‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 72 sur 163 · RES · texte numérisé non relu

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je ne doute nullement que ce petit grain ne produise un grand arbre, qu’il ne fasse un jour des progrès merveilleux, ne se multiplie et ne s’étende de toutes parts 1.” .

Ces paroles, qu’on dirait prophétiques, étaient prononcées à l’endroit même où, trente ans auparavant, Champlain, le fondateur de Québec, avait pour ainsi dire marqué la place de Montréal, y faisant le premier défrichement et la première culture ?. Elles étaient prononcées non loin de ce lieu fameux, où, un siècle auparavant, Jacques Cartier avait admiré la cité des Algonquins, la célèbre Hochelaga #, avec ses ‘‘ belles grandes campagnes pleines de blé, ” laquelle avait disparu comme par enchantement sous le souffle dévastateur des Iroquois. De Maisonneuve arrive à son tour; il reprend l’œuvre de Champlain, et avec l’aide de Dieu fonde cette cité de Montréal dont nous voyons aujourd’hui les prodigieux développements.

A l’époque où Mgr de Laval y arriva pour la première fois, Montréal ne comprenait encore qu’une trentaine de maisons, bâties principalement des deux côtés de la rue

‘ Saint-Paul, depuis la rue Saint-Joseph jusqu’au delà de la

1 — Relations des jésuites, 1642, — M. Dollier de Casson, Histoire du Montréal.

2 — * Champlain est venu plusieurs fois à Montréal, et a même dressé une carte du lieu (1611), où il indique, à ne s’y pouvoir tromper, la Pointe-à-Callière comme point de son premier débarquement et de son premier séjour. Il bâtit quelques cabanes pour la traite, y sema des ad de Jardin, et y éleva une petite muraille en briques. Il ns s Place Royale le coin de terre qu’il défricha ot habita. ” (Jacques

iger.

3 — ‘‘ Hochelaga était vraisemblablement sur le coteau qui s'étend au pied de la montagne, du côté de la ville de Montréal, ” (Ferland, LE p- 29); peut-être à l'endroit où est aujourd’hui le couvent de Villa-

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rue Saint-François-Xavier. Le premier sémireire s'élevait en face du fleuve, un peu en arrière de l'emplacement actuel de la Douane!. La sœur Bourgeois v nait de jeter les fondations de l’église de Bonsecours. L’Hôtel-Dieu était situé au coin des rues Saint-Paul et Saint-Joseph; la chapelle en bois, qui y était attenante, servait encore d'église paroissiale, et elle était de construction récente. Les offices publics s'étaient célébrés longtemps à l’intérieur du Fort, dans une simple chapelle d'écorce qui existait encore ?.

La population de Montréal pouvait être d’environ deux cents âmes. ‘‘ Ce petit peuple, dit la sœur Morin, vivait en saints, tous unanimement, et dans une piété et une religion telles que sont maintenant de bons religieux. Celui d'ntre eux qui n’avait pas entendu la sainte messe un jour de travail, passait parmi les autres quasi pour excommunié, à moins qu'il n’eût des raisons et empêchements aussi forts qu’on en demande aujourd’hui pour s’exempter du péché mortel aux jours de fêtes et dimanches. On voyait tous les hommes de travail à la première messe qui se disait avant le jour, pendant l'hiver, et dans l'été à quatre heures du matin, aussi modestes et recueillis que le pourraient être les plus dévots religieux; et toutes les femmes à une autre qui se disait à huit heures. Elle ne cédaient en rien à leurs maris en dévotion et en vertu.

‘ Rien ne fermait à clef, dans ce temps, ni maisons, ni coffres ; tout était ouvert, sans jamais rien perdre.

1 — M, l'abbé Verreau, Journal de l'Instruction publique, 1864. 2 — Fuaillon, Vie de Mlle Mance. — Relations des jésuites, 1642.

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‘ Celui qui avait des commodités à suffisance en aiïdait celui qui en avait moins, sans attendre qu’on le lui demandât ; se faisant au contraire un grand plaisir de le prévenir, et de lui donner cette marque d’estime et d'amour. Quand l’impatience avait fait parler durement à son voisin ou autre, on ne se couchait point sans lui faire excuse à genoux.

‘ Enfin, c'était une image de la primitive Eglise que ce cher Montréal dans son commencement et progrès; c’est-à. dire pendant trente-deux ans environ !. ”

. Nous savons peu de chose de la visite de Mgr de Lavalà Montréal en 1660; M. Faillon ne la mentionne même pas. Le lendemain de son arrivée, il voulut faire ce qu’il avait fait à Québec l’année précédente ; et, pour inspirer âux sauvages une grande idée des sacrements de l'Eglise, il baptisa lui-même solennellement un de ces pauvres enfants des bois, qui avait embrassé la foi chrétienne. M. Lanbert Closse servit de parrain ; la marraine fut Mlle Mance ?. |

Deux jours après, le mardi 24 août, il donna la confirmation dans l’église paroissiale à cent sept personnes. Parmi ces confirmés se trouvait M. de Maisonneuve, qui, sans respect humain, avait voulu donner ce bel exemple de religion à la petite colonie dont il était le gouverneur. On remarquait aussi parmi eux Jacques Le Ber, père de la célèbre Mile Le Ber, et le brave Lambert-Raphaël Closse,

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