‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 11 sur 67 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

rateur plein de zèle que lui donnait M. Nagot pour assurer le succès de son œurre naissante. L'abbé de Simony avait tout ce qu'il fallait pour réussir auprès des enfants : une douceur inaltérable , des manières aimables et engageantes , une égalité d'humeur qui ne se laissait jamais surprendre par la moindre impatience; et cependant un ton ferme quand il le fallait, un talent particulier pour se faire obéir .sans réplique» et en même temps pour gagner TaiTection des enfants , lors même qu'il les reprenait ou les punissait de leurs défauts. C'est qu'en effet il les aimait lui-même tendrement, et qu'il ressentait pour eux, au dire de ceux qui l'ont connu ^ toutes les émotions » tous les empressements , toutes les inquiétudes de l'amour maternel. Aussi» en retour, les enfants aimaient M. de Simony Comme on aime une mère. Ils auraient voulu toujours être avec lui , ils en faisaient leur conseiller de tous les instants , leur confident et leur consolateur dans toutes leurs petites peines. Quelques-uns de ces enfants appartenant à des (•milles très«distinguées , se rappellent encore avec délices , dans un âge avancé , leurs pretnières années passées sous la douce influence des leçons d'un maître pour lequel ils ont conservé la plus tendre affection.

Malheureusement un établissement aussi utile dura peu; depuis l'ouverture do l'Assemblée lé<»

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gislative, la persécution déchrrie devenait de joar en jour plus imminente pour le dergé demeuré fidèlei A celte époque «'Comme on sait» les biens du clergé avaient été envahis » la Constitution civile décrétée! le serment prescrit à tous les prêtres en place , sous peine de destitution ; bientôt des décrets atroces vinrent frapper de la déportation tous les ecclésiastiques dont la conscience répugnait au serment. La royauté ayant f succombé de fait dans la nuit du loaoAt i79t, ' rien ne s'opposa plus à la promulgation de ' ces lois cruelles 9 rendues contre les fidèles ministres de l'Eglise. L'exécution en fut confiée ^ aux jacobins^ qui se livrèrent aux recherches les r plus actives , aux visites domiciliaires les plu» ^ sévères pour découvrir les prêtres non assermentés, qu'ils entassaient par centaines dans les cachots ou dans des couvents transformés eB prisons.

L'institution de M. Dubourg ne pouvait échapper au zèle soupçonneux de ces furieux démago* gués. La maison fut livrée au pillage , les élèves en furent expulsés violemment et les professeurs maltraités et poursuivis. Peu s'en fallut que ces derniers n'allassent rejoindre avec M. Dubourg, les supérieurs et les directeurs de presque toutes les communautés ecclésiastique^ de Paris» qu'on traînait dans les prisons à chaque heure du jour et de la nuit. M. Dubourg et l'abbé de

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