ESS
infatigables pour le salut des âmes, à l'exemple de saint Paul, qui ne regardait pas sa vie comme plus précieuse que lui-même !, courent vers ces nations par toutes les portes qui leur sont ouvertes, au risque de rencontrer ‘ toute espèce d'obstacles et de croix, et même une mort immimente ?.
En arrivant au Canada, il avait trouvé, comme nous J’avons vu, le pays tout en armes et réduit aux abois. Les Iroquois ne se proposaient rien moins que d’exterminer tous les Français de la colonie. Leurs partis couraient les campagnes et ravageaient tout le pays. ‘On n'’osait ni semer, ni moissonner, ni cultiver les terres, ni sortir de la maison sans être bien escorté 3, ”
L'année 1659 se passa ainsi dans des transes et des alarmes continuelles. Les Iroquois, avec qui on avait l’abord fait la paix, manquèrent à leurs engagements, firent prisonniers plusieurs Français près des Trois - Rivières, et menaçaient de se rendre jusqu’à Québec. ‘Ils ont déjà fait brûler tout vif un de ces prisonniers, dit Marie de l’Incarnation; ce sera merveille si les autres ont meilleur traitement +.”
M. D’Argenson, qui avait pris les armes contre eux l’année précédente, le jour même de son arrivée au pays 12 juillet 1658), se mit de nouveau à leur poursuite. ‘ Ces
1— Act., XXII, 24.
“2 — Relatio Missionis Cana:iensis, 1660.
3 — Latour, p. 54.
4 — Lettre historique 57e.
à ] san de & Fra
E Un} vous fond
| la têt chef « pays qu'on
Mgrn item] à notr fit de pareil] Les commt furent
int
que rtes oute \mi-
nous
expéditions servaient à convaincre les ennemis que les Français ne se laisseraient pas surprendre. Mais elles n'avaient pas d’autres résultats ; car ces petites bandes iroquoises, par la rapidité de leur fuite et leur adresse à se cacher, se rendaient insaisissables.”
I] fallait donc être toujours sur le qui-vive, et les armes à la main. ‘Ces luttes continuelles devenaient si harassantes, que beaucoup d’hommes, arrivés avec l'intention de s'établir dans le pays, étaient décidés à retourner en France, lorsque leur engagement serait terminé 1.”
£n 1660, mêmes frayeurs, et de plus grandes encore. On parlait de douze cents Iroquois qui avaient leur rendezvous près de la Roche-Percée, à Montréal, et allaient fondre sur Québec.
‘* Leur dessein, dit Marie de l’Incarnation, est d'enlever la tête à Onontio, qui est M. le gouverneur, afin que, le chef étant mort, ils puissent plus facilement mettre tout le pays à feu et à sang... La nouvelle de cette grosse armée, qu'on estimait proche, donna une telle appréhension à Mgr notre évêque qu’il n’arrivât mal aux religieuses, qu’il fitemporter le saint sacrement de notre église, etcommanda à notre communauté de le suivre... Il fallut obéir. Il eu . ft de même aux hospitalières. Le saint sacrement fut pareillement ôté à la paroisse.”
Les religieuses allèrent loger chez les jésuites. ‘ Notre communauté et celle des hospitalières étant sorties, elles furent conduites chez les révérends pères, où le supérieur
1 — Ferland, t. I, pp. 444 et 452.
| 1 | 1108 Qi h ||
ee ce me ennrnert nr
leur donna des appartements séparés de leur grand rorps de logis, savoir, à la nôtre le logis de la Congrégation, et aux hospitalières un autre qui en est assez proche. Tout cela est comme un Fort, fermé de bonnes murailles, où l’on était en assurance. Les sauvages chrétiens étaient cabanés dans la cour, et à couvert de leurs ennemis.”
C’est ainsi que le danger commun avait réuni les difrérentes communautés de la ville, non seulement dans une même prière, mais aussi dans un même lieu de refuge. La Religion n’avait pas oublié ses nouveaux prosélytes ; et l’on ne peut s’mnêcher d'admirer le soin avec lequel on s'était occupé de protéger les sauvages chrétiens contre les attaques de l’ennemi, en les mettant dans la cour du collège des jésuites.
Le monastere des ursulines lui-même fut converti en forteresse.
