‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 13 sur 67 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'abbé de smONT EST APPELÉ A SEBTIB DABS LES ABBiEJ BiPUBUCAIHEJ. — BSTIXE BT APPECTIOlf QUE SES CHEPS ET SES COMPA6HOHS D*ABHE8 OHT POUB LUI. *- SA PIDÉLITà A BEBPLIB SES DETOIBS mELIQIEVX. -^ MALHEUBS DE SA PABILLB APBÉS LE •lÉQB ET LA PBISE DE TOULON. — - LETTBE A SA SOBUB, SUE LA MOBT DE SON JEUNE PB^BE» ET l'ÉBIGBATION POBCiE DE SON Pl(BB. — IL LA BASSUBB SUE LE PEÉTENDU CHANQEVENT DB SES

PBBBIBBS SENTMENTS. VISITE QUE SA SCBVB

LUI PAIT A BBLLEQABDE. — - NOUTELLB LETTBB AU SUJET DE SES OPINIONS. — IL LUI PAIT PABT DE SES ESP&RANCBS POUB l' AVENIR.

Jj'ABBi de SioiODy ne |ouU pas longtemps de Fasile qoi loi était si généreusemeDt offert , et il fut bientôt lai-même soumis à de pénibles épreuves. Au commencement de Tannée 1793^ les échecs que les armées de la République venaient d'essuyer en Hdiande et en Belgique , et l'insurrection de la Vendée^ firent décréter la levée en masse de tous les jeunes gens» et bientit des habitants de tous les districts voisins de la

38 TIB DE KOlIftlIftlfBVft ft£ SIKOIIY;

Vendée , depuis Tige de qumse ans jusqu'à ciflquanle. L*abbé de SimoDj fut coniraint » à aon grand regret , de faire partie de Tarmée républicaine destinée à comprimer le mouvement de b Vendée. Fils d'un militaire » t oué toute sa vie è la défisnae de aon pays, ce n'étaient ni les fatigues ni les dangers de la guerre qu'il appréhendait. Il aYouait plus tard , au contraire ^ que ai sea pa« renta l'eussent laiasé libre, aea goftta Un auraient fait embrasser la carrière des armea. Aussi toujours il consenra pour cette profession une graiide estime. Bn toute occasion il témoignait une affection marquée à ceux qui U suiTaieni; il les accueillait avec empressement , et il referait les sentiments d'bonneur » de courage » do dévouement , de loyauté » de franchise , qui distinguent le soldat français et qui étaient bérédiiaires dans sa famille. Mais alors, quel honneur et quelle gloire les soldats français pouYaient>ils se promettre dans cette guerre exterminatrice faite aux malheureux Vendéens» c peuple natorellemeit porté à l'amonr de la paix » au sentiment de Tordre , au respect de la loi » pour qui la reKgiot était doTonue la plus forte et Tanique hakitode de la vie (i ) » • et qui ne se fut point rérolté contre les nonrelles institutions politiques , si on lui eot

tire.

lifté inlACU Si religiooj tes prêtres et se» iatèli.

N0Q8 iYons TU qa*il était dans la nature de M. oies de Stmony de produire dans tous ceux qui 9 Toyaient, un sentiment inyolontaire de res- •ect , de confiance ei d'attachement , glorieux rivilége d'une Tertu qui n'a jemais faObli, et l'une douceur inexprimable qu'on voyait peinte lans son regard et dans tous ses traits. Ce louble prestige de la yertu et de la bonté l'enrironna jusqu'au milieu des camps. Il n'était pas irrivé de quelques jours à l'urmée » qu'il avait su ;agner l'estime de tous ses chefs et* au témoi* ;nBge id'un de ses compagnons d'armes » leur in* pirer même une espèce de yénération. D'un :ommun accord , ils le dispensèrent de toutes lei tpreoves imposées aux faunes soldais» et loi* don* lèrent un emploi dans la comptabilité des arnées cil il devint bientôt quartier-matlre. Il bé* lit le ciel de lui avoir ainsi fait éviter ce qu'il regardait comme le plus grand des malheurs : combattre contre des frères et verser le sang français.

