‹ Vie de mgr de Quélen, archevêque de ParisChapitre 53 sur 61 · M. BARADERE A MONSEIGNEUR L ARCHEVÊQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

M. BARADERE A MONSEIGNEUR L ARCHEVÊQUE DE PARIS

Monseigneur, on m'a fait parvenir de votre part une note, avec invitation d'en donner lecture à M. l'ancien évêque de Blois. Je me suis à l'instant acquitté de ce devoir; mais je ne dois pas vous cacher que cette communication n'a rien changé à sa croyance, à sa doctrine. Il a remarqué :

Que M. l'archevêque mettait en principe ce qui est en question ; qu'il aurait dû d'abord indiquer les dogmes attaqués ou altérés, et préciser les erreurs condamnées par l'Église universelle, véritable -point de la question qu'on n'a pas abordée, probablement pour ne pas se trouver en opposition avec Barruel et Emery , qui affirment, le premier, page 52 de son suppl. , t que les prêt très constitutionnels ne sont point coupables ; qu'ils « sont constamment demeurés attachés à la religion ca- « tholique, apostolique et romaine; » le second, « que « la Providence n'a pas permis que l'Église constitution- « nelle ait rien changé à la doctrine de l'iiglise; »

Qu'il n'a jamais prétendu que la conviction et la bonne foi pussent dispenser un catholique de se soumettre à l'instant aux jugements de l'Église universelle; que cette doctrine est consignée dans ses ouvrages et gravée dans sou cœur ;

PIÈCES JUSTIFICATIVES (F). XXXiij

Qu'il est également éloigné de disputer sur une ou plusieurs formules. Sa profession de foi est dans tous les actes de sa vie et dans ses écrits; il n'en doit pas d'autre.

S'il a fait appeler le curé de sa paroisse, c'est par devoir, et non pour sauver des apparences; la franchise dont il a donné des preuves toute sa vie devait lui épargner un pareil soupçon. M. Grégoire prie M. de Quélen de croire qu'au terme d'une carrière de quatre-vingts ans, dont les trois quarts ont été employés à défendre la religion , il ne saurait jouer l'éternité pour un vain sentiment d'amour propre, au moment même où tout pour lui se démolit et disparaît.

Pour ce qui me concerne dans ces négociations, que M. l'archevêque croit devoir appeler xin tour d'adresse , il me permettra de lui faire observer que je n'ai voulu qu'éviter un scandale, rendre hommage à la discipline, et procurer à M. l'ancien évêque de Blois la consolation de recevoir le baiser de paix de son premier pasteur, et ces paroles de réconciliation dont on a cru devoir le priver.

Je dois ajouter que M. Grégoire a reçu tous les sacrements spirituels qu'on s'est obstiné à lui refuser. On a pensé que le salut du malade était le premier intérêt à consulter. « Si la discipline peut en souffrir , la cha- « rite , dit saint Augustin , devient alors la suprême loi. « Quand le prêtre s'éloigne, le simple lévite , le samari- « lain lui-même , doivent venir au secours du malade « délaissé sur la route de Jéricho, et verser de l'huile « sur ses blessures. »

Daignez agréer , M. l'archevêque, l'hommage de mon respect et de ma profonde vénération.

Signe BaradÈre.

Ce 9 mai.

II' PARTIE. c

G. [Page 88.)

Page 1