“L'on posa deux corps de garde aux deux extrémités de notre maison. La faction s’y faisait régulièrement. On fit quantité de redoutes, dont la plus forte était proche de notre écurie, pour défendre ia grange d’un côté, et l’église de l’autre. Toutes nos fenêtres étaient garnies de poutreaux et murailles à moitié avec des meurtrières. L'on avait fait des défenses sur nos perrons. Il y avait des ponts de communication d’un appartement à un autre, et même de notre maison à ceile de nos domestiques. Nous ne pouvions même sortir dans notre cour que par une petite porte à moulinet, où il ne pouvait passer qu’une personne à la fois.
teci de | tali che:
dan, At s'éta près Le dire, proc} chact He:
peur.
on éta de la :
nombr
La l'on était atta- 1lège
ti en
x tr É- | éguplus
ange
aient
neur-
ent à mescour vait
‘ En un mot, notre monastère était converti en un Fort, gardé par vingt-quatre hommes bien résolus. Quand on nous fit le commandement de sortir, les corps de garde étaient déjà posés 1. ”
I] fallait que le danger d’une invasion iroquoise fût bien imminent, pour que les autorités civile et religieuse eussent cru devoir prendre toutes ces mesures de précaution, et transformer en bastions le couvent des jésuites et celui des ursulines.
Ceci se passait au milieu de mai, vers Ja fête de la Pentecôte, quelques semaines seulement après la visite de Mgr de Laval à ses communautés. Les ursulines et les hospitalières demeurèrent ainsi durant huit jours, couchant chez les révérends pères jésuites, et allant passer la journée dans leur monastère.
Au commencement de juin, huit sauvages hurons, ‘‘ qui s'étaient iroquisés ”, s'emparèrent d’une famille française près de Saint-Joachim ?. La terreur était partout.
Le huit juin, nouvelle alerte à Québec. ‘On vint nous dire, continue Marie de l’Incarnation, que l’armée était proche, et qu’on l'avait vue. En moins d’une demi-heure, chacun fut rangé à son poste, et en état de se défendre. ”
Heureusement, cette fois encore, on fut quitte pour la peur. ‘1e lendemain, on vit arriver les chaloupes dont on était en peine. Elles apportèrent les tristes nouvelles de la mort de nos Français de Montréal, qui, étant allés au nombre de dix-sept, accompagnés de quarante sauvages,
1 — Lettre h istorique F8e, 2 — Journal des jésuu s, juin 1660,
Re EE ie SE An ma nf mer 4 am
sage 2
Hurons et Algonquins, pour surprendre quelques Iroquaois, furent pris eux-mêmes et mis en pièces par ces barbares.
Nous avons déjà mentionné cette célèbre affaire Dollard, qui rappelle les plus grandes gloires antiques, et que l’on a pu comparer au combat des Thermopyles. Une. poignée de Français et de sauvages chrétiens, retranchés dans un Fort de palissades, sur les bords de la rivière Ottawa, se défendit héroïquement durant toute une semaine contre plusieurs centaines de sauvages, jetant ces barbares dans l’épouvante et la terreur par leur intrépidité. Ces héros chrétiens puisaient dans une prière continuelle et fervente ie secret de leur force, et succombèrent enfin les uns après les autres, mourant tous jusqu’au dernier pour le salut de la patrie !.
Ce furent ces braves qui sauvèrent le pays de l'invasion iroquoise. Les barbares, décimés par une poignée d’hom-
mes, et effrayés par cette résistance inattendue, ne pous-
sèrent pas plus loin leurs courses.
‘# La colonie entière, dit Ferland, reconnut qu’elle avait été sauvée par l’héroïsme de Dollard et de ses compagnons. Tout en regrettant leur mort, les cœurs catholiques des colons étaient consolés par la pensée qu’ils étaient tombés le fusil à la main, l’espérance dans l’âme et la prière sur les lèvres. On était tenté de les véi.érer comme des martyrs de la foi.”
Mgr de Laval profita du moment de répit que l’affaire Dollard apporta au Canada, pour faire sa visite à Montréal.
Ph EG dr ges She mb er da eg mg 2208
1— M. Dollier de Casson, Histoire du Montréal, — Relations des jésuites. — Marie de l’Incurnation, Lettre historique 58e,
faisai aux 2 tourn L’é Dans plutôt apprei pût all et d’ex a bien il tomt ou qu’i tianism En 1 plus de Tourme allèrent
1 — Le
Yes, et, ion om-