CHAPITRE SEPTIÈME
Mgr de Laval organise son vicariat apostolique. — Les naissions sauvages confiées aux jésuites ; la colonie canadienne, aux prêtres séculiers. — Création d’une oflicialité. — Touchants exemples de zèle, de bonté et de foi donnés par Mgr de Laval. — Divers travaux administratifs. 1659-1652.
Pour l’aider dans l’administration de son immense vicariat apostolique, l’évêque de Petree n’avait a sa disposition que vingt-cinq ecclésiastiques, savoir, neuf prêtres séculiers \ et seize pères de la Compagnie de Jésu3. Quel petit nombre d’ouvriers pour une si vaste moisson ! Le zele devait suppléer à tout.
Depuis, près de trente ans, les jésuites evangelisaient les sauvages du Canada : “ eux seuls comprenaient la langue des indigènes ; eux seuls pouvaient la parlei pai faite ment.” Il était naturel que Mgr de Laval leur laissât la
1 Voici les noms de ces prêtres, avec la date de leur arrivée au Canada: à Montréal, MM. Vignal (1648), Soûart et Galimer (1657 ) et Lemaître (1659) ; à Québec, MM. Lesueur de
LeBey (1656), Torcapeî, Pèlerin et de Bermeres (16o9). il est probable que M. D’Allet, venu en 1657 avec M. de Queylus, était aussi en Canada : il passa l’hiver de 1659 malade à l’ Hôtel-Dieu de Québec.
charge des missions, se réservant pour lui-même la direction générale du vicariat apostolique, et pour ses prêtres séculiers la desserte de la colonie française.
Il y avait à Québec huit pères jésuites, dont quelquesuns étaient employés au collège, les autres, toujours prêts à partir, au moindre signe de leur supérieur, pour les missions les plus lointaines, ou à la disposition de l’évêque pour n’importe quelle fonction du saint ministère.
Deux autres pères jésuites desservaient les missions de l’Acadie ; un autre, celle de Sillery, près de Québec ; il y en avait deux à la résidence des Trois-Rivières. Le P. Chaumonot avait été envoyé à Montréal tant pour l’instruction et le soin des sauvages qui y accouraient de tous côtés, que pour la consolation de beaucoup de Français, qui l’avaient demandé instamment à Mgr de Laval. Il était, dans l’exercice du saint ministère, le collaborateur des vénérables sulpiciens, qui desservaient avec zèle cette ville naissante ; et il vécut toujours avec eux dans les termes d’une douce fraternité.
Enfin, deux autres pères de la Compagnie de Jésus partirent, dans l’été de 1660, pour une mission éloignée de plus de quatre cents lieues de Québec, où “ il y avait des nations innombrables qui n’avaient jamais entendu parler de religion, dit Mgr de Laval. L’un d’eux 1, abandonné de ses compagnons, et revenu à Québec, devait se rendre J Tadoussac pour y instruire des néophytes sau-
1 — Le P. Albanel.
vages; de là, il se proposait de pénétrer jusqu’aux rivages de la baie d’IIudson pour y porter les lumières de la foi. L’autre 1 avait continué sa route du côté de l’Occident, vers cet océan pacifique que l’on ne connaissait encore qu’im parfaitement, et par où l’on espérait pénétrer jusqu’en Chine 2.”
Le zèle de tous ces ouvriers apostoliques remplissait de
joie le cœur de Mgr de Laval : “ J’ai vu ici et admiré les travaux de vos Pères, écrivait -il au général delà Compagnie de Jésus. Ils ont réussi, non seulement auprès des néophytes, qu’ils ont tirés de la barbarie et amenés a la connaissance du seul vrai Dieu, mais encore auprès des Français, auxquels par leurs exemples et la sainteté de leur vie, ils ont inspiré de tels sentiments de piété, que je ne crains pas d’affirmer en toute vérité que vos Peres sont ici la bonne odeur de Jésus-Christ partout où ils travaillent 3.”
