‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 26 sur 163 · EE · texte numérisé non relu

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1 — Pontificale romanum, De ordinatione Presbyteri.

2— Philipp., III, 20. — Coloss., II], 5.

3—- Matth., X VIII, 10.

4 — Boudon, De la Sainteté de l'état ecclésiastique, ch. VI.

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C’est dans ces pensées salutaires, c’est avec les dispositions les plus humbles, et en même temps les plus confiantes, que l’abbé de Montigny reçut les saints ordres. Nous ne pouvons déterminer les dates de son ordination au sousdiaconat et au diaconat. Il reçut probablement ces ordres sacrés à Paris, avec la permission, toutefois, de l’évêque de Chartres, dont il relevait. C'est certainement à Paris qu’il fut ordonné prêtre, le 23 septembre 1647, à l’âge de vingtcinq ans, et qu'il dit sa première messe, avec la ferveur la plus édifiante !,

Bien que l’on n’ait pas de détails circonstanciés sur ces . événements, il est probable que sa mère y assistait, et qu’elle prit part au bonheur comme aux ferventes prières de son fils. Elle était venue, en effet, se fixer à Paris, peu de temps après le retour de François au collège de Clermont. Cette pieuse femme n'avait pas hésité, pour se procurer une diversion, à s'éloigner du château de Montigny. Tant de malheurs domestiques étaient venus presque coup sur coup en assombrir le séjour: la mort de son époux, celle de ses deux fils aînés, puis, en dernier lieu, la mort de l’évêque d’Evreux, qu’elle s'était accoutumée à regarder comme son frère et son meilleur soutien !

Mgr de Péricard était mort le 22 juillet 1646. Nous avons ‘ vu que. dès l’année 1637, il avait nommé l’abbé de Montigoy chanoine de sa cathédrale, et qu’ensuite, en 1645, il l'avait engagé À renoncer à sa prébende canoniale et à

1— Latour,

rentrer dans le monde. Avant de mourir, il voulut lui donner un dernier témoignage de son affection, en le nommant archidiacre de l'Eglise d'Evreux !. C’était une charge peu lucrative, il est vrai, mais des plus honorables, et qui pouvait conduire aux plus hautes dignités.

Avant de commencer à exercer ses fonctions d’archidiacre, François de Laval voulut se conformer aux prescriptions du saint concile de Trente ?, et se hâta de prendre sa licence en droit canon à l’université de Paris. Sa science, d’ailleurs, était plus qu’ordinaire; Mgr Servien, évêque de Bayeux, lui rend un magnifique témoignage: ‘‘ Il était, dit-il, licencié en droit canon, dans la faculté de Paris. Il était très versé dans les lettres tant sacrées que profanes et jouissait d’une rare aptitude pour inculquer au peuple chrétien les vérités de la religion et les préceptes de la foi catholique.”

Sa piété sacerdotale n’était pas moins remarquable, et il portait la plus grande exactitude dans l’accomplissement de tous ses devoirs de prêtre. On peut en juger par ces paroles de M. Picquet, curé de Saint-Josse, à Paris, et de M. Joseph Sain, dans les informations canoniques: ‘‘ Il était, dit le premier, très fidèle à ses exercices religieux ; sa piété

1 — ‘‘ François de Péricard tit chanoine et archidiacre de son Eglise Messire François de Laval, son cousin issu de germain. Il mourut le 22 juillet 1646: M. de Laval avait donc été nommé archidiacre avant cette date.” (Lettre de M. l'abbé Videgrain, chanoine secrétaire de l'évêché &'Evreux. )

2— Archidiaconi. … sint in omnibus ecclesiis, ubi fieri poterit, me |

in theologia seu doctores, aut licentiati in jure canonico. (Sess. De Reform. cap. XII.)

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et sa dévotion étaient ravissantes. ? —‘! Il était très pieux, ajoute le second, célébrait tous les jours, et avec une grande dévotion, le saint sacrifice de la messe, et ne manquait jamais à aucun de ses devoirs religieux !, ” Faut-il s'étonner sice prêtre zélé et pieux se hâta de remplir avec exactitude les fonctions d’archidiacre auxquelles il venait d’être appelé’?

