Rel 2 — Jbi
pendant qu’il s'arrête ici comme au centre de toutes les missions, pour pouvoir donner ses soins et partager son sèle à tous également !. ”
Le P. Ménard, déjà courbé sous le poids des ans et brisé par la fatigue, paraissait triste, absorbé dans ses pensées, et presque indécis ; on eût dit qu'il pressentait le triste sort qui l’attendait chez ces sauvages. —‘ Que dois-je faire, Monseigneur, demanda-t-il avec un pieux abandon? Est-ce que je dois continuer mon voyage ? — Mon Père, lui répondit l’évêque, toute raison semble vous retenir ici; mais Dieu, plus fort que tout, vous veut en ces quartiers-là ! ” Oh ! que j'ai béni Dieu, depuis cette entrevue, s’écria ensuite le P. Ménard ; et que ces paroles, sorties de la bouche d’un si saint prélat, me sont doucement venues dans l'esprit, au plus fort de nos peines, de nos misères et de notre abandon! Dieu ina veut en ces quartiers-là ! Que j'ai souvent repassé ces paroles dans mon esprit, au milieu du bruit de nos torrents, et dans la solitude de nos grandes forêts ? ! ”
On connaît la fin héroïque de ce bon missionnaire. Arrivé, après mille dangers, dans le pays de ces sauvages ingrats, à quelques centaines de lieues de Québec, il fut abandonné complètement à lui-même, et ne rencontra qu'opposition et rebuts de toutes sortes. Voyant qu’il ne pouvait rien gagner de ces peuples plongés dans le vice, il résolut d’aller plus loin, à une bourgade huronne, pour