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père pour toutes les communautés de son diocèse. La nôtre, en particulier, l’a toujours regardé et le regarde encore comme tel. Chaque fois qu’il daignait l’honorer de sa visite, il était recu avec un grand bonheur 1.”
En revenant à Québec, vers la fin d'août, l’évêque de Pétrée rencontra non loin de Montréal une flottille de soixante canots outaouais, qui remontaient le fleuve, après avoir laissé aux Trois-Rivières leur cargaison de pelleteries. Les sauvages étaient au nombre de troïs cents. A peine eurent-ils reconnu de loin leur évêque, qu’ils le saluèrent à leur manière, en poussant des cris de joie, dont l’écho retentit longtemps sur le fleuve et dans les forêts du rivage. L'évêque les bénit, leur rendit leurs civilités, et aperçut tout à coup au milieu d’eux le P. Ménard, le missionnaire héroïque qui s’en allait dans leur pays, sur les bords du lac Supérieur, se dévouer à leur salut.
Ce fut pour le pieux prélat un moment de bonheur inexprimable ; il avait devant lui l'idéal du dévouement surnaturel qu'il avait toujours rêvé. Il aurait voulu partager les travaux apostoliques du P. Ménard.
‘* Sitôt que Mgr de Pétrée eut appris le dessein que nous avions de commencer cette mission, dit le P. Lalemant, on me peut croire combien il y fut affectionné. Son zèle, qui embrasse tout, lui faisait souhaiter d’aller chercher dans le plus profond des forêts la brebis égarée, pour laquelle il avait traversé les mers... Du moins, son cœur y a volé,
1 — Procès préliminaire de béatification de Mgr de Laval, Temoi- «gage de la sœur Saint-Ligori.
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