ferarum, quô fuit mihi änimus sæpis commoreri, qui etiam of frequentiam Regum delectandi
gratia longoretus a cominanentibus vocatur. ”. (Charte de fondation
du roi Dagobert, A. D. 532.)
La n
Dans cette convention notariée faite ‘‘ au logis abbatial,” Mgr de Laval est appelé ‘abbé commendataire de l’abbaye royale de Maubec.” Il y est dit que le roi lui a donné Maubec ‘‘ pour servir à perpétuité de fondation et revenu tant à l’évêque de Québec que pour l'établissement des chanoines qui doivent célébrer à perpétuité le service divin dans la cathédrale de Québec.”
Il parcourut ensuite avec beaucoup d'intérêt toutes les fermes de l’abbaye, mais fut péniblement affecté à la vue des édifices. L'abbaye avait été laissée dans un état affreux, par suite des guerres de religion. Tout avait été brûlé, excepté une partie de l’église paroissiale.
Mgr de Laval visita aussi le sieur Matheron, qui était l’administrateur de l’abbaye, ainsi que les différents fermiers 1.
Le 9 septembre suivant, le patriarche archevêque de Bourges, primat des Aquitaines, confirma l’union de l’abbaye de Maubec à l'évêché de Québec, à condition que Mgr de Laval et ses successeurs feraient acquitter dans leur cathédrale les charges attachées aux fonctions et aux titres supprimés à Maubec.
Il ne restait plus à avoir que la sanction du saint-siège.
Elle fut donnée, comme nous l'avons vu, par la bulle du premier octobre 1674, qui unissait et incorporait l’abbaye de Maubec, avec ses dépendances et revenus, à l'Eglise de Québec et à sa mense épiscopale.
1 — Archives du séminaire et de l’archevêché de Québec.
logis abbatial ,” ire de l’abbaye roi lui a donné ition et revenu blissement des uité le service
atérêt toutes les
ffecté à la vue dans un état Tout avait été
siale.
neron, qui ébait
les différents
archevêque de l'union de l’ab- À condition que acquitter dans onctions et aux
\ du saint-siège.
par la bulle du rporait l’abbaye us, à l'Eglise de
Québec.
l'Eglise de Québec pendant plus d’un siècle, mais ne donna jamais que peu de revenus. S’imagine-t-on, en effet, les dépenses que devait entraîner l’administration de fermes, possédées en France par des propriétaires résidant en Amérique ? Se figure-t-on le gaspillage, les vols de toutes sortes qui devaient s'y commettre? Souvent les fermiers étaient malhonnôtes, d’autres aimaient la chicane et les procès, d’autres, venant à mourir, laissaient des successions très embrouillées.
Les lettres de Matheron à Mgr de Laval sont remplies de jérémiades sur des sujets de ce genre.
