‹ Vie de mgr de Quélen, archevêque de ParisChapitre 13 sur 61 · XXVJ PIÈCES JUSTIFICATIVES (F · texte numérisé non relu

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sédition elle-même ; du moins nous craignons de laisser se perpétuer une dissidence à laquelle la publication du dernier concordat aurait mis un terme.

Voilà, Très-Saint Père, la triste position où nous sommes réduits. Tous les yeux sont ouverts sur nous, les fidèles sont attentifs, l'Impiété observe; les hommes de toutes les opinions ont, en quelque sorte, élevé contre nous un tribunal , d'où ils se préparent à juger notre conduite: et a nous avons besoin, ainsi que le disait saint Jean- » Chrysostôme parlant des Apôtres, d'un secours puisa sant et extraordinaire pour nous faire garder une juste a mesure, afin de ne pas paraître intervertir les lois du « royaume lorsque nous prenons la défense de la doca trine et de la discipline ecclésiastique, et aussi afin de « ne pas être accusés de corrompre la pureté de la foi et a d'éuerveiTa discipline en nous efforçant de montrerque a nous ne voulons pas violer les lois de l'Etat. » — Nous a devons, à l'exemple des Apôtres de Jésus-Christ, re>* a pousser l'un et l'antre soupçun, chercher à nous concia lier comme eux l'estime et le respect, comme euvtraa vailler à acquérir et à conserver le titre de sauveurs, a de conservateurs, de bienfaiteurs du genre humain. » Mais , Très-Saint Père, il n'appartient ni à chacun de nous en particulier, ni même à nous tous ensemble, malgré l'union intime qui règne entre nous, de remplir une tâche aussi difficile, de soutenir un fardeau aussi pesant ; il ne dépend point de nous seuls de sortir, avec l'honneur qui convient à des évêques , d'une position aussi critique et aussi embarrassante. Une ressource nous reste; nous l'embrassons, nousla saisissons avec empressement, comme l'ancre immobile du salut ; c'est, à l'exemple de nos prédécesseurs , de noua attacher avee plus de force , s'il est possible, à la chaire apostolique ; c'est de marcher constamment sous l'influence et la direction

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de notre chef, c'est de demander avec confiance, de recevoir avec joie, d'exécuter avec unanimité ce que le vicaire de Jésus — Chris! sur la terre, le prince des évêques, croira devoir décider dans l'intérêt de la religion. Alors le Seigneur sera loué dans l'assemblée sainte; alors seulement nos plaintes finiront, nos larmes cesseront, nos travaux auront trouvé une récompense, et nos espérances seront accomplies.

Ainsi donc, Très-Saint Père , pleins de la douleur qui nous presse et de l'inquiétude qui nous agite, nous crions vers rous; nous recourons à Votre Sainteté, afin qu'elle nous dise clairement et librement ce que nous devons penser, ce que nous devons faire dans ces circonstances. Il vous a été dit en la personne de saint Pierre : Avancez en pleine mer , c'est-à-dire, selon l'explication de saint Ambroise , « Enfoncez-vous dans les questions les plus profondes. » Nous vous prions de nous aider de vos conseils, de nous affermir par votre autorité; nous vous en prions nonseulement comme le chef de l'Eglise, en qui nous faisons profession de reconnaître et de respecter la primauté d'honneur et de juridiction que Jésus-Christ vous a confiée, mais encore ( que la vénération que nous avons pour vos vertus nous permette de vous le dire ! ) comme l'arbitre, le conciliateur, le médiateur que, rassemblés en une seule famille, nous choisissons, à qui nous nous confions avec la plus grande sécurité, et dont l'avis, la décision, le jugement, feront notre force, notre sûreté et notre consolation.