La charge d'archidiacre n’est pas une sinécure dans

l’ Eglise. L'archidiacre était, dès les premiers temps, le

principal ministre de l’évêque pour toutes les fonctions extérieures, particulièrement pour l’a” ministration du temporel des églises ; au dedans même, il avait le soin de l’ordre et de ia décence des offices divins. C’est lui qui présentait les clercs à l’ordination, et qui présidait à l’installation des curés ; qui marquait à chacun son rang et ses fonctions; qui annonçuit au peuple les jours de jeûne ou de fêtes; qui pourvoyait à l’ornement des églises et aux réparations à faire. Il avait l’intendence des oblations et des revenus ecclésiastiques, excepté dans les églises pourvues d’économes particuliers. Il faisait distribuer aux clercs ce qui était alloué pour leur subsistance; il avait toute la direction des pauvres avant qu’il y eût des hôpitaux. Il était le censeur du clergé et du peuple, et devait veiller à la correction des mœurs; il devait prévenir ou apaiser les querelles, avertir l’évêque des désordres, et être

1 — Les témoignages rendus, dans ces informe.‘\ons canoniques, ont d'autant plus de valeur, qu'ils sont donnés sous la foi du serment.

comme le promoteur pour en PARA la réparation : aussi l’appelait-on [a main et l'œil de l’évêque. Ces deux mots résument bien les droits et les devoirs de 4 l’archidiacre. Il est l’œù de l’évêque 1, et, par conséquent,

diaconé. Ce droit lui est reconnu par tous les conciles, et en particulier par celui de Trente ?. Dans ces visites, qu'il doit faire en personne, sans pouvoir être remplacé par d’autres, il est obligé d'examiner attentivement et en détail tout ce qui regarde le culte divin et le temporel de l'Eglise, l’état des édifices, les réparations ou reconstructions à faire, l’état des ornements, des vases sacrés et de tout ce qui sert aux offices religieux ; il doit se faire rendre un compte exact des affaires temporelles, des revenus et des dépenses, des dettes de chaque fabrique, et de l'emploi des biens ecclésiastiques. Il doit voir aussi aux abus et aux désor-

; dres qui peuvent s'être glissés dans les différentes paroisses, soit dans le clergé, soit parmi les fidèles, examiner, en un mot, l’état de cette autre maison de Dieu, qui est l’âme des chrétiens, bien plus importante encore que les édifices matériels.

Il est la main de l’évêque, pour l’aider, au besoin, dans la correction des abus, et pour le remplacer, soit de droit commun, soit par délégation ou permission spéciale, dans

l’accomplissement de certaines fonctions ecclésiastiques,

1 — ‘ Archidiaconi, qui oculi dicuntur episcopi. ” Loc XXIV, De EKeform., cap. X11.) 2 — Ibid., cap. III.

il a droit de visite dans toutes les paroisses de son archi-

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comme, par exemple, le soin et l'entretien des pauvres et des malades, l'érection des paroisses et la construction des églises, l'installation des curés, la connaissance de différentes causes litigieuses, etc.

On conçoit immédiatement l'importance et la grandeur de ces fonctions de l’archidiacre, la sagesse de l’Eglise en les consacrant et les sanctionnant de sa haute autorité. Ce dignitaire ecclésiastique remplace l’évêque dans une foule de détails d'administration où son temps et ses talents seraient gaspillés en pure perte ; il lui enlève la responsabilité, au moins extérieure, d’une foule de règlements plus ou moins odieux ; il laisse à l’évêque la haute direction et le suprême gouvernement de son diocèse ; il lui laisse surtout la part inaliénable des fonctions spirituelles et des honneurs. L’évêque, lui aussi, fera la visite de son diocèse; mais, quand il passera au milieu de ses ouailles, ce sera surtout pour répandre tout autour de lui les grâces et les bénédictions, administrer les sacrements etla parole divine, faire, en un mot, les sublimes fonctions de père et de pontife.

Dans quelques-unes des fonctions de l’archidiacre, l'installation des curés, par exemple, quel touchant enseignement pour le peuple! Un curé est-il nommé à une paroisse ? Il ne se présente pas à son nouveau troupeau sans y être introduit par l’archidiacre. Celui-ci, de la part de l’évêque, vient le conduire à l’église qui lui est échue en partage ; il lui en donne les clefs, en présence de tout le peuple. Il va l'installer à l’autel, au confessional, en

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