Il lui écrit un jour: “Depuis votre départ, Maubec est bien diminué, et diminue journellement.... M, Roiffec est mort votre redevable, et j'aurai bien de la peine à faire payer sa veuve. J'ai été contraint de lui ôter la ferme que son mari avait, et de la faire valoir moi-même. ”
I] lui parle ensuite d’un autre fermier, chicanier et grand seigneur: ‘‘ M. Porcheron est toujours lui-même, et me veut du mal à cause que je veux conserver vos intérêts... Je fais travailler incessamment aux réparations nécessaires dans tous les lieux dépendants de Maubec, principalement aux étangs, afin que le sieur Porcheron n'ait point <e dommages et intérêts contre vous, contre sa volonté, car il ne cherche qu’à plaider, et à vous payer en dommages et intérèts. Il jure qu’il ne veut plus de votre ferme..., mais pour moi, je crois que c’est contre son sentiment, et qu’il
Cette abbaye demeura attachée à
voudrait que la ferme en fût passée, car il aime trop la chasse et son plaisir, pour la quitter. Il fait tout son pos-
: à nn more rue mg pe sh à = <
sible pour m'ôter de votre service, supposant beaucoup de choses contre moi, contre toute vérité; mais cela ne diminue point le zèle que j'ai de vous servir. ”
D'autres fermiers étaient toujours à se plaindre: ‘* M. de Chamboïis est toujours lui-même, et se plaint, disant qu'il perd sur sa ferme... ”
Quelquefois, les paroisses qui se trouvaient sur le territoire de l’abbaye étaient mal desservies sous le rapport religieux : ‘Il n’y a point encore de curé à Mérillé, continue Porcheron, ne s’en trouvant point dans le diocèse de Bourges, Mgr l'archevêque n’en faisant point, Il y a plus de soixante cures de vacantes. M. Papineau n’est plus curé de Vandœuvre, et Mgr l'archevêque y en a mis un jeune, fait prêtre de Noël, qui a la tête à la girouette, qui vous fait, dès son entrée, des prônes, et vous poursuit pour avoir sa portion congrue.... ”
Les taxes dont étaient grevées les fermes étaient souvent exhorbitantes : ‘* La mense abbatiale de Maubec a été taxée pour les décimes extraordinaires à 750 livres, la pitancerie, à 150 livres, et les autres offices sn le prieuré de Vandœuvre, à 100 livres tant d’extraordinaire que d'ordinaire, de sorte qu’il y va en tout à mille livres d’exiraordinaire 1,” |
Bref, Mgr de Laval était exposé, dans son abbaye de. Maubec, à tous les inconvénients attachés à la possession . de grandes propriétés, surtout lorsque ces propriétés sont
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1— Archives de l’archevêché de Québec,
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it sur le terrius le rapport , Mérillé, con- ; le diocèse de Il y a plus de ’est plus curé mis un jeune, ette, qui vous Doursuit pour
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livres d’exira-
on abbaye de.
\ la possession .
ropriétés sont
à une trop grande distance pour que l'œil du maître puisse s'y promener à loisir.
Aussi, son frère, Henri de Laval, bénédictin, qui s’oceu-' pait un peu de ses affaires, en France, cherchait-il à louer : à M. Berthelot, pour une somme fixe, toutes les fermes de cette abbaye. ‘‘ Sans cela, lui écrivait-il en 1676, je ne crois : pas que vous puissiez toucher aucuns deniers de Maubec, : tout se consommant en frais et procès sur les lieux. Nous avons expressément écrit et chargé Bennassis Ge vous faire un état, et vous donner une connaissance entière de tout ce qui s’est fait et passé à Maubec depuis votre départ. Vous y reconnaîtrez bien du désordre et des brouilleries en procédures et chicanes faites mal à propos. C’est un malheur que cette abbaye soit dans une si grande distance et éloignement des personnes qui prennent soin de vos affaires. ”
Puis il ajontait : ‘‘ Je suis persuadé du grand besoin de votre Eglise, et suis bien touché du peu de revenus que vous produisent vos abbayes 1.”
À part l’abbaye de Maubec, Mgr de Laval en possédait une autre, l’abbaye d’Estrées, en Normandie, qui lui avait été-assignée par le roi le 26 avril 1672 ?.
1 — Dans son Informatio de statu Ecclesiw, Mgr de Laval disait au: souverain pontife que l'abbaye de Maubec ne donnait pas moins de 6,000 francs de revenu par année. Mais à cotte époque, il ne pouvait guère affirmer cela que par oui-dire. ;
2 — L'abbaye d'Estrées était une des plus anciennes de l'Ordre de Citeaux, ayant été fondée en 1144. Elle avait été fréquemment visitée ,
r saint Bernard, et l’on J consérvait l'autel où il avait coutume de u
célébrer, (Hist, manusc. du sémin. de Québec.)