Ses fonctions le mettaient en rapport continuel ivec toute l'armée , et il les remplit dé manière i mériter bientôt la confiance et rajPfection d^ tous sans eiceptidn. Il reçut encore* il y a queljues années, del témoignages bien touchants de 3ette afiection. En 184a » au retour d'un voyage qu'il fit dans le midi« il s'arrêta quelques joues iux environs d'Orléans , dans cette même fa*

/«O TIB BB M0VSBI6IIBVB BB SIM05T.

mille où il BTail été reço eD tjgs- Le maire d'un Tillâge Ycisin , àgè de jS bds , qoi TaTsit connu h l'armée « el oe Tafait pas revu depuis , fit tout exprès quatre lieues pour atoir» disait-il, le bonheur d*embrafser son ancien quartier-maltre. Ce bon vieillard avait conser?é pour Mgr de Simony une affection si me , qu'il la lui témoigna , nous dit la personne qui nous transmet ce Irait , avec un enthousiasme qui n*est pas ordinaire aux gens de votre pays. On se fera du resle une idée de Tascendant que M. de Simony exerçait sur ses compagnons d'armes , et du respect qu'il commandait , quand on saura que dans un temps où Ton ne pouvait guère pratiquer sa religion sans s'exposer à être persécuté , et pendant une guerre où le mépris et la profanation de» choses saintes -étaient comme à l'ordre du jour, M. de Simony demandait h ses chefs et en obtenait la permission d'aller remplir ses devoirs religieux â la ville voisine.

Il eut bientôt besoin de toute la force qu*il puisait dans la religion pour supporter les malheurs qui venaient de fondre sur sa famille. A l'exemple des grandes villes du midi, Toulon avait protesté contrôle triomphe de la Montagne sur le parti delà Gironde » au 5i mai 1793. Les fédéralistes , maîtres de la ville , y avaient exercé de sanglantes réactions. Deux conventionnels furent envoyés avec l'appareil des supplices et un

décret qui mettait ia Yille de Touton hors la loi» et lÎYraii en masse sa popolaiion au glatf e. Réduite à cette extrémité» cette malheureuse ?ille prit le parti désespéré d*ou?rir son port aux alliés , défenseurs de Louis XVII et d'arborer le drapeau blanc. La ville fut reprise» en 1794 » par le$ troupes de la RépubUque » après un siège de •plusieurs mois » où le plus jeune des fils de M. de Simony fut tué. Les alliés , fort indifférents , il fiiut le dire, aux malheurs qu'ils attirtieiit sur la Tille et sur ses habitants» liTrèrent nos i flammes » en partant» l'arsenal , les magasina de mâture et les Yaisseanx désarmés dans l'intérieur du port. Les Toulonnais, de leur côté, atertis par le sort lamentable de la ville de Lyon dessuppUces que leur réservait ia Convention » se précipitèrent en masse pour émigrer sur les vaisseaux ennemis , et échapper ainsi à un massacre inévitable. La maison de Simony était en possession depuis plusieurs siècles «de sacrifier -sa fortune et son sang au bien de l'état. Pour .cette noble cause, l'aïeul de 11. Julea de Simony avait vendu la terre de Broutière , en Champagne , la der^nière qu'il possédait en France. M. de Simony et ses enfants , dépouillés de tous leurs biens, n'avaient plus à donner à la Franoe que leur vie, sacrifice alors inutile puisqulli ne pouvaient la perdre que sur l'échafaud , ou sous les mitraillades des proconsuls.

42 Tl£ DE MOXSraCIlBVBllB SIMOIfr.

Ce Terlueax père fut donc contraint , malgré son âge et ses infirmités, d'aller chercher at ec ses enfants un asile et du pain sur une terre étrangère. Ces tristes nouvelles déchirèrent le cœur si tendre de son fils » M. Jules de Simony. Il ne se peut rien de plus touchant que ce qu'H écrivit alors è sa sœur : c Ta lettre m*a percé te cœur y ma chère amie. La mort affreuse de ce pauvre Charles laisse pour toujours mon fime en ■proie aux regrets. Hélas I qui ne serait sensible à sa charmante douceur !••• -Combien j'ai de dott- 4eur de me le voir enlevé sans avoir pu lui faire le moindre hien ! Mais enfin notre père » notre respectable père , vit encore et je bénis la Provi^ dence. Cependant» à combien de chagrins sa vieillesse va«t-elle être en proie I il voit sa famille dispersée , et peut-être se voit-il lui-même privé du plus strict nécessaire. Pauvre papa I que ne puis-je lui consacrer les travaux de ma jeunesse et le nourrir de mes sueurs 1 Puisse le ciel Im* donner la force de supporter le malheur de sa •condition et exaucer les vœux que je lui adressa pour sa consolation I »