Ce qu’il dit des jésuites, dans son rapport au souverain pontife (1660), est un des plus beaux éloges qui soient jamais sortis de la bouche d’un évêque en faveur de ces religieux.
“ Les pères de la Compagnie de Jésus me sont, dit-il, d’un grand secours, tant pour la desserte des Français que pour celle des sauvages. Toujours prêts à entendre les confessions et à annoncer la parole divine, ils enseignent le
1 — Le P. Ménard.
2 Relatio Missionis Canadensis, 1660.
3 Lettre au P. Nickel, 1659.
catéchisme aux enfants et aux ignorants, et forment tout le monde à la piété, en particulier comme en public. Ils visitent avec une égale attention les gens du peuple et ceux de la haute société, exercent les œuvres de miséricorde et répandent partout de nombreuses aumônes. Connaissant la langue et les mœurs des indigènes, ils les aiment en Jésus-Christ, et en sont tendrement aimés.
“ Leurs revenus ne suffiraient pas aux larges aumônes qu’ils répandent, s’ils n’avaient d’abondants secours de la- France. Ils ne reçoivent rien pour l’administration des sacrements.
“ Ils me sont très soumis et se montrent toujours prêts à exécuter mes ordres. Ce sont des hommes de paix et de bon exemple. Il y en a qui ne les aiment pas suffisamment ; mais c'est par jalousie, ou parce que les Pères ne favorisent en aucune manière ceux qui ont trop d’attache aux biens temporels.
“ Très versés dans la théologie et les belles-lettres, appelés pour la plupart à jouer un rôle remarquable en France, s’ils y étaient restés, ils se dévouent tout entiers au salut des âmes. Il n’y a pas de nation si barbare ni si éloignée, où ils ne brûlent de porter leur zèle et leur travaux apostoliques. On en a vu périr de froid au milieu des neiges, à genoux, et les yeux levés vers le ciel ; ils étaient morts en priant, pendant qu’ils cherchaient à se irayer un chemin au milieu de ces neiges épaisses, pour aller porter aux âmes le secours de leur ministère.
“ D’autres ont été consumés à petit feu ; d’autres, percés de glaives. ...Plus de dix ont été pris par les Iroquois infidèles, massacrés, égorgés, soumis à toute espèce de tortures, qu’ils ont endurées avec une patience vraiment chrétienne et un zèle apostolique.”
Les prêtres séculiers ne donnaient pas moins de consolation que les jésuites à l’évêque de Pétrée.
“ Ceux que j’ai avec moi, dit-il, me remplissent de joie par leur piété et par la bonne odeur de leur vie. Ils annoncent au peuple la parole de Dieu, entendent les confessions, et remplissent toutes les fonctions de leur ministère avec beaucoup de zèle et de ferveur. Ils ne se mêlent aucunement de politique, aiment la pauvreté, ne reçoivent rien pour l’administration des sacrements, en un mot, ne recherchent aucunement leurs intérêts propres, mais uniquement ceux de Jésus-Christ. ”
Il faut dire que ces prêtres avaient dans leur évêque un admirable modèle de dévouement, d’abnégation et de zèle.
“ Je me suis appliqué dans la mesure de mes faibles forces, écrit-il humblement au souverain pontife, avec tout le soin et la vigilance dont j’ai pu être capable, à toutes les fonctions sacrées, prêcher, entendre les confessions, administrer le sacrement de confirmation, visiter tous les fidèles confiés à mes soins, mais surtout ceux qui restent à la campagne, qui sont loin de Québec, et qui ont moins de secours. ”
Puis il fait entendre au saint-père ce cri d’apôtre : “Fasse le ciel que je me fasse tout à tous, et que je parvienne à procurer des âmes à Jésus-Christ! ”
Qui n’admirerait cet évêque de la primitive Eglise, tout dévoué au salut de son troupeau, se faisant, au besoin, simple missionnaire, et ne reculant devant aucune fatigue pour aller porter à chacun les secours de la religion? Certes les Canadiens devaient être fiers lorsqu’ils recevaient inopinément la visite d’un tel pasteur !