‘ Bien informé, disait le roi, des bonnes vie et mœurs, suffisance, capacité, piété et doctrine de Messire François de Laval, évêque de Pétrée, vicaire apostolique de Sa Sainteté au pays du Canada, du grand fruit qu'il a fait par ses bonnes instructions et des exemples de vertus qu’il a donnés aux peuples et habitants du dit pays, en considération de quoi désirant le traiter favorablement et lui donner les moyens de soutenir la dignité épiscopale, Sa Majesté lui a accordé et fait don de l’abbaye d’Estrées, ordre de Cîteaux, au diocèse d’Evreux, vacante par le décès du dernier titulaire, pour être unie et servir de revenu au dit évêché du Canada. ”
Cette abbaye d’Estrées ne devait pas être inconnue de l’ancien archidiacre d'Evreux. Il profita de son séjour en France pour aller la visiter en même temps que Maubec.
-Y trouva-t-il les choses dans un état de délabrement considérable 1, et se crut-il autorisé, dans l'intérêt même de cette abbaye dont il venait d’être pourvu, à y faire faire quelques réparations urgentes? Ce qui est certain, c’est que le procureur général de l'Ordre de Cîteaux, à Rome, opposé d’avance à l’union de l’abbaye à l’évèché de Québec, présenta contre lui un mémoire au saint-siège. ‘‘ Il se plaignit de ce que le prélat, sans avoir de bulles pour cette abbaye..., y eût fait abattre des bâtiments, et se fût porté à beaucoup d’autres actes semblables 2.”
1 — L'année pedodiautà (1672), Julien Bellenger, l'économe d'Estrées, avait fait dresser un procès-verbal de l'état des lieux qui avaient été démolis, et dont les ruines paient encore, (Archives de l’archevêché de Québec.
2 — Faillon, t. LIT, p. 485.
ie et mœurs, ssire François olique de Sa it qu'il a fait e vertus qu'il YS, en consilement et lui ‘piscopale, Sa ye d’Estrées, çcante par le et servir de
inconnue de son séjour en que Maubec.
délabrement intérêt même à y faire faire certain, c’est ux, à Rome, 16 de Québec, . “Il 8e plai- 4 pour cette t se fût porté
ger, l’économe t des lieux qui core, (Archives
Ce religieux ne réussit qu’à faire retarder de quelques mois l'expédition des bulles dé l'évêché de Québec. On découvrit bientôt la futilité de ses plaintes, la droiture parfaite avec laquelle avait agi Mgr de Laval; et il ne fut plus question de cette opposition du procureur général de Giteaux.
L'union de l’abbaye d'Estrées à l'évêché de Québec ne fut cependant sanctionnée à Rome que plus tard, sous l’adminisiration de Mgr de Saint-Valier. En attendant, l’évêque de Québec obtint du Conseil du roi la nomination d’un économe perpétuel, chargé du temporel de l’abbaye. Get économe fut François Bellenger, le valet du curé de Saint-Josse.