Dans cette même lettre , M. de Simony crut devoir rassurer sa sœur et son mari (i) contre la crainte où ils étaient que ses sentiments ne se fus-

(1) M«ii« Urmle. Victoire de SinoDT arait ëpouié le 2 iéwrirr 1789 , M. àndrë-Miric Romay de Villefi.

tHi^riTia Y. 43

sent modiGAs au contact journaUer de l'esprit réyoluiioonaire et des ipréveniioDS qu*il pouvait inspirer.

« Ne croîs paa, lui disait-il, que j'ai besoin auprès de tonmari» de faire Tapologie de mes sentiments. J'ai l'exemple des TerIfUs de mon père • puis- je aimer autre chose que la vertu ? Les opinions politiques peuvent varier; mais les principes de justice restant toujours. Quelque lieu que j'habite, sous quelque gouvernement que je vive^ j'aimerai toujours ma pairie, mes proches , et serai toujours prêt à donner ma vie pour le bonheur de tous. Au reste, j'abhorre tous les crimes, quelque soit le parti qui les commette , je hais partout Tambition , l'imposture , la mauvaise foi, l'injustice, et que te dirai-je? je l'ai vue partout; mais partout j'aime l'homme sensé , religieux , fidèle à son devoir, qui le remplit sans crainte et marche droit dans la carrière de la vertu. Tels sont les sentiments de Jules, tu le connais mal si tu penses qu'il tienne à aucun parti. Il veut le bien de tous et donnerait son sang pour le procurer. »

On aime à ?oir dans un jeune homme, dévoué par tradition de famille^ aux principes monarchiques^ cette indépendance d'esprit, cette généreuse indignation qui s'élevant au-dessus des .préjugés de parti réprouvent les excès sous quel* que drapeau qu'ils se commettent» surtout à Toc-

44 Vlli hE IlOnSElfiMBUR DB SIKOKT.

casioQ des guerres de la Vendée où s'eiercèreBl de. part cl d'autre» de sanglantes représaillea.

A la fin de décembre 1794» quelque temps après le départ de son père et de sa famille pour l'émigration, M. de Simony obtint un congé de quinze jours et partit immédiatement pour Bellegarde , oii M** GherYaux le pressait de se rendre au plus tôt. Une bien douce aurprise Ty attendait. A son arrifée , il trouva M** de Villers , «a sœur, qui » de la Suisse où elle avait émigré avec son mari » n'avait pas craint d'entreprendre ua voyage long et périlleux , avec sa petite famille , pour voir son frère bieo-aimé et pleurer «vec loi les malheurs qui venaient de les atteindre. Laissons-la nous retracer elle-même cette courte scène de bonheur au milieu de «ces temps de désolatioa.

ft ....J'-appris que mon frère chéri , mon dher Jules» avait obtenu un congé de quinse jours. Malgré tous les obstacles de ma position , les ri^ gueurs de la saison et les diiBcullés des temps, je ne pus me refuser au bonheur de revoir mon frère , peut-être pour la dernière fois.^ et je partis pour Bellegarde... Mon arrivée fut biea agréable» la 4M>nté et l'empressement de M** Ghervaux «et de aon Bis., qui avait tréixe ans » k bonheur 4e retrou^ver l'ami de toute ma vie me firent |iasser quelques-uns de ces jours que je ne coanaissais plus. Mais ce bon frèae repartit bien-

