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Québec, par d’autres prêtres séculiers. C’est dans cette dernière ville qu’il faisait lui-même sa résidence; et, bien qu'il y eût un curé et un vicaire, il était toujours, comme . nous l’avons vu, le premier à l’œuvre, courant aux malades,
administrant le: sacrements, se devouant à l’hôpital au
service des pauvres, encourageant par ses visites les élèves des jésuites et des ursulines, se faisant tout à tous pour la gloire de Dieu.
Le dimanche, il assistait régulièrement aux offices de la paroisse, et fut fidèle à cette pratique jusqu’à sa mort. Il prêchait à son tour, et officiait à toutes les grandes fêtes, soit à l’église paroissiale, soit dans quelqu’une des communautés religieuses. Plein d'attention pour les cérémonies de l'Eglise, ce prélat, d’ailleurs si humble et si modeste, tenait à ce que l’on exerçât toutes les fonctions du culte divin avec splendeur et magnificence.
Tout ce qui pouvait intéresser la piété des fidèles lui était à cœur. Il avait obtenu du souverain pontife la faveur d'accorder à son peuple trois indulgences plénières. I1 en donna une chez les jésuites le 19 mars 16601. M. de Bernières, ordonné la veille, avait dit le matin sa première messe chez les révérends pères. Dans l'après-midi il y eut sermon à la paroisse, et M. de Bernières y donna la bénédiction du saint sacrement.
Quelques jours plus tard, le lundi de Pâques, eut lieu chez les jésuites une autre cérémonie bien touchante, celle
1— C'était un vendredi la Saint-Joseph était alors, au Canada, fêto d'obligation.
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de la première communion. C'était la première cérémonie de ce genre depuis l’arrivée de Mgr de Laval à Québec. Il voulut y présider lu‘-même, bénit avec affection les quarante jeunes gens qui avaient communié, puis, après la messe, les convia tous à sa modeste demeure, invitant en même temps ceux qui avaient fait leur première communion l’année précédente !.
Ce bon père avait fait préparer à ses enfants un magnifique déjeûner. Il était 1à lui-même, avec quelques-uns de ses prêtres, comme autrefois Notre-Seigneur et les apôtres au milieu des enfants, les servant à table, veillant à tous leurs besoins, se faisant donner le nom de leurs familles, et leur adressant de bonnes paroles: spectacle ravissant, digne de l’admiration des anges et des hommes! Faut-il s'étonner de ce que dit quelque part le P. Lalemant, que le prélat, par sa grande bonté, avait gagné le cœur detous les Français et sauva, 25 de la colonie, et que l’on avait pour lui la plus grande vérfération ?
Arrivait-il quelque malheur, il était le premier à chercher le moyen d’y remédier. Un jour, —c’était le dimanche de la Septuagésime — pendant qu'il assistait chez les jésuites au catéchisme solennel, qui se faisait sous forme de dialogue et attirait toujours beaucoup de monde, il apprend que le feu vient d’éclater à la basse ville, qu’une maison est déjà devenue la proie des flammes, et que l’in-
. tendie menace de s'étendre et de gagner toute cette partie
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1— Journal des jésuites, 29 mars 1660.
de Québec. Le serviteur de Dieu, poussé sans doute par une inspiration d’en haut, court vite à l’église paroissiale, organise à la hâte une procession, et se dirige vers le théâtre de l'incendie, portant le saint sacrement avec une foi et une piété angéliques, qui ravissent tous ceux qui accourent sur son passage.
Le Journal des jésuites affirme qu’aussitôt après l’arrivée du prélat, l'incendie diminua peu à peu, puis cessa tout à fait. Et notre pieux évêque, invitant tout le monde à le suivre, remonta en procession à la haute ville, et rentra à l’église, remerciant Dieu, comme autrefois saint Charles Borromée, d’avoir délivré son peuple d’une grande calamité !,
C’est à peu près vers le même temps que surgirent sntre Mgr de Laval et M. D’Argenson les difficultés au sujet du rang que devaient occuper les marguilliers dans les processions. Ceux-ci avaient toujours marché immédiatement après le gouverneur. Quelques personnages voulurent leur disputer la préséance, et menacèrent même, pour arriver à leur but, d'employer la violence et la force. Nous avons vu que l’évêque, pour le bien de la paix, ordonna qu’à l’avenir il n’y aurait plus de procession, jusqu’à ce ‘ que l’on se fût entendu sur le droit d’un chacun.
‘ Dans le désir que nous avons, dit-il, selon le devoir de notre charge, de procurer la paix et l'édification de notre Eglise, et d’ôter toutes les vccasions de troubles, nous
1 — Journal des jésuite. . 13 février 1661.
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avons jugé qu’il serait plus expédient de ne faire aucune procession, jusqu’à ce que l’on se soit accordé en cette affaire 1, ”
L'année précédénte, il avait réglé la question de préséance des marguilliers les uns vis-à-vis des autres, ordonnant que l’on suivrait tout simplement, pour cette préséance, l’ordre d’ancienneté des marguilliers : ‘ Tous successivement, dit-il, les uns après les autres, selon l’ordre de leur antiquité, monteront d’année en année, pour étre et second et premier marguillier. ” Et il en donne la raison : ‘‘ C’est pour conserver, dit-il, la paix et l’union dans notre Eglise, et pour ôter tous les désordres que nous voyons présentement inévitables dans l’élection des mar“ guilliers.…, et aussi pour conserver l’humilité chrétienne, ne donnant pas de prise à l’ambition ?.”
La paix, l'humilité, l’union, voilà ce que n’a cessé de vrêcher toute sa vie Mgr de Laval: union des prêtres entre eux, union des citoyens, union du clergé et des fidèles ; voilà quel a été l’objet de tous ses vœux et de tous ses travaux.
C’est encore pour le bien de la paix qu’il régla que l'élection des marguilliers, dans la paroisse de Québec, ne se ferait pas par tous les citoyens, mais seulement par les anciens marguilliers %, Cette ordonnance est encore en vigueur.
1 — Acte du 5 mars 1661.
2 — Ordonnance du 29 novembre 1660.
3 — Ordonnance du 5 décembre 1660.
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