L'abbaye d’Estrées fut louée pour une somme fixe à M. Berthelot !. ‘ Nous vous avons mandé, le curé de Saint- Josse et moi, écrivait Henri de Laval à son frère, que nous ayons arrêté ensemble avec M. Berthelot notre traité, après avoir été à Estrées..…. Il m’a assuré vous avoir envoyé une copie de ce que nous avons écrit et signé au bas du dit traité pour l’éclaircir et le confirmer ?. ”
* 1— L'agent de M. Berthelot à Estrées se nommait François oiret, 2— Il y avait à Estrées de beaux vignobles ot d'excellents, pâtues. En 1675, on y récolta 44 à ares de vin, et M. Berthelot en eut ür sa part, On y fit aussi 10 pièces de cidre, paraît ue M. Berthelot se plaignait quelquefois de ne pas tramuer compte dans les revenus de l’abbaye ; car Mgr de La ef elle, dans üne lettre, qu'il avait dit ne pas tenir tant à sant qu à x YA ualité ; ‘‘ qu'il aimait mieux avoir moins de vin, et qu'il bien délicat, le destinant pour en faire des présents à plusieurs gran 8
Cette abbaye donnait à l’évêque de Québec aussi peu de revenu, et non moins de peine et d’ennuis que celle de Maubec. Henri de Laval se plaint souvent, dans ses lettres, du peu de satisfaction que lui procurent les ecclésiastiques ou chapelains employés à l’abbaye. Quelques-uns ne s’occupaient que de chasse et de pêche: ‘ Je vous ai mandé, dit-il, que le sieur Desjardins, prêtre, a peu répondu à ce que nous prétendions de sa personne pour toutes choses, ne s'étant occupé qu’à tirer, et à la pêche, et en aucune manière à me soulager en vos affaires. ”
og
On avait proposé à Mgr de Laval un projet qui l’aurait exempté d'entretenir des chapelains à l’abbaye d’Estrées, et lui aurait procuré, sans aucune charge, un certain
revenu: c'était de céder l’abbaye à une communauté de religieuses de l'Ordre de saint Bernard, moyennant une
redevance annuelle. Il fut longtemps en correspondance
à ce sujet avec l’abbesse de Port-Royal-des-Champs, à Paris. Mais comme, avant tout, il ne voulait pas engager
sa conscience, il consulta, posant la question d’une manière
nette et précise. La réponse n’ayant pas été favorable au
projet, il n’y songea plus. ù
de la Cour, et pour boire chez lui comme un vin excellent, et non pas de le vendre... M. Berthelot se souviendra, ajoute le prélat, qu'il m'a dit qu'un des motifs qui le portait à s’accommoder de l’abbaye d’Estrées était sa commodité d'y mettre une quantité de chevaux dont il à besoin tous les ans pour les vivres de l’armée, qu’il faisait acheter à Dreux. On m'écrit qu'il a fait faire à Estrées des écuries afin de les loger...” (Archives de l'archevéché de Quebec.)
aussi peu de que celle de ns ses lettres, clésiastiques -uns ne s’oCus ai mandé, répondu à ce Jutes choses, et en aucune
t qui l’aurait \ye d'Estrées, >, un certain mmunauté de Jyennant une rrespondance es-Champs, à it pas engager d’une manière favorable au
lent, et non pas e le "prélat, qu'il oder de l'abbaye de chevaux dont il’ faisait acheter curies afin de les
Estrées n’est pas à une grande distance de Montigny-sur- Avre, lieu de naissance du pieux évêque. Après avoir
visité ses abbayes, il se rendit dans sa famille, Il y était.
le 18 mai 1673 ; et il y retourna au printemps de 1675, pewr.
de jours avant de partir pour le Canada.
On a lieu de croire que ses visites à Montigny ne furent:
pas de simples visites de convenance ou de plaisir, mais:
qu’elles avaient un but de charité fraternelle. Jean-Louis lui donnait alors peu de satisfaction: ‘Mon frère, lui écrivait de Paris à Québec en’ 1676 Henri de Laval, est toujours bien à plaindre dans la violence de ses passions,
qui fait bien souffrir cette pauvre Dame, qui a bien du.
mérite devant Dieu.”
‘ La’ conduite de M. de Montigny, dit une autre lettre,
me fait plus de peine que toute autre chose. Il fut conti-nuer de recourir à Dieu. Je souhaiterais qu’il ft un bon usage du petit chapelet que je lui ai envoyé. Il a une
vertu particulière pour remédier à de semblables disposi- : tions. L'on en a expérimenté de grands soulagements 17, Mgr de Laval fut sans doute l’ange cunsolaieur à Mme
de Montigny et de toute la famille. Il prit ses neveux. sous sa protection, et fut pour eux un père tout dévoué.
Henri de Laval lui écrivait à leur sujet : “ L’aîné de
change un peu ; il est à l’armée avec le roi, et son père l'a mis en bon équipage. J’ai obtenu, par mascilicitation, &e- Paris, une place de rel'gieux à la Oroix pour sou second.