GHAVITmB T. 45

lot pour le camp de CoDCOurton (à cioq lieues de Saumur). 11 me recommanda beaucoup la cou- Sauce en Celui qui gouverne tout pour sa gloire, ne dît que dous devions Tatoir en vue en tout, e désirer par-dessus tout» et que connaissant sa luissance et sa bonté, il ne fallait craindre que ui. Ses bons avis , sa tendresse pour mes petites filles et pour moi» me remontèrent beaucoup , et après son départ je restai afiligée» mais soumise. » M. de Simony avait eu besoin de toute sa logique pour persuader sa sœur qu'en servant forcéorient , mais fidèlement la République dans 'emploi qui lui était confié, il n'était nullement obligé d'approuver les principes ei surtout les excès du Gouvernement qui pesait alors sur la France. Quelque temps après son retour à l'ar* mée » elle lui renouvelait ses craintes à ce sujet. Au lieu d'une apologie en forme, il lui répondit par cette leltre familière , enjouée et entremêlée d'innocentes railleries : a M*"* Urstile mérite d'être grondée bien fort pour sa petite tête mal montée et pour son attachement è des préventions mal fondées. Mais bien que je sois fort tenté de me fâcher contre elle, elle a une façon de gronder si honnête que j'ai beau m'exciter à lui en "vouloir, je ne puis. Comment » petite opiniâtre , lorsque je t'assure que je ne suis pas autre quant à la façon de penser, que ce que tu m'as toujours connu; que si tu en as jugé autrement,

46 VIE DB MOHftEMIIBVft M ftlMONY.

ce D'est qa*eii eaisntaiit mal eerUmes opiiiioDs qoi n'appartiennent point dn tout au fond de h question , et qui pourraient fort Wen être raison* nables , tu ne cesses de me harceler, et tout en parlant de paix , tu ressuscites la guerre ; va , lu es heureuse que je ne sois pas près de toi pour te punir de ton acharnement. Je t'attaquerais ayec tant et de si fortes raisons que tu rougirais de m'avoir si longtemps contrarié , et peut-être faudrail-il encore que je me misse en frais pour t'empécher de te désespérer à force de regrets. Allons , petite femme » coudre et filer» c'est ^ quoi doivent se borner yos occupations. Cependant ce n'est pas ta faute si lu as de l'esprit et encore plus de raison, ce serait grand dommage qu'il ne te f&t pas permis de t'en serrir, et puis j'y perdrais aussi de mon côté ; ainsi » toute réflexion faite, je veux bien encore que tu te mêles de raisonner, la République n'y perdra guère et j'y gagnerai beaucoup, pourvu qu'il me soit permis de ne pas me rendre toujours tant que j'au rai ou que je croirai avoir la raison de mon côté. •

Un petit trait qui se trouve à la fin de cette lettre montre que si M. de Simooy savait mériter les distinctions et les récompenses, il se consolait facilement de les voir obtenir par d'autres. Il était question pour lui d'un nouveau grade, et %e% chefs le lui avaient promis. Cependant la place

CaàPlTES T. 4/

vacante foi donnée h un aolre. M. de Simonf apprenant cette acavelleà sa 8<Bar» raccompagne de celle teiile réflexion qui peint toute la noblesse de son àtne : i Je suit bien aise» puisqu'il y a?ait quelqu'un qui pûl aspirer à cette place, de no ravoir pas à son détriment. »

Cependant la guerre civile touchait à sa fin dans la Vendée (Février 1795); les hostilités commençaient h se ralentir et Ton écoutait de part et d'autre des propositions de paix. M. de Simony conçut l'espérance d'obtenir prochainement son congé » et il écrivait à sa sœur» ces lignes que la plus pure amitié semble avoir dictées, c Je touche , ma chère amie , au moment d'être libre enfin. J'irai auprès de nos bons amis. Je m'emploierai è former do mieux qu'il me sera possible le cœur qui m'est confié, puissé-je l'atta* cher immuablement à la verto I Si nos espérances De sont pas vaines, un jour viendra où nous nous réunirons k toi , bonne Ursulette , à ton cher et estimable époux. C'est alors seulement que je pourrai compter quelques îours de bonheur. Il n'est pour moi que dans l'amitié , et je suis assez heureux pour avoir placé la mienne dans ce qu'il y a de plus estimable au monde , car )e ne crois pas qu'il puisse y avoir un cœur au-dessus du tien , ma chère amie. Dieu a répandu ses plus précieuses faveurs sur ta personne, il t'a ravi celles de la fortune, tu n'es pas assex injuste

48 TII PB MOMKIGIIKDK DKSIKOnT.

pour le plaindre de l« part qu'il te laîl. J'etpère eo fin qu'il joiodra lei udu «ui autre», et qu'il tempérera par des donceun la eoupe atnère dant | laquelle il te &it boire. Puiaié-je y contribuer j pour quelque choie I Toa bonheur, celui du cber André, de ta charmante famille, lera toujourt le i mien. Je ne pourrai jtmait être heureux lî toiu , ne r^tei toui. > ,

CQAPITfiS Yf.

