‹ Vie de mgr de Quélen, archevêque de ParisChapitre 50 sur 61 · REPONSE DE M. CREGOIBE A M. L ARCHEVEQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

REPONSE DE M. CREGOIBE A M. L ARCHEVEQUE DE PARIS

Paris , le 5 mai i83i.

Monsieur l'archevêque, me tendre la main quand vous me croyez sur le penchant de l'éternel abîme est un acte de charité qui mérite toute ma reconnaissance. Depuis la mort de Messieurs de Belloy , Maury et Emery, je n'étais plus habitué à recevoir de communications directes de l'archevêché de Paris.

Je regrette vivement que la nature des conditions dont le respectable curé de TAbbaye-aux-Bois était chargé de me faire la proposition , ait rendu stérile une démarche que je m'étais empressé de solliciter , et m'ait privé de la consolation de recevoir, par les soins du clergé de ma paroisse, les secours de la religion. Ce refus ayant tous les caractères d'une persécution, j'ai reçu d'une autre main le saint viatique, et j'ai l'heureuse certitude qu'en cas de besoin je recevrai aussi l'extrème-onction.

Je vois, monsieur l'archevêque , qu'il est impossible de nous entendre sur ces prétendues erreurs condamnées par l'Eglise , et que vous me reprochez de soutenir avec une désolante assurance; comme vous, je suis convaincu «pie , dans le sein de l'Église catholique, aposto-

XXÎV PIÈCES JUSTIFICATIVES (D).

lique et romaine exclusivement, se trouvent les moyens d'obtenir cette couronne immortelle , objet de tous mes vœux, et que, dans votre pieuse sollicitude, vous craignez de voir m'échapper. Je sais qu'à l'Église catholique seule a été promise cette assistance de l'Esprit Saint qui ne permet pas qu'elle s'égare au milieu des écueils dont elle est entourée ; aussi, toutes les vérités qu'elle enseigne me sont-elles également chères, et n'en est-il aucune que je ne fusse prêt à sceller de mon sang. Du reste, ma vie tout entière et mes ouvrages déposent assez de l'intégrité de ma foi, pour que je me croie dispensé de proclamer de nouveau, au lit de douleur , par souscription au Credo , souscription qu'on n'exige pas même des simples fidèles , les vérités d'une religion dans laquelle j'ai eu le bonheur de naître, que je n'ai cessé un seul instant de professer et de défendre au milieu des circonstances les plus périlleuses , et où j'ai la ferme conviction que Dieu me fera la grâce de mourir.

Vous me parlez du chef de l'Église et de l'épiscopat tout entier, qui auraient condamné le serment à la constitution civile du clergé. Si le chef de l'Église et l'épiscopat tout entier eussent porté un pareil jugement , mon devoir serait de me soumettre et de me repentir; mais, outre que l'Eglise universelle n'a point statué sur cette matière, et qu'au contraire Pie VII a voulu, par son bref de juillet 1796, mettre fin à des discussions plus politiques que religieuses , mon caractère épiscopal et mon orthodoxie ont été constamment reconnus par un grand nombre d'évêques les plus savants comme les plus pieux de la catholicité, qui, pour la plupart, m'ont prévenu d'égards, et dont la conformité de principes avec les miens est attestée par des pièces qui sont en ma possession. Vos propres archives, M. l'archevêque, peuvent vous apprendre que le vénérable cardinal de Belloy , l'un

Page 1