‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 87 sur 163 · PERTE RRN ME ARE IPS STRESS PRES ET · texte numérisé non relu

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‘ La basse et la haute ville de Québec donnaient encore plus d'agrément à notre vue, y voyant de loin des églises et des monastères bâtis, et une forteresse sur le haut d’un rocher, qui commande sur toute la rivière.

‘ Passant plus outre, nous y voyions à gauche les habitants de la côte de Lauson, et à droite les habitants de la côte Sainte-Geneviève, et les forteresses de Saint-Jean et de Saint-Xavier dans les terres, Sillery, et toute la côte du Cap- Rouge, habitée sur les rives du grand fleuve.

‘ Environ trente lieues plus haut que Québec, les habitants du Cap-de-la-Madeleine sortaient de leurs maisons, répandues plus d’une lieue sur toute cette côte, nous venant au-devant, et nous invitant de mettre pied à terre, pour nous régaler à la champôtre.

‘Mais il fallait aller descendre à la ville des Trois- Rivières, qui n’est distante que d’une lieue de ce cap. Nous y fûmes reçus avec autant d’abondance, et les tables où nous fûmes invités étaient quasi aussi bien couvertes et aussi bien fournies ! qu’elles peuvent être en plusieurs endroits de la France ?.”

Marie de l’Incarnation nous assure que M. Dumont examina attentivement toutes choses; puis elle ajoute: ‘Il est tombé d'accord avec cout ce que M. le gouverneur avait mandé au roi, et que M. Boucher lui avait confirmé de bouche, que l'on peut faire en ce pays-un royaume plus

1 — ‘* Dans une de ses lettres, M. D'Argenson reproche aux Canadiens l’amour des procès, et leur OS faire des dépenses inutiles pour les plaisirs de la table.” (Ferland, t. I, p. 446.)

2 — Relations des jésuites, 1663.

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grand et plus beau que la France. Je ne juge pas d’après ma propre opinion, dit-elle ; mais c’est le sentiment de ceux qui disents’y connaître. Il y a des mines en plusieurs endroits ; les terres y sont fort bonnes; il y a surtout un grand nombre d'enfants.

‘Ce fut un des points sur lesquels le roi questionna le plus M. Boucher, savoir, si le pays était fécond en enfants. Il l’est en effet ; et cela est étonnant de voir le grand nombre d'enfants très beaux et bien faits, sans aucune difformité corporelle, si ce n’est par accident 1,”

Quel dommage qu’un si beau pays, un pays si plein d'avenir et de promesses, fût en proie, d’une part, aux désordres causés par la traite de l’eau-de-vie, et de l’autre, aux fureurs incessantes des Iroquois !

Il est vrai que le roi venait de se décider à envoyer des secours au Canada. Mais malheureusement les deux vaisseaux sur lesquels s'étaient embarqués MM. Boucher et Dumont avec les nouveaux colons et les soldats, ne purent quitter La Rochelle qu'au commencement de juillet, mirent quatre grands mois à faire la traversée, et n’arrivèrent à Tadoussac qu’au commencement de novembre. Par surcroît de malheur, le scorbut s'était déclaré à bord, et avait fait périr plus de cent cinquante personnes. Ceux qui restaient, débarquèrent à Tadoussac, et durent se rendre en chaloupe à Québec ?.

1 — Lettre du 6 novembre 1662.

2 — Ibid. — Voir aussi une vieille chronique publiée dans l'Union libérale de Québec, 2 uovembre 1889.

En attendant, comme on n’avait aucune nouvelle de la inère patrie, le découragement âevint si général au Canada qu’on alla jusqu’à proposer d’abandonner toutes les espérances de l’avenir, et de retourner en France. “ Mais, dit un éminent prélat, Mgr de Laval, déjà plus canadien que français, résista énergiquement à un projet qui nous eût anéanti comme peuple 1. ” Il se décida à passer lui-même en Europe, dans l’été de 1662, afin d'obtenir de la Cour de France un prompt remèle aux maux qui désolaient le pays.

Qui n’admirerait le courage, la force et l’intrépidité de ce grand évêque? Depuis trois ans qu’il était au Canada, il n'avait pu faire ses visites pastorales ni aucune fonction de son ministère qu'au milieu de dangers de mort sans cesse renaissants de la part des Iroquois. Il luttait avec une énergie indomptable contre les désordres de la traite de l’eau-de-vie. Il n'avait réussi qu’à force de fermeté et de prudence à faire reconnaître son autorité au Canada; et tous les jours il avait encore à résister aux exigences et au mauvais vouloir des autorités civiles. Le pays était délaissé d’une manière déplorable par la compagnie des Cent associés; et, pour comble de malhe elle venait d’y envoyer un agent qui y avait soulevé des tempêtes.

Rien de tout cela, cependant, n'avait pu décourager nctre prélat. Au milieu de l’affaissement général, il met en Dieu toutes ses espérances, et entrevoit du côté de la mère patrie l'aurore de meilleurs jou"s. ‘‘ Allez, ange tuté-

1—$, Em. le card. Tasch. reuu, Mandement du 80 avril 1878.

revenu suffire

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