CVA^IA OB L'éDUCATIOlf ^f mPt ?IM.r^ 99*^^ 9UI LB 9iT£BVIllB|^T. — FIBTt» mTV P« ip. BT DB M^ DB $l|LLf • — gABACT|||B M ^BOffB 1fAXI¥lUB9. — MORT DP R^IIB BB If. BB ill|01fY. <^— LBTTBB A SA ftÇBIIB A CB iO^BT. t— %f TTBf tl^B LA itfKIBATlOB BT L'AfAJfpÇN 4 I4 fBOTpBBCB.

tt» BB SffOBT obliot i|n congé protîsoir^ à a fia de l*«ooée 1795 , f^rt le lempt ob la cooreniion fit place nu directoire* || r^fipt II Qelle- ;arde • et reprit dâiii li^ même Camille let u^^ lestes fonctions de précepteur , (|u*fl ^iai% «coupées par amitié et par reconnaissanee. Cp fat alors |ue M. et M** de 8ii)ly, peodAPt le séjour i^*i)s Basaient au çbéleaii de Sull j |[fB^tinais) » t^^^^ lireot parler avec éloge du i)9ér^l|9 disliifg^é, de la rare vertu de B|. de Sin^pnif » et diy talienl pf r- ;iculier qu*il avait de rjepdfre fffTfs^^ef aox enbots \p$ preipii&res leçpi^ ^ I9 Verlu ^et ^e la science*. 1^ enrcnt occasion ài^ }t imr; sa ^ure

5o Tl£ DE M09SXIGKBUB DE SIMOET.

ncblo Cl calme, soo regard intelligent et bon , avaient à la fois quelque chose d'imposant et de doux qui pr<!venait en sa faveur. Sa conversation pleine d^'nlérôt» de réserve et d*à-propos ache« voit ce que son exiérieur seul avait comoiencé. M. et M** do Sully n'eurent pas de plus vif désir que do voir leur fils unique» alors âgé de dix ans, sous la direction d'un précepteur qui réunissait tant d'excellentes qualités. Pour prévenir toolc difficulté, M«« do Sully fit à M"» Chervaux la proposition do prendre chez elle lo jeune élève de M. de Simoiiy, afin do procurer à son propre fils dont le tempérament délicat exigeait encore les soins maternels , le bonheur d'une éducation seniblnble. M. de Simony n'accepta cette nouvelle charge qu'après de mûres réflexions. Ea temps ordinaire , il n'eut point suivi cette voie, et ses parents d'ailleurs s'y seraient opposés. Mais les troubles qui continuaient d*agiler la France et l'empêchaient de reprendre ses premiers desseins , la dispersion et les malheurs de sa famille, Tcspoir de lui être utile, enfin la pensée que ce nouvel emploi était encore pour lui l'œuvre de Dieu continuée par des moyens différents , lui firent donner son consentement. Il ne crut pas au* dessous de lui et de sa naissance de se dévouer tout entier h faire de Punique héritier d'une illustre maison un homme rtrlueux , on bon chrétien , et de le préparer k ser-

CrnàVlTEB TI. 5l

r ulUemeDi sa patrie dans les baoies fondions ii^il pouvait être appelé un jour à remplir.

La réputation de vertu et de piété qui était ïquise depuis longtemps h la maison de Sully, it on nouveau motif» et comme un attrait»

li porta H* de Simony vers cette famille dont

allait bientôt devenir le conseil et Tami.' n verra ici» avec plaisir» le témoignage qu'il ind lui-môme aux vertus de M. et M"*' de SuJlr. ous avons extrait ce qui suit de notices que M« ) Simony a composées, après leur mort , sur s différents membres de cette famille :

