‹ Vie de mgr de Quélen, archevêque de ParisChapitre 11 sur 61 · PIÈCES JUSTIFICATIVES (F). XXJ · texte numérisé non relu

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sans son aveu , abrogés ; une circonscription nouvelle des diocèses plus avantageuse au bien de la religion; leur augmentation proportionnée aux besoins des fidèles, autant que les circonstances pouvaient le permettre; le rétablissement des sièges dont l'origine remonte à la plus haute antiquité , et rappelle les plus beaux souvenirs; l'assurance d'une dotation convenable stipulée pour les églises ; la résolution prise de travailler insensiblement à réparer les maux de la religion; la nomination des évoques, leur préconisation, l'union del'épiscopat français, tout nous annonçait que l'Église gallicane touchait à la fin de ses longues épreuves, et marchait vers une restauration tant désirée. Déjà le peuple chrétien commençait à louer le Seigneur, et toute la France chantait un cantique nouveau, d'allégresse et d'actions de grâces.

Mais, hélas! Très-Saint Père, la joie de notre cœur s'est évanouie, et nos concerts ont été changés en lamentations , lorsque nous avons été témoins des contradictions qui se sont élevées autour de nous, et des difficultés sans nombre qu'on a multipliées sous toutes les formes pour nous empêcher de goûter les fruits d'un bienfait qui devait faire refleurir, avec la foi, les bonnes mœurs conservatrices des trônes et de la société. Ce merveilleux accord a été suspendu, les bulles d'institution données par Votre Sainteté aux évêques ont été retenues jusqu'à ce jour. En vain nous avons travaillé à dissiper tous les nuages , et à lever tous les obstacles ; en vain nous avons réclamé: nos efforts, nos représentations , nos prières, les sacrifices mêmes auxquels nous étions résignés, tout a été inutile. Le silence le plus absolu sur les affaires de notre Église a été la seule réponse à nos'supplications. Enfin, après tant et de si longs retardements, nous avons presque perdu toute espérance de salut.

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En effet, Très-Saint Père, et nous ne pouvons le dire sans la plus profonde tristesse , depuis le moment où des jours plus sereins semblaient devoir succéder aux orages dont nous étions battus depuis tant d'années, l'état de l'Église, loin de s'améliorer en France, est devenu et devient de jour en jour plus déplorable. Non-seulement nous n'avons point senti s'alléger le poids de nos douleurs, mais il s'est encore appesanti sur nous; et le temps n'est peut-être pas éloigné où il sera comme impossible de relever nos ruines. La discipline ecclésiastique se relâche ; un grand nombre de diocèses ne sont point suffisamment gouvernés; les fidèles errent comme des troupeaux sans pasteurs ; les établissements ecclésiastiques languissent ; le sacerdoce s'affaiblit par des pertes que ne répare point un petit nombre d'élèves du sanctuaire, souvent entravés dans leur vocation, inquiétés dans leur instruction, ou découragés par l'aspect de la misère et des dégoûts qui les attendent dans l'exercice du saint ministère; là religion est attaquée de toutes parts ; ses ennemis semblent réunir toutes leurs forces contre elle, et ne se proposent rien moins que de l'anéantir dans ce royaume, autrefois si chrétien et si fidèle ; les livres impies volent et se répandent ; les doctrines pernicieuses gagnent comme la gangrène; les dérisions, les satires, les eaomnies sont prodiguées à l'envi aux hommes apostoliques, aux missionnaires pleins de zèle qui se consument, avec un succès si marqué , à prêcher le retour à la foi, et, par suite, à la paix et au bonheur. Pour comble d'affliction , nous avons vu bannir publiquement des lois répressives le nom de la religion, et rejeter ainsi la pierre angulaire sans laquelle il ne saurait y avoir d'édifice social. Les évêque» qui gouvernent les diocèses, et ceux qui sont destinés aux sièges actuellement vacants, ne pouvant agir de concert, asservis, opprimés soua ces me-

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mes règlements qu'avait imposés une domination étrangère et lyrannique. réduit* à combattre à part, succomberont infailliblement ; et dans un temps donné , plus court peut- être que celui qu'avait marqué l'usurpation , l'Eglise de France tombera pour ne plus se relever.

Ah ! que nous avons bien sujet de gémir avec le prophèle, et de dire en pleurant comme lui : A quelle désolation sommes-nous donc réduits, et quelle est la confusion où nous sommes tombés ! Les ennemis ont porté la main sur tout ce qu'il y a de plus saint et de plus désirable parmi nous ; ils ont ourert la bouche contre nous ; ils ont si (fie, grincé des dents , et ils ont dit : Nous dévorerons. Notre force est épuisée , nos prêtres sont consumes , les vieillards tombent aux portes du sancluaires et tes jeunes gens ne les remplacent point. Notre Eglise, semblable à la fille de Siun , ne fait plus entendre qu'une voix mourante.

A de si cruelles douleurs se mêlent des inquiétudes aussi cruelles et des embarras extrêmes. Dans un tel état de dépérissement, nous sommes appelés pour chercher un remède à tant de maux; mais nous sommes obligés de le dire, quoiqu'à regret, cette confiance tardive n'est point elle-même assez entière pour nous offrir le moyen de l'appliquer efficacement.

Après nous avoir laissés dans l'ignorance des projets conçus pour changer les dispositions du concordat de 1817, et des bulles qui en sont la suite; après nous avoir proposé, l'année dernière, une réduction de sièges archiépiscopaux ou épiscopaux, dont le rétablissement semblait être la seule difficulté qui s'opposât alors à l'exécution des traités conclus entre \otre Sainteté et le roi, on nous signale tout d'un coup maintenant cette exécution comme étant devenue impossible par des obstacles insurmontables; on nous annonce qu'il a fallu entamer de nouvelles négociations ; mais on ne nous

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expose ni les obstacles que nous n'aurions jamais pensé pouvoir être insurmontables, ni l'objet de ces nouvelles négociations. On nous parle de faire cesser la viduité d'un grand nombre de sièges, ce que l'on regarde comme le plus pressant besoin de l'Eglise de France ; tandis que ce qui nous paraît le plus pressant et le plus nécessaire pour elle, c'est d'obtenir un état ferme et convenable, qui lui permette d'affronter de nouvelles tempêtes, s'il en survenait; tel que serait, par exemple, l'état où l'aurait placée l'exécution du concordat de 1817. On se propose, au contraire, de lui donner un état provisoire, qui peut, si toutefois il ne devient pas définitif, la tenir un grand nombre d'années, sinon sur le pencbant de sa ruine, du moins dans une pénible et humiliante incertitude, surtout si on la laisse, même provisoirement, sous le joug de ceux des articles organiques qui sont contraires à la doctrine et aux lois de l'Eglise, contre lesquels Votre Sainteté a si souvent réclamé, et dont elle a stipulé l'abrogation dans le dernier concordat. D'ailleurs, en ne nous faisant point connaître la forme à employer pour en venir à cet état provisoire, on ne nous laisse pas la faculté de juger de sa conformité aux règles canoniques.

Il n'est plus question pour le moment que de pourvoir aux cinquante sièges qui existaient avant le concordat de 1817; et cependant, il est constant que l'étendue de la plupart de ces diocèses a été reconnue comme trop considérable pour les forces des évêques, et par conséquent comme nuisible au bien des fidèles. Nous-mêmes avions répondu à une consultation qui nous avait été faite l'année dernière, qu'une réduction des sièges au nombre des départements ne pouvait être que préjudiciable au bien de l'Eglise, quoique nous nous en fussions cependant rapporté, pour l'opérer, à la haute

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