‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 97 sur 163 · CS · texte numérisé non relu

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de dévouement, à celui du P. Fudes !, l’inspirateur de deux dévotions si chères au peuple canadien ; et l’on est moins surpris de tromver ces deux dévotions établies au Canada, et particulièrement ehez les ursulines de Québec, presque en même temps qu’elles étaient établies en France.

L'évêque de Pétrée aurait bien voulu décider bon nombre d’ecclésiastiques à le suivre au Canada ; mais les vocations pour ce pays lointain étaient rares. Il réussit à en gagner un, qui devait être un des piliers de son séminaire et de son Eglise, M. Louis Ango de Maiïzerets. Il l'avait connu intimement autrefois, dans la congrégation du P. Bagot, et s'était lié avec lui d'une sainte et étroite amitié.

M. de Maizerets appartenait à une famille aisée de la Normandie ?; ‘‘ ses ancôtres, riches marchands de Dieppe, traitaient presque d’égal à égal avec les rois 3. ” Mais il avait renoncé de bonne heure aux avantages du monde,

1— Mgr de Laval était uni d’une sainte amitié avec le P. Eudes, comme avec M. Boudon: ‘‘ Je trouve dans nos annales la liste des amis spirituels du P. Eudes ; et parmi les 50 ou 60 personnages qui y sont énumérés, figure au commencement le nom de M. de Laval, évêque de Pétrée. ” (Lettre du P, Provost, de la Congrégation des cudistes, à l’auteur.)

En tête d’un livre qu'il adressait à l'Uuiversité-Laval, le 23 juin

A la même congrégation, écrivait: ‘Offert à l'Université-Laval de Québec, en souvenir de l’amitié qui unissait Mgr de Laval-Montmorency et le Vén. Jean Eudes. ”

Le P. Eudes mourut à Caen le 19 août 1680. ‘‘ Il n’a pas demeuré à l’ermitage de M. de Bernières. ” (Lettre du P. Le Doré, à l’auteur.)

2 —. La famille de Maizerets avait son château à Argentan, sur la ligue de Paris à Grandville.

3 — Discours de M. l’aboé Verreau, 290e anniversaire de la découverte du Mississipi.

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pour embrasser la vie sainte, pénitente et mortifiée de l’ermitage de Caeñ. Comme Mgr de Laval, il avait demeuré plusieurs années dans cette douce retraite, et s'y était pénétré de l'esprit si pieux et si éclairé de M. de Bernières de Louvigny.

Depuis la dispersion de l’ermitage, il était venu se retirer à Paris, avait fait son séminaire aux Bons-Enfans,

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et venait de recevoir les saints ordres des mains de Megr pe - Pallu, évêque d'Héliopolis. Souvent il se sentait appelé Q , à aller rejoindre au Canada ses anciens confrères de l’ermitage, l’évêque de Pétrée, MM. de Bernières, Morel et de jh Dudouyt. Mais sa vocation, dit Latour, était encore incer- th ll taine ; elle se décida pendant le séjour de Mgr de Laval ê | en France. &

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Le vicaire apostolique, ayant terminé heureusement l’objet de son voyage, avait hâte de se réunir à son cher troupeau. Malgré les offres réitérées du roi, qui l’estimait à cause de ses vertus et voulait le retenir en France !, il s’'embarqua, dès les fêtes de la Pentecôte 1663, vers le wilieu de mai, sur un des vaisseaux de Sa Majesté, avec M, de Mésy, le nouveau gouverneur du Canadu, et M. Gaudais-Dupont, qui allait prendre possession du pays, au

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Ilemmenait avec lui M. de Maizerets, un autre prêtre, M. Hugue Pommier, trois ecclésiastiques, et le P. Rafeix, de la Compagnie de Jésus.

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1 — Lettre de Marie de l’Incarnation, 20 octobre 1663,

, de La traversée fut longue et orageuse ; elle dura près de vait quatre mois. On eut beaucoup à souffrir sous tous les rapt s'y | ports. Le vaisseau portait quantité de troupes, et beaucoup Ber- de familles que le roi envoyait pour peupler le Canada. Plusieurs des soldats étaient huguenots, la plupart liber- Lu $e tins, et causèrent beaucoup d’ennuis à l’évêque. Le scorbut fans, éelata à bord: plus de soixante personnes succombèrent » Mgr pendant la traversée, et il en mourut presque autant à \ppelé Québec.