« H. de Sully n'a pas été mêlé aux grandes raires de son temps » il n'a exercé aucune large importante » $eê jours se sont passés dans obscurité d'une vie privée, mais cette vie» bien le modeste et cachée » n'en a pas moins été une lite continuelle d'actions grandes et généreuses, é dans une condition et dans une fortune où op souvent on aime h se persuader que la venté tient lieu de justice , et le caprice de loi » ne se souvint de son rang que pour s'en repré* nier les devoirs. D'une indépendance complète ) tout ce qui n'est que coutume et préjugé » il 'ofessait une soumission absolue pour tout ce le lui dictaient les lois de la religion et les lu« lières de la raison. Simple dans son extérieur» lus simple encore dans ses mœurs » d'un commerce facile , il charmait par sa douceur tous

s t ▼» M HOytllMBim M tlMORT.

cdot qA l'ibM^fooC ^ t^onftHiiC coiMUtBIwroi Iui-iiiéiDb(NMir «e prétor knt fottmaooiHi 4éi«f iniii • miiè ne $6 liftiit «at lidiiittilBi ^«^d plt>pmti^n de lew Tôrtu» L*égàlHA d^humeûr êl U lAréiiilé d^mô ^ii*on remarquait cd loi , dliieni le firoH de tietohret coDiinuellès sur un nttirst impalfeot ei colère. Sa grandeur d*laae lé reih dil conitnnimenl iofentible aon perte» qnV éprooVa dana ta fortnne , et loi fit sopporter aani éttotHMi, le» métotisa riolentea foi dàtta oea temps de délire tendaient h loi en rarfr lea dé« bris. Sa foi vif e et forte • reposait sor nw isanviction raisoDoèe • sur one periOMibn ai Intime fie la ▼érité qoMI ne pouvait imaginer qne dea hommes raisonnables passent se refuser à tant de lomièrof . Poor résumer dana une seule wieUi tontes celles ^n*'û a pra'tiquées -, ii fenetlaiii «ne ir grande réserre dàna toua «es discours que îamais il ne laissa échapper une parole hidiscrètè , nH jugement précuite « un seul mot qui pt(t flure tort un prochain. Si noua étudions biefa» confinne M. de Simony, le penchant malheureux qui nouk porte sans cesse è nous éiefer sur les mines d*auinii , et qui noua frit trouver dans les Aialtei^ des autrea un aliment k notre gaieté et ^ la «Mbfaction de noire amomspftffire , nous rerroM que ce dernier trait auiBt peut « être seul è aô»

Dieu arait donné è M. de StiNy une époiwa

H%!aà de \ui dans M*^ AlexaodriQe-Horieose l'Bspinay Sl-Luc , duchesse de Sully, t JamaU lersoiioe, dit encore M. de Simony, ne rèuoii

un plus haul degré la jusiesac du sens, la forro e i*esprit^ Ténergie du caractère, à la boulé .

raflTabilîté » h la complaisance et h la délica dsse des soins propres à son sexe. Toutes kss ertus élaient marquées de ce caractère de graneur qui lui était naturel , et animées de i'esprii e foi qui dirigeait toute sa conduite. Sa gênéosilé ne connaissait point de bornes. Jamais il le se présenta une occasion de faire le bien libelle ne Tait saisie avec empressement. Aussi . lien qu'elle ait caché avec soin ses bonnes œures, ses bonnes œuvres elles-mêmes Tout trahie, «a vie simple et retirée qu'elle mena » surtout iepuis la mort de M. de Sully , Tordre qu'elK? vait mis dans ses affaires, et les privatiou» [u'elle s'imposait, lui permirent de satisfaire B généreux penchant qui la perlait à faire du ien, et d'employer presque toute sa fortune

soulager la misère des pauvres. »

Il ne restait plus h M. cl M"^ de Sally, de trois ofants qu'ils avaient eus , qu'un fils âgé de dix ns. C'était l'unique espérance de leur maison , i toutefois ils songeaient bien plus h lui assurer héritage de leurs vertus que celui de leur nom l de leur fortune. M. de Simony s'inspira do «tie pensée toute chréticaao et reçut do leurs

■*<1irni^w^i^i*JHBa

mftiifl 00 prteieiix èipAl , HvèoièMiHtinoèi 4^ rofpeol roligieox. floft loAffol, ion tp|»licillMi fiireDi d'abord, ootmne 41 douy Tapprond W»

mémo , de conniittro A Ibfid èi do tuWro è di»|«o momcDl les ioaincU èl les