Marie de l'Incarnation, Lettre du 13 octobre
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pour y penser ” : — ‘* L'affaire est déjà toute pensée, dit-elle, et la résolution toute prise: nous ne l’accepterons pas, si ce n’est à l'extrémité de l’obéissance.” Puis elle ajoute : ‘Nous avons affaire à un prélat qui, étant d’une très haute piété, s’il est une fois persuadé qu’il y va de la gloire de Dieu, il n’en reviendra jamais, et il nous en faudra passer par là, ce qui causerait un grand préjudice à nos observances 1. ”
Nous ne connaissons pas les raisons qui pouvaient engager Mgr de Laval à proposer ces réformes.
avait-il principalement en vue d’éprouver la vertu des bonnes religieuses. Le prélat, quoi qu’en dise Marie de l’Incarnation, était le moins entêté des hommes. Elle avoue elle-même que, sur leurs remontrances, il n’crdonna
Peut-être
le changement, concernant l'élection de la maîtresse des novices, que pour trois ans, et à titre d'essai 2; et quant au noùvel abrégé de leurs constitutions, il leur donna toute une année pour ÿ réfléchir. Au bout de ce temps, voyant qu'elles persistaient dans ‘‘leurs sentiments,” il laissa de côté le sien. ‘‘ Le digne prélat, dit l’annaliste des ursulines, qui avait donné une année à la communauté pour la discussion de cette affaire, changea lui-même d'opinion, et confirma les constitutions primitives, qui furent observées jusqu’à l'adoption des constitutions de Paris, en 1682 3,”
1 — Lettre du 13 septembre 1661.
2 — Lettre du 13 septembre 1660.
3— Les Ursulines de Québec, t. I, p. 294.
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Ce fut peu de temps après sa visite aux ursulines que les Iroquois firent irruption sur Québec et les environs. Aussitôt que le danger le plus prochain fut passé, le prélat se disposa à aller faire sa première visite pastorale à Montréal. Il avait d'autant plus hâte de remplir ce devoir, que les sulpiciens venaient de lui causer un sensible plaisir en signant l’ordonnance qu’il avait publiée pour faire reconnaître sa juridiction 1.
nl partit de Québec le mardi 17 août, avec M. de Lauson- Charny et une couple de domestiques ?. Son bagage était tout ce qu'il y avait de plus simple. Une crosse en bois, une mitre aussi unie que possible, voilà, disent les Relations, quels étaient les insignes de cet évêque d’or, comme on appelait les évêques d'autrefois 3, Ilse c“"vait obligé, dans ses visites pastorales, d'observer un certain cérémonial, à cause de la dignité de sa charge; mais du reste la plus admirable simplicité régnait dans tout l'extérieur de cet homme vraiment apostolique.
On mit près de cinq jours à remonter le fleuve, et l’on n’arriva à Montréal que le samedi 21 août, sur les cinq heures du soir, Le soleil lançait obliquement ses rayons de feu sur l’épaisse forêt de pins et de chênes qui recouvrait
1 — Ordonnance du 3 août 1660.
2 — Il paraît qu'il y avait déjà, à cette époque, un service plus ou moins régulier entre Québec et Montréal; car nous voyons par le Journal des jésuites que le bac était arrivé à Québec depuis deux jours, et qu’il y avait amené Mme d’Ailleboût, ainsi que quatre sauvages qui étaient venus apporter des colliers au P. Ménard, leur ancien pasteur. 3 — Relations inédites de la Nouvelle-France, t. II, p. 67.
4 — Journal des jésuites.
douces sant et Laval.
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alors le mont Royal, et tout la plaine environnante ; c’est le moment le plus favorable pour bien saisir le ton des objets, leur forme et leur couleur.
Le Fort de la Pointe-à-Callière, avec ses quatre bastions et son enceinte de longs pieux, et le monastère de l’'Hôtel-Dieu, qui était alors près du rivage, se détachaient nettement sur le fond vert de la forêt, comme le spectre de la guerre et l'ange de la paix, en présence l’un de l’autre, et prêts à se livrer un combat décisif pour l'avenir de ces contrées. En arrière, cette immense nappe de verdure, qui paraissait onduler comme les vagues de la mer, à cause es accidents de terrains. On venait de passer les rapides d'Hochelaga ; et l’île Sainte-Hélène émergeait comme une corbeille de verdure, au milieu de la plaine liquide toute miroitante de lumière, comme on la voit souvent dans les douces journées du mois d'août. Le spectacle était imposant et magnifique ; il dut impressionner vivement Mgr de Laval.
Cette grande cité, qui s'étend aujourd’hui à perte de vue jusque sur les flancs du mont Royal, était alors peu de chose. Le P. Vimont, célébrant, le 17 mai 1642, sur la Pointe-à-Callière, la première messe qui ait été dite à Montréal, en présence de la petite colonie française qui y arrivait avec M. de Maisonneuve et Mlle Mance, s’écria, dit-on, dans un saint transport: ‘Ce que vous voyez ici, Messieurs, n’est qu’un grain de sénevé ; mais il est jeté par des mains si pieuses et si animées de foi et de religion, qu'il faut sans doute que le Ciel ait de grands desseins, puisqu'il se sert de tels instruments pour son œuvre. Oui,
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