LETTRE DES EVEQÏIES DE FRANCE AU SOUVERAIN PONTIFE
Très-Saint Père ,
Il nous est enfin donné de rompre un silence que les circonstances difficiles où nous nous trouvions exigeaient de nous, et dont la prudence, si fortement recommandée à ses disciples par le divin Maître, nous avait fait jusqu'à ce jour un devoir. Enfin , il nous est permis de déposer dans votre sein paternel les angoisses de notre âme, les amertumes de notre cœur, et les pénibles sollicitudes dont nous sommes agités ; c'est la seule consolation qui nous reste dans notre abattemen t.
Elle a été de courte durée, Très-SainlPère, la joie que nous a fait éprouver la convention passée entre Votre Sainteté et le roi Très-Chrétien, et que nous avions conçue des grands et heureux desseins qui avaient déjà, en partie, reçu leur exécution, et dont l'entier accomplissement promettait pour l'avenir des avantages plus précieux encore. Les anciens nœuds qui existaient cuire la France et le Saint-Siège resserrés de nouveau ; les articles contraires à la doctrine et aux lois ecclésiastiques, qui avaient été faits à l'insu de Votre Sainteté, et publiés