‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 52 sur 163 · Archives de l’archevèché de Québec · texte numérisé non relu

Archives de l’archevèché de Québec

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du vicaire apostolique. La déclaration fut signée au mois de mai 1660, mais n’eut aucun résultat pratique pour le retour de M. de Queylus «au Canada.

De son côté, par delà les mers, Mgr de Laval travaillait efficacement à faire reconnaître son autorité, et prenait vigoureusement en mains la conduite de son Eglise. Peu de temps après son arrivée au Canada, il établit M. de Lauson-Charny son official; puis il donne la cure de Québec à M. Torcapel 1, et celle de Montréal à M. Soûart, ‘celui des sulpiciens qui lui paraît le plus soumis à l’autorité du saint-siège 2.”

Dans l’automne de la même année, il fait publier dans toutes les principales parties du pays, avec le concours du pouvoir civil, la lettre royale du 14 mai à M. D’Argenson. C'était, en effet, un document extrêmement important pour la reconnaissance de l’autorité spirituelle du vicaire apostolique. Le commandant militaire chargé de faire cette publication était accompagné ‘‘ d’une escouade de soldats 3,” à cause des sauvages Iroquois qui infestaient le pays.

Le document fut publié aux Trois-Rivières le 26 octobre !. I] le fut sans doute aussi à Montréal vers le même temps; et comme le séminaire était l’endroit principal de cette

1— M. Torcapel commença à signer sur les registres, comme curé de le spuroime, le 13 avût 1659, ( Pin t. II, p. 339.) io missionis Canadensis, 1 8 — M, de Belmont, Histoire du Canada.

4 -— Archives de M. ‘Vabbé Verreau, Mss de Sir L. H, Lafontaine,

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ville naissante, c’est au séminaire que dut se faire cette publication. On y joignit peut-être la lecture de la lettre du 31 mars, dans laquelle il était ordonné à M. D’Argenson “ même de faire repasser en France tous ceux qui refuseraient de se soumettre à l'autorité du vicaire apostolique.”?

Evidemment, Mgr de Laval entendait être reconnu comme le chef spirituel de l’Eglise de la Nouvelle-France. Aussi, le supérieur des jésuites écrivait-il, à la date du 8 septembre 1659 : ‘‘ M. de Pétrée n'ayant plus sujet de s’y fier (à M. de Queylus), disposa de tout ici-bas (à Québec) et à Montréal souverainement pour le spirituel 1. ”

Le 13 juin 1660, il écrit à la Propagande, pour supplier les éminentissimes cardinaux de cette Congrégation, de n'accorder aucune lettre qui puisse favoriser en quoi que ce soit les prétentions de l’archevêque de Rouen: comme sil eût prévu la trame que l’on ourdissait contre lui en France. Puis, le 3 août suivant, il fait une ordonnance enjoignant à tous les ecclésiastiques séculiers du pays, de désavouer toute juridiction étrangère, pour ne reconnaître que la sienne, et de n’exercer aucune fonction ecclésiastique, qu’en vertu de cetie juridiction qu’il tenait lui-même de l'autorité du souverain pontife: et il leur ordonne de signer ce règlement.

1— Journal des jésuites, — On sait que M. Faillon — dans quel dessein ! — on citant ce passage, retranche les mots pour le spürituel. (Histoire de La colonie françuise, t. II, p. 346.) Voir à ce sujet la note de M. Laverdière, Journal des jésuites, édit. de Québec, 1871, p. 264.

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Tous le signèren. n effet, y compris MM. Soûart, Vignal, Lemaître et Galinier, de Montréal!. C'était un grand point de gagné. Par son énergie, Mgr de Laval avait rallié à son autorité tout le clergé de la colonie. On ne saurait trop admirer l'esprit de suite et de persévérance qu’il mit dans toute cette affaire.

Mais, en France, les associés de Montréal se remuent de leur côté. Voyant qu’ils n’ont rien à attendre ni du roi, ni

de Mgr de Laval, ils imaginent un plan qui, dans leur

esprit, doit avoir le double but de procurer le retour de M. de Queylus au Canada, et d'assurer à Montréal une certaine indépendance du vicaire apostolique: c'est d'obtenir de Rome pour quelque prétre de leur Compagnie, pour M. de Bretonvilliers, par exemple, la faculté d’ériger la paroïsse de Montréal et de nommer le curé.

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