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1 — Archives de l’archevêché de Qu ‘be,
.-que je tâcherai de faire élever dans la connaissance et la crainte de Dieu. Je crois que le dernier, qu’on vous a envoyé, sera arrivé à bon port ; il promet quelque chose de
. bon. Mon frère souhaite avec un grand désir que vous
- ayez la bonté de procurer à Fanchon l'avantage de ses études, avant que de le ren , vyer. C’est une grande charité pour ces pauvres enfants de leur donner un peu d’éduca-
. tion, Vous leur servirez de père.en cette occasion. ”
Fanchon (François) fit en effet ses études au séminaire
- de Québec. Mgr de Laval, qui le baptiea lui-même à Montigny le 5 mai 1675, à l’âge de sept ans !, le confirma à Québec le 31 mai 1678.
Le jeune homme était encore au séminaire en 1682, et M. Dudouyt écrivait de Paris, à son sujet, à son oncle: ‘Je crois, Monseigneur, que si vous ne jugez pas qu'il ait
disposition pour être d'église, il n’est pas à propos de le retenir à Québec ; car, s’il a à être du monde, il lui faut une autre éducation que celle qu’il prendrait au Canada. ”
En 1689, il était ecclésiastique au séminaire des Missions étrangères, et M. de Brisacier écrivait à Mgr de Laval: “M. votre neveu est à peu près comme vous l’avez laissé, d’une humeur cachée, molle, sensible, timide par fierté, et moins attaché à la règle que les autres... Il a fait cette année une sabbatine,! où nous fûmes tous. Il y fit, non pas excellemment, mais médiocrement bien ; et comme nous doutons fort qu’il soit jamais propre pour les missions,
A qe ee
1 — Voir plus haut, p. 15.
issance et la qu'on vous lque chose de égir que vous ntage de ses ande charité peu d’éducasion. ?” au séminaire lui-même à le confirma à
e en 1682, et à son oncle:
pas qu'il ait propos de le e, il lui faut au Canada. ” e des Missions er de Laval:
l’avez laissé, par fierté, et l a fait cette Il y fit, non
; et comme les missions,
tant par le défaut des qualités nécessaires à un mission
naire, que manque de vocation, je fais quelque scrupule-:
de faire à vos dépens les frais d’une thèse de toute la philo
sophie, où il me semble qu’il ne ferait pas assez bien pour-
y exposer un homme de son nom. ”
Evidemment Mgr de Laval destinait son neveu aux mis-sions du Canada. Celui-ci, cependant, prit un autre parti, plus conforme à ses dispositions, qui s’améliorèrent au: point de vue ecclésiastique.
‘M. l'abbé de Laval est à présent à Montigny, écrivait: plus tard M. Tremblay... Quoiqu'il ait pris certains airs: d’abbé dans le monde, dont il se pourrait bien passer, et dont cependant il aura bien de la peine à se défaire, il. paraît cependant au reste très bien disposé.
“ C'est dommage qu’il se soit un peu trop conduit lui--
même, et qu’il ait été un peu trop abandonné à st propreconduite. Je crains qu’il n'ait trop de dégoût pour l’étudepour s’y appliquer à présent avec fruit. Cependant, s’il n’étudie pas, je ne sais ce qu’il peut faire dans un château à la campagne où il demeure.
‘ M. l'abbé de Fénelon, qui est nommé à l’archevêché de Cambrai, et qui va être sacré, a souvent de bonnes pla- : ces à remplir. Je crois qu’il est allié avec votre famille par soû frère ou sa sœur qui a épousé quelque personne de : la Maison de Laval 1. S'il en était prié par nos Messieurs, .
1 — ‘* Marie-Thérèse-Françoise de Salignac, fille unique d'Antoine, . mütquis de F'énelon, et de Catherine de Montberon, avait épousé en premières noces, en 1681, Pierre de Montmorency-Laval, de la branche :