PIE VIII, PAPE
A noire vénérable frère Hyacinthe-Louis, archevêque de Paris, à Paris.
Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique.
Nous avons reçu votre lettre pleine de déférence, et en même temps plusieurs autres de divers évéques de France; et toutes ces lettres ont affecté notre cœur de plus d'un sentiment. En effet, la douleur cruelle dont nous étions déjà saisi à cause des dernières calamités de ce royaume, des angoisses de nos vénérables frères, et de vos malheurs particuliers, s'est augmentée par le récit trop souvent répété de choses de ce genre. Mais en même temps c'est un grand soulagement à notre chagrin que cet admirable zèle pour sauver la religion et garder la discipline, dont nous avons bien vu que tout le clergé français est animé, et que cette sage résolution par laquelle, vous et plusieurs autres évéques, vous vous êtes empressés d'en référer au saint siège, suivant Failli' PARTIE. /'
XVilj PIÈCES JUSTIFICATIVES (B).
tique usage, sur quelques doutes graves qui se sont élevés, et de demander son avis. Ce n'est pas non plus un faible sujet de joie, que la confirmation donnée par quelques-unes de ces lettres à ce fait, que notre très cher fils en Jésus-Christ, le nouveau roi Louis- Philippe, est animé des meilleurs sentiments p jur les évoques et tout le reste du clergé, et qu'il met tous ses soins à maintenir la tranquillité. Mais déjà, dans notre réponse à la lettre que ce souverain nous a écrite lui-même, nous lui avons bien certainement recommandé de protéger de toutes les forces de son àme la religion catholique et ses saints ministres. Tel sera aussi, auprès de Sa Majesté, l'objet des soins de notre vénérable frère Louis, archevêque de Béryte, que nous avons confirmé dans les fonctions de nonce du saint-siége apostolique et du nôtre auprès du nouveau roi.
Mais pour ce qui concerne les doutes dont il a été parlé, quelques évêques nous ayant adressé plusieurs questions, presque tous se sont trouvés d'accorl principalement pour nous consulter, tant sur le serment de fidélité que sur les prières à faire dans l'Église pour le nouveau roi. On nous demandait donc, quant au premier point, s'il est permis de prêter au roi des Français le serment de fidélité ainsi conçu : Je jure fidélité au roi des Français, obéissance d (a Charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette formule de serment est loin d'être nouvelle en France. Vous vous souvenez bien, vénérable frère, que dès le temps où Louis XVIII commença de régner, il se trouva des personnes qui refusaient de l'employer d'une manière indéfinie , telle qu'on vient de l'exprimer; et Pie VII, notre prédécesseur de glorieuse mémoire, ne le tint pour licite qu'après que le même roi Louis XVIII eut expliqué cette formule de manière à ôter tout soupçon d'un sens q ii ne serait pas orthodoxe.