CHAPITRE NEUVIÈME
Opposition à la consécration de Mgr de Laval. — Il est consacré par le nonce à Paris. — Les prétentions de l’archevêque de Rouen blâmées par la Cour de Rome. — Lettres patentes du roi à Mgr de Laval. — Il se prépare à partir pour le Uanada. — 1658-1659.
Mgr de Laval avait choisi, pour être consacré évêque, Je 4 octobre, jour de la fête de saint François d'Assise. C’est l’évêque de Bayeux qui devait faire la consécration, assisté de l’évêque d’Evreux, et de l’évêque d’Ardue, suffragant et pensionnaire de l’archevéque de Rouen: tous: trois avaient accueilli avec faveur et sans arrière-pensée la demande du jeune vicaire apostolique.
Il paraît probable, d’après M. de Latour, que la cérémonie devait se faire dans la ville même de Caen, où était l'Ermitage, et qui dépendait de la juridiction de l’évêque de Bayeux.
À peine cependant l'archevêque de Rouen ! eut-il appris la nomination de Mgr de Laval comme vicaire apostolique
1 — François de Harlay, qui devint plus tard archevêque de Paris. “11 passait pour avoir plus d'esprit et d’habileté pour les affaires, que de qualités or “apr pastorales. ” (Essai sur l'influence de la Religion, t. II, p. 331.) ‘* Quels que soient les reproches qu'on ait pu faire
du Canada, qu’il ne put dissimuler sa mauvaise humeur, Nous avons vu, en effet, qu’il se regardait comme évêque du Canada, et qu’il y exerçait ouvertement la juridiction. Comment le souverain pontife avait-il pu se permettre de nommer un vicaire apostolique dans une partie de son diocèse ? Il résolut de saisir de cette question l'assemblée particulière des évêques, qui se tenait à Paris ; et, dans la séance du 25 septembre 1658, il demanda à ses collègues ce qu’il avait à faire relativement à la bulle apostolique.
Il semble pourtant qu’il n’y avait qu’une chose à faire: respecter la décision du souverain pontife, et favoriser, au lieu de l’entraver, l’exécution de ses décrets. Le roi avait demandé un évêque pour le Canada, et ie pape l’accordait avec le titre de vicaire apostolique. Le clergé français avait songé à M. de Queylus; le saint-père avait choisi
+ M. de Laval: et le nonce de Paris avait fait faire toutes les
informations canoniques requises en pareil cas. Le saint-
père avait été parfaitement libre dans son choix ; et l’on
ne voit guère en quoi sa bonne foi avait pu être surprise, comme l’affirmait l'archevêque de Rouen.
Il fut résolu, cependant, d'envoyer aux évêques de France une circulaire, pour leur rappeler les décisions précédentes de l’assemblée générale du clergé au sujet de la consécration des évêques in partibus. D’après la coutume admise en France, ces évêques devaient, avant d’être consacrés, soumettre leurs bulles au chancelier du royaume, et obtenir
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à ce prélat. dit de son côté le cardinal de Bausset, il avait au moins la sssasse et le mérite d'apporter un soin extrême à combattre toutes les nouveautés qui pouvaient troubler la paix de l'Eglise et l’ordre public.
(Histoire de Fénelon, t. I, p. 214.)
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