’ermi- Les ecclésiastiques déployèrent auprès de tous ces malael et des un zèle admirable. Ils ne pouvaient suflire à les incer- instruire, à les consoler et à leur administrer les derniers Laval sacrements. M. de Maizerets lui-même fut malade à l’extrémité: il dut sa guérison à un vœu qu'on fit pour lui à saint sement Ignace et à saint François-Xavier !. Ces saints fondateurs bn cher de la Compagnie de Jésus se réjouissaient, sans doute, du stimait haut du ciel, à la vue de cet apôtre, qui allait si vaillamce! il ment consacrer sa vie à l'Eglise du Canada. vers le Mgr de Laval fut le premier à l’œuvre. Aguerri contre 6, avec toutes lès maladies, par les fréquentes visites qu'il avait , et M: faites autrefois dans les hôpitaux de la ville de Caen et à pays, AU l'Hôtel-Dieu de Québec, il déploya à bord du vaisseau une admirable charité. être, 4 “ Il distribua les emplois à son petit clergé, ‘dit M. de feix,

Latour, et se réserva le plus pénible. Quoique incommodé lui-même par de fréquents vomissements, il était sans cesse

1— Latour, p. 107.

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auprès des malades, les exhortait, les consolait, les soulageait et leur rendait toutes sortes de services. Il en revenait souvent couvert de vermine ; plus d’une fois on craignit qu'il ne contractât ce mal contagieux.

*“ Il avait fait, en partant, moins pour lui que pour les siens, une provision de volaille, de liqueurs, de confitures, et autres douceurs; c’est assez l’usage dans une longue traversée, où l’on risque de voir manquer jusqu’à l’eau douce : il distribua tout aux malades, sans se rien réserver, et manqua de tout, lui-même, le reste du voyage. Mais il en supporta la privation avec plaisir. Son ciergé et ses domestiques, pleins de son esprit, et animés par son exemple, en firent le sacrifice avec joie. On ne se lassait pas d’admirer sa charité et sa mortification, et il n’est pas de bénédictions qu’on ne lui donnât 1”.

M. Pommier s’était embarqué sur un autre vaisseau, pour y donner des secours spirituels aux passagers. Ce vaisseau fit escale à Plaisance, dans l’île de Terreneuve. On se rappelle que M. Dumont, l’année piecédente, y avait laissé une poignée de soldats, avec un officier pour les commander et un prêtre pour les desservir. Prêtre et commandant avaient été massacrés. Deux des meurtriers furent pris, amenés à Québec, et condamnés à subir la peine capitale. M. Pommier eut pitié des colons de Terreneuve privés de tous secours religieux. Il se décida à passer l'hiver dans l’île, et ne vint à Québec que l’année suivante.

1— Latour, p. 108.

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suivante.

La nouvelle de l’arrivée du vaisseau du roi, qui portait le gouverneur et l'évêque, parvint à Québec le 7 septembre, et l’on envoya immédiatement une chaloupe au-devant à Tadoussac. Cette chaloupe amena à Québec les deux illustres personnages, qui descendirent à terre le samedi 1% septembre !.

Grande fut la joie de toute la .opulation, à la vue du nouveau gouverneur, à la vue, surtout, de Mgr de Laval qui revenait au milieu des siens, après une absence de treize mois. Cette absence avait paru d'autant plus longue, que le pays venait de passer par les cruelles épreuves d’un tremblement de terre, et que, dans les calamités publiques, il n’y a rien de plus propre à rassurer les peuples que la présence de leur premier pasteur.

Le prélat dut être profondément affligé d’ abindu les fléaux qui étaient venus fondre sur le Canada. Mais le tremblement de terre n'avait pas eu de suites fâcheuses. Au contraire, cet avertissement du Ciel avait produit d'heureux fruits de salut dans les âmes; on voyait partout d'admirables retours à Dieu, et de merveilleux élans vers la vertu. Le pieux évêque remercia sans doute la divine Providence d’avoir ainsi préparé le terrain sur lequel ik allait continuer ses travaux apostoliques ; et il dut s’écrier avec l’apôtre de la charité: ‘ Je n’ai pas de plus grande joie que d'apprendre que mes enfants marchent dans la vérité 2,”

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