“ Comme les autres prêtres de la colonie, on l’a vu cent fois, dit M. de Latour, aller administrer les sacrements aux malades, à la ville et à la campagne, ramant dans un canot, en été, marchant en hiver sur la neige, en raquettes ; on l’a vu, portant sur son dos sa chapelle, aller à une et deux lieues dire la messe dans une cabane, donner le saint viatique et l’extrême onction, puis s’en revenir, après avoir mangé, en courant, un morceau de pain, et souvent tout à jeun h ”
Il n’y avait encore, à l’arrivée de Mgr de Laval, que trois paroisses un peu organisées, celle de Québec, celle de Montréal, et celle de Château- Richer, ou “ l’église de Beaupré, la seule église de campagne française qui fût encore formée, ” dit M. de Latour.
Le prélat nomma M. Torcapel curé de Québec, et, à défaut de prêtres séculiers, lui donna le P. Lemercier pour vicaire. Mais, pour perpétuer la mémoire des services
1 — Mémoires sur la vie de M. de Laval.
rendus à la paroisse de Québec par les jésuites, il établit, à partir du premier janvier 1660, une cérémonie qui, répétée à certaines dates fixes, devait permettre aux citoyens de leur exprimer leur reconnaissance. M. Torcapel fut chargé d’annoncer en chaire ses intentions, le dimanche précédent.
S’était-il acquitté de cette tâche d’une manière un peu tiède? N’avait- il pas assez insisté sur la reconnaissance due aux pères jésuites? Quoi qu’il en soit, Mgr de Laval voulut monter en chaire lui-même le premier jour de l’an, et reprendre le prône de M. Torcapel h Dans une allocution pleine de chaleur, il rappela aux paroissiens de Québec ce qu’ils devaient aux révérends pères jésuites. Apostrophant saint Ignace, le fondateur de la Compagnie de Jésus, il le pria de veiller toujours du haut du ciel sur ses enfants bien- aimés, et de ne pas permettie que les enseignements qu’ils avaient répandus partout sui le sol de la Nouvelle-France, avec tant de zèle et souvent au prix de leur sang, fussent jamais oubliés.
Puis il régla que trois fois par année, savoir, le premier jour del’an, lejour de la Saint-Ignace, lorsque cette fête tomberait un dimanche, et le jour de la Saint-François-Xavier, on irait en procession, de la paroisse, chanter les vêpres à l’église des jésuites. On commença ce jour-là même; la procession fut magnifique, et le peuple s’y porta en foule.
Ce fut là la première ordonnance de Mgr de Laval (25
1 Journal des jésuites , janvier 1600.
janvier 1660); elle était un hommage d’affection et de piété filiale pour ses maîtres vénérés, les pères de la Compagnie de Jésus. Elle fut maintenue tout le temps de son épiscopat, et observée encore longtemps après.
Un des premiers actes d’administration de Mgr de Laval fut la création d’une officiaiité, ou d’un tribunal ecclésiastique, chargé de juger toutes les affaires où le clergé pouvait être concerné ; tant ce grand évêque avait à cœur de sauvegarder les immunités ecclésiastiques, de protéger ses prêtres contre l’ingérence indue des tribunaux civils, et de tout établir ici, dès le commencement, d’une manière conforme au droit canonique !
M. Torcapel fut nommé promoteur de l’officialité, et M. de Lauson-Charny, juge ou official h Celui-ci était en même temps le grand vicaire de l’évêque 1 2. Mgr de Laval lui rend un beau témoignage : “ C’est un homme, dit-il, d’une haute naissance, mais plus remarquable encore par sa piété, sa prudence et son expérience, qui est bien audessus de son âge, car il a â peine trente ans. Avant d’être prêtre, il a remplacé son père comme gouverneur du Canada, lorsque celui-ci est repassé en France il y a quatre ans. Son père est conseiller du roi 3.”
Il y a peu de détails sur les travaux de cette première officiaiité. Nous savons seulement que, dès le début, il y
1 — Latour, p. 23.
