‹ Vie de mgr de Quélen, archevêque de ParisChapitre 49 sur 61 · PIÈCES JUSTIFICATIVES (C). XXJ · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES (C). XXJ

fatiguante et trop pénible ; discussion d'ailleurs plus d'une fois renouvelée , et toujours devenue inutile. C'est de la seule grâce de Dieu , et non de nos moyens et de nos efforts, que nous attendons une conversion qui, pour être tardive, n'en consolerait pas moins l'Église que vous avez si long-temps contristée, et qui vous préparerait par le repentir une place dans la société des saints. Je me transporte en esprit auprès de votre lit de mort; je vous conjure à genoux , les mains jointes et les larmes aux yeux , d'avoir pitié de votre âme en rentrant dans le sein de l'unité catholique, hors de laquelle vous ne pouvez espérer la couronne immortelle.

Les âmes les plus ferventes de mon diocèse sont en ce moment en prières , et ne cesseront de fatiguer le ciel jusqu'à votre dernier soupir, afin d'obtenir pour vous cette grande miséricorde. Non, quelle que soit la fausse sécurité dans laquelle vous semblez demeurer ! non, il n'est pas possible que vous puissiez vous persuader avoir seul raison contre le chef de l'Église et l'épiscopat tout entier; la modestie tonte seule devrait vous en faire douter; l'humilité, sans laquelle nul n'entrera dans le royaume des deux, achèvera de vous convaincre. Priez donc avec nous, en toute humilité, mon cher frère, et vous verrez se dissiper les nuages qui jusqu'à cette dernière heure vous dérobent la vérité.

Quel que soit, au reste, le sort de cette lettre, croyez qu'elle n'est dictée par aucune considération humaine , par aucun motif de crainte ou d'amour propre ; non pas même uniquement par le motif, si louable d'ailleurs, de prévenir un scandale dont les suites seraient aussi peu honorables pour votre mémoire qu'elles seraient affligeantes pour la religion ; mais elle est dictée par le sentiment qui convient à un pasteur disposé à donner sa vie pour chacune des âmes confiées à sa garde , à sa vi-

XXÎj PIÈCES JUSTIFICATIVES (C).

gilancc et à sa sollicitude. Cette seule parole aussi vous dit as^ez, mon très cher frère, tout ce que vous pouvez attendre de mon cœur, tout ce que vous avez droit d'exiger de moi , en échange de la consolation que j'ai la confiance de réclamer de vous, qu'il ne tient qu'à vous de me procurer , en même temps qu'elle vous assurera devant Jésus-Christ un jugement favorable.

Signé HYACINTHE , archevêque de Paris.

P. S. Je charge le vénérable curé de l'Abbayc-aux- Bois de vous remettre cette lettre.

D. (Page 87. )

Page 1