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LETTRE DE MGR PAQUET

mérites, de sacrifices et de dévouement, il fallait un hommage public et durable, il fallait surtout cet hommage que l’on ne refuse à aucune gloire véritable : celui de publier sa vie, de raconter ses travaux et de mettre en lumière ses éminentes vertus Que de fois les continuateurs de son œuvre par excellence, les ecclésiastiques de son séminaire, ont songé à lui élever ce monument ! Que de fois ils ont dû regretter de ne pouvoir, à cause du labeur incessant de chaque jour, s'acquitter d’un vœu si cher à leurs cœurs !

Cette noble tâche, cher ami, vous avez bien voulu vous limposer. Avec un désintéressement qui vous honore, uniquement préoccupé du désir de faire une œuvre utile à la religion et à la patrie, attiré d’ailleurs vers Mgr de Laval par l'éclat d’une belle et sainte carrière, par le charme de qualités nobles que vous étiez mieux que personne capable d'apprécier, vous vous êtes mis courageusement à l’œuvre, Vous avez fait les recherches les plus minutieuses dans nos bibliothèques et dans nos archives ; vous avez consulté les hommes les mieux versés dans la science de notre histoire; vous vous êtes amassé, avec une patience de bénédictin, un trésor inappréciable de notes et de documents. Puis, avec cet esprit d'ordre et de méthode qui vous .aractérise, vous avez fait l'unité dans la variété, et vous avez ensuite répandu sur votre travail le brillant vernis d’un style soigné, aimable et toujours classique.

Vous avez élevé un beau monument à la mémoire vénérée de Mgr de Laval; vous avez fait une œuvre solide et durable, une “uvre qui restera, et dont vous pouvez dire : Monumentum exegi aære perennius.

C’est une œuvre vraiment digne de Mgr de Laval et de son aniversité. Déjà cette dernière a reconnu hautement votre mérite, et s’est efforcée de vous payer sa dette de reconnaissance, en vous. accordant avec grand plaisir et d’une manière toute spontanée, sur le témoignage éclairé de quelques-uns de ses professeurs qui

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Pour moi, comme supérieur du sérninaire de Québec, je vous dois une part toute spéciale de remerciements. Vous avez parfaitement raconté la fondation et les origines de cette institution plus de deux fois séculaire.

Dans les vues de Mgr de Laval, leséminairc je Québec s'identifiait, tout d’abord, avec le clergé de la Nouvelle-France ; il en était l'âme, la vie, le soutien et l'asile. C'était une grande idée ; c'était une institution à peu près nécessaire dans les commencements de la colonie.

La Providence a voulu que cet état de choses se modifiât par la suite, et que le séminaire bornât son action à l’enseignement, et à la formation des élèves du sanctuaire. Mais les liens d’union, de sympathie, d’estime et d'affection qui nous unissent au clergé des paroisses ne sont pas rompus. Cor unum ct anima una: voilà la maxime favorite que nous a léguée, comme un pieux héritage, notre fondateur. Le séminaire de Québec est toujours heureux de donner, suivant ses traditions, à tous les membres du clergé, i’hospitalité la plus franche et la plus cordiale; et lorsque, chaque année, à l'époque des retraites ecclésiastiques, ies officiers de la sainte milice accourent vers cette antique maison pour y retremper leur ardeur et leurs forces dans les exercices spirituels, il nous semble voir revivre ces beaux jours d'autrefois, où les missionnaires envoyés par le séminaire à la desserte des différentes églises du pays, y revenaient de temps en temps pour s'y reposer de leurs fatigues, comme dans la maison de leur père.

. J'ai admiré les belles pages que vous avez écrites sur les collaborateurs de Mgr de Laval dans l’organisation de son Eglise et l'établissement de son séminaire’: les de Bernières, les de Maizerets, les Dudouyt, les Glandelet et les Tremblay. Comme la Providence a aimé l’Eglise du Canada, pour en avoir confié tout | d’abord la direction aux admirables religieux de la Compagnie de

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Xxiv LETTRE DE MGR PAQUET Jésus, puis à des hommes apostoliques comme Mgr de Laval® et ses collaborateurs !

On a peine à se figurer aujourd'hui ce sie devait en coûter à la nature pour quitter un si beau pays que la France, s’expatrier peut-être pour toujours, et venir dans une contrée encore sauvage et toute couverte de forêts. Mais les fondatéurs du séminaire étaient des hommes d’une foi, d’un zèle et é’un désintéressement vraiment héroïques. Votre livre nous fétrace admirablement leurs vertus. On se sent vivement ému, en voyant tant d’abnégation, tant de dévouement et un si grand abandon à la Providence présider à la fondation äu séminaire ; et l’on ne peut s'empêcher de s'écrier, après avoir assisté aux humbles débuts de cette maison, après l’avoir vue se développer ensuite et se fortifièr d’une manière si merveilleuse, puis, réduite complètement ên cendres par deux incendies successifs, se relever de ses ruines d'une manière plus merveilleuse encore : À Domino factum est tstud, et est mirabile in oculis nostris.

Oui, elle est bien l’œuvre de la Providence, cette institution du séminaire de Québec, qui a eu de si humbles commencements, qui ne s’est appuyée que sur les bras de la pauvreté et du désintéressement le plus parfait, qui a passé par de si cruelles épreuves, et dont toute l'existence semble être un miracle continuel. Elle est bien l’œuvre, également, de la Providence, cette Université Laval, développement raerveilleux du séminaire de Québec, commencée, elle aussi, sous les auspices de la foi et du désintéressement, uniquement par obéissance à l'Eglise, subsistant pleine de courage

après tant de luttes sans cesse renaissantes, et bien décidée à ne }

s'appuyer jamais que sur la volonté de Dieu et les désirs du saintsiège. Agissons comme Mgr de Laval et ses pieux collaborateurs : faisons l’œuvre de Dieu, sans trop nous occuper du succès. Le succès viendra toujours à qui l'aura mieux mérité par sa bonne

volonté, J'ai dit que votre livre est digne du grand 'pontife dont il

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