2 — D’apres le Journal des jésuites, il était déjà grand vicaire le 21 octobre 1660. Ses lettres, inscrites dans les registres de l’archevêché de Québec, sont datées du 9 août 1662.
3 — Belatio Missionis Canadensis, 1660.
eut quelquefois conflit de juridiction entre le tribunal civil et le tribunal ecclésiastique, ou contestation sur les matières qui devaient être du ressort de l’un ou de l’autre. C’est ainsi que, vers la fin de février 1661, il y eut, dit le Journal des jésuites , “ grande brouillerie entre les puissances ; on en pensa venir aux extrémités au sujet d’une sentence portée par Mgr l’évêque contre Daniel U vil, prisonnier hérétique relaps, blasphémateur et profanateur des sacrements : cvjus crimina utrumque forum sibi vindicabatJ Le coupable fut enfin condamné par le tribunal civil “ à être pendu, ou plutôt arquebusé,” le 9 octobre de la même année h
Plus tard, après la création du conseil souverain, de nombreux conflits éclatèrent aussi entre ce haut tribunal et l’official ité. On voulut même, en certaines circonstances, contester les droits et l’autorité du tribunal ecclésiastique, sous prétexte que celui qui l’avait établi n’était pas évêque de Québec 1 2. Mais l’officialité créée par le vicaire apostolique n’en continua pas moins utilement son œuvre, et rendit les plus précieux services à l’Eglise du Canada.
L’évêque de Pétrée avait donc réussi à donner à son vicariat apostolique une première organisation. Aux jésuites était dévolue la charge d’évangéliser les sauvages, j usqu’aux endroits les plus reculés ; la colonie de Montréal était desservie par les messieurs de Saint-Sulpice ; celle de
1 — Journal des jésuites.
2 Jugements et Délibérations du Conseil Souverain île la Nouvelle- France , passim.
25G vie DE MGR DE LAVAL
Québec, par d’autres prêtres séculiers. C’est dans cette dernière ville qu’il faisait lui-même sa résidence; et, bien qu’il y eût un curé et un vicaire, il était toujours, comme nous l’avons vu, le premier à l’œuvre, courant aux malades, administrant les sacrements, se dévouant à l’hôpital au service des pauvres, encourageant par ses visites les élèves des jésuites et des ursulines, se faisant tout à tous pour la gloire de Dieu.
Le dimanche, il assistait régulièrement aux offices de la paroisse, et fut fidèle à cette pratique jusqu’à sa mort. Il prêchait à son tour, et officiait à toutes les grandes fêtes, soit à l’église paroissiale, soit dans quelqu’une des communautés religieuses. Plein d’attention pour les cérémonies de l’Eglise, ce prélat, d’ailleurs si humble et si modeste, tenait à ce que l’on exerçât toutes les fonctions du culte divin avec splendeur et magnificence.
Tout ce qui pouvait intéresser la piété des fidèles lui était à cœur. Il avait .obtenu du souverain pontife la faveur d’accorder à son peuple trois indulgences plénières. Il en donna une chez les jésuites le 19 mars 1660 1 . M. de Dernières, ordonné la veille, avait dit le matin sa première messe chez les révérends pères. Dans l’après-midi il y eut sermon à la paroisse, et M. de Dernières y donna la bénédiction du saint sacrement.
Quelques jours plus tard, le lundi de Pâques, eut lieu chez les jésuites une autre cérémonie bien touchante, celle
1 C était un vendredi la Saint- Joseph était aloi’s, au Canada, fetc d’obligation.
de la première communion. C’était la première cérémonie de ce genre depuis l’arrivée de Mgr de Laval à Québec. Il voulut y présider lui-même, bénit avec affection les quarante jeunes gens qui avaient communié, puis, après la messe, les convia tous à sa modeste demeure, invitant en même temps ceux qui avaient fait leur première communion l’année précédente 1 .