Pour ce qui est de nos intérêts personnels, Très-Saint Père, s'il faut appeler ainsi les restes de notre pauvreté, nous renouvelons ici la disposition dans laquelle ont toujours été les évoques français, de les remettre entre vos mains dès qu'il sera jugé nécessaire pour le bonheur do l'Eglise; et c'est avec d'autant plus de confiance, que nous avons la certitude que Votre Sainteté sait allier,

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quand il est nécessaire, la fermeté la plus courageuse à la plus imperturbable patience. Les sacrifices, quels qu'ils soient, nous les regardons pour peu de cbose , et même pour rien, pourvu que nos Eglises puissent jouir de la paix, et que nous procurions de notre mieux le salut des fidèles. Nous nous faisons gloire de ne point chercher ce qui est d nous, mais ce qui est d Jésus-Christ ; et nous nous estimons trop heureux, à l'exemple de l'apôtre, qu'il soit glorifié au milieu de nous, soit par notre vie, soit par notre mort.

Nous vous avons ouvert notre cœur, Très-Saint Père, avec tout l'abandon que nous inspirent notre piété filiale envers Votre Sainteté, le sentiment de nos besoins, et l'amour de la vérité, à laquelle nous devions ce témoignage.

Il ne nous reste plus que d'adresser au Dieu tout-puissant des prières continuelles, afin qu'il vous communique cette sagesse qui préside à ses conseils suprêmes, et qui sait atteindre son but avec autant de force que de douceur. Daigne encore le Seigneur, Très -Saint Père, vous accorder de longues et paisibles années! Daigne le Dieu des miséricordes, qui a opéré pour nous tant de merveilles, vous dédommager ici-bas des épreuves auxquelles il a voulu mettre votre constance! Puisse-t-il vous donner enfin la consolation de voir cette antique et célèbre Eglise de France, engendrée en Jésus-Christ par le ministère de l'Eglise Romaine, et nourrie par elle du lait de la doctrine, ranimée sous votre pontificat par un nouveau soufïle de l'Esprit-Saint, resserrée de plus en plus dans les liens de l'unité catholique, et brillante d'une clarté semblable à celle qu'elle répandait dans ses plus beaux jours, lorsque, gouvernée par tant de saints et savants évêques, et protégée par ses rois très-glorieux et

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très-chrétiens, elle faisait la joie du Saint-Siège et l'ornement de l'Eglise universelle!

Prosternés aux pieds de Votre Sainteté, nous lui demandons très-instamment sa bénédiction apostolique.

De "Votre Sainteté, Très-Saint Père, les très-humbles, très-obéissants et trèsdévoués fils et serviteurs.

Suivent les signatures dans l'ordre suivant: Cardinaux : MM. de Talleyrand, delà Luzerne et de Bausset.

Archevêques: MM. de Bernis, ancien archevêque d'AIbi;

— du Chilleau. archevêque de Tours; — de Pressigny, de Besançon; — de La Fare, de Sens; — de Bovet, de Toulouse ; — de Coucy, de Reims; — de Beaulieu, d'Arles; — de Boulogne, de Vienne.

Etêques sacres: M3I.de Bonnac, ancien évêque d'Agen;

— de Clermont-Tonnerre, ancien évêque de Châlonssur-Marne; — Bourlier, évêque d'Evreux; — Mannay, ancien évêque de Trêves, nommé à Auxerre; — Jauffret, de Metz; — Salamon, évêque d'Orthosie , nommé à Belley; — de Latil, évêque de Chartres; — de Quélen, évêque de Samosale.

Archevêques élus : M. de la Tour, pour Bourges.

Etêques élus : MM. de Chabons, pourlePuy;— de Bombelles, pour Amiens;— de Pins, pour Béziers; — de La Châtie, pour Beauvais; — de Boisville , pour Blois;

— du Châtellier, pour Laon; — d'Andigné, pour Nantes;

— de Fonlenay, pour Nevers ; — d'Astros , pour Orange ;

— de Lostanges, pour Périgueux,-— de Bouille, pour Poitiers; — de La Lande, pour Rodez; — de Vichy, pour Soissons;— deMontblanc, pour Saint-Diez; — de LaMyre, pour Troyes; — de Villèlc, pour Verdun ;— Dubois, pour

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