‹ Vie de mgr de Quélen, archevêque de ParisChapitre 8 sur 61 · CONCORDAT DE · texte numérisé non relu

CONCORDAT DE

Notre cher fils , salut et bénédiction apostolique ,

On nous a remis votre lettre par laquelle vous nous envoyez une copie des amendements qu'a subis, dans la commission de la Chambre des députés dont vous êtes membre, la loi que nous avons appris avec douleur avoir été proposée, au nom de Sa Majesté, sur la convention passée entre le roi Très-Chrétien et nous, loi dont l'examen a été confié à ladite commission. Nous avons, notre cher fils, admiré votre zèle pour la religion catholique , vos soins empressés pour la conserver et la défendre, votre respett enfin et votre dévouement pour le siège apostolique. Bénissant donc le Père des lumières , qtii vous a muni et fortifié par ces grands sentiments de piété, nous nous hâtons de vous affermir encore par cette voix de la vérité que vous reconnaissez avoir été donnée à notre faiblesse par une tradition divine, et que vous réclamez avec tant de confiance, pour que, dans la discussion épineuse dont vous êtes chargé, elle soit un fiktm-

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beau qui éclaire vos pas , et les retienne dans les sentiers de la droiture et de la justice. Mais si tous ces motifs nous ont causé une joie sensible, nous avons éprouvé une vive douleur en voyant les changements que vous nous mandez avoir été introduits par la susdite loi. Sans doute avec votre caractère si avide de la vérité, vous ne pouvez point ne pas reconnaître qu'il est tout à-fait déplacé que des décisions, données sur des matières religieuses par le siège apostolique, après s'être concerté avec le roi Très- Chrétien, soient ensuite soumises à la délibération d'un conseil de laïques, quelque illustre qu'il puisse être. Si, en outre, vous examinez tant soit peu les corrections proposées vous verrez sans peine que les articles répréhcnsibles de cette loi, ou n'ont pas été corrigés comme ils devaient l'être, ou ont été étendus d'une manière plus fâcheuse encore, ou qu'enfin ils restent tels qu'ils étaient; de sorte qu'il est évident que cette loi, amendée comme vous nous le faites connaître , est contraire à notre concordat et à quelques-uns des droits les plus sacrés de l'Eglise. Que si quelques-unes des dispositions qui y sont énoncées se sont , de temps à autres, glissées par abus, chacun voit, sans un long examen, qu'il y a certains maux qu'on tolère quelquefois par nécessité pour en prévenir de plus grands, mais qu'ils ne sont pas approuvés pour cela. Nous avons cependant l'espoir, par la connaissance que nous avons de la religion duroiTrès-Chrétieu , déjà excitée par nos avertissements paternels, qu'il apportera le remède convenable à un si grand mal, afin que la convention conclue d'après ses propres vœux, heureusement sanctionnée, et bien plus, mise déjà à exécution de notre part dans tout ce qui peut dépendre de nous, soit religieusement observée, et la loi entièrement retirée. Du reste, nous attendons de votre piété, de votre prudence, de votre zèle pour le bien de la religion, que re-

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