Ce bon père avait fait préparer à ses enfants un magnifique déjeûner. Il était là lui-même, avec quelques-uns de ses prêtres, comme autrefois Notre-Seigneur et les apôtres au milieu des enfants, les servant à table, veillant à tous leurs besoins, se faisant donner le nom de leurs familles, et leur adressant de bonnes paroles : spectacle ravissant, digne de l’admiration des anges et des hommes ! Faut -il s’étonner de ce que dit quelque part le P. Lalemant, que le prélat, par sa grande bonté, avait gagné le cœur de tous les Français et sauvages de la colonie, et que l’on avait pour lui la plus grande vénération ?
Arrivait-il quelque malheur, il était le premier à chercher le moyen d’y remédier. Un jour, — c’était le dimanche, de la Septuagésime — pendant qu’il assistait chez les jésuites au catéchisme solennel, qui se faisait sous forme de dialogue et attirait toujours beaucoup de monde, il apprend que le feu vient d’éclater à la basse ville, qu’une maison est déjà devenue la proie des flammes, et que l’incendie menace de s’étendre et de gagner toute cette partie
1 — Journal des jésuites, 29 mars 1660.
de Québec. Le serviteur de Dieu, poussé sans doute par une inspiration d’en haut, court vite à l’église paroissiale, organise à la hâte une procession, et se dirige vers le théâtre de l’incendie, portant le saint sacrement avec une foi et une piété angéliques, qui ravissent tous ceux qui accourent sur son passage.
Le Journal des jésuites affirme qu’aussitôt après l’arrivée du prélat, l’incendie diminua peu à peu, puis cessa tout à fait. Et notre pieux évêque, invitant tout le monde à le suivre, remonta en procession à la haute ville, et rentra à l’église, remerciant Dieir, comme autrefois saint Charles Borromée, d’avoir délivré son peuple d’une grande calamité b
C’est à peu près vers le même temps que surgirent entre Mgr de Laval et M. D’Argenson les difficultés au sujet du rang que devaient occuper les marguilliers dans les processions. Ceux-ci avaient toujours marché immédiatement après le gouverneur. Quelques personnages voulurent leur disputer la préséance, et menacèrent même, pour arriver à leur but, d’employer la violence et la force. Nous avons vu que l’évêque, pour le bien de la paix, ordonna qu’à l’avenir il n’y aurait plus de procession, jusqu’à ce que l’on se fût entendu sur le droit d’un chacun.
“ Dans le désir que nous avons, dit-il, selon le devoir de notre charge, de procurer la paix et l’édification de notre Eglise, et d’ôter toutes les occasions de troubles, nous
1 — ■ Journal des jésuites, 13 février 16G1.
avons jugé qu’il serait plus expédient de ne faire aucune procession, jusqu’à ce que l’on se soit accordé en cette affaire 1. ”
L’année précédente, il avait réglé la question de préséance des marguilliers les uns vis-à-vis des autres, ordonnant que l’on suivrait tout simplement, pour cette préséance, l’ordre d’ancienneté des marguilliers : £t Tous successivement, dit-il, les uns après le3 autres, selon l’ordre de leur antiquité, monteront d’année en année, pour être et second et premier marguillier. ” Et il en donne la raison : “ C’est pour conserver, dit-il, la paix et l’union dans notre Eglise, et pour ôter tous les désordres que nous voyons présentement inévitables dans l’élection des marguilliers..., et aussi pour conserver l’humilité chrétienne, ne donnant pas de prise à l’ambition 2 3.”
La paix, l’humilité, l’union, voilà ce que n’a cessé de prêcher toute sa vie Mgr de Laval : union des prêtres entre eux, union des citoyens, union du clergé et des fidèles ; voilà quel a été l’objet de tous ses vœux et de tous ses travaux.
C’est encore pour le bien de la paix qu’il régla que l’élection des marguilliers, dans la paroisse de Québec, ne se ferait pas par tous les citoyens, mais seulement par les anciens marguilliers Cette ordonnance est encore en vigueur.
1 — Acte du 5 mars 1 861.
2 — Ordonnance du 29 novembre 1660.
3 — Ordonnance du 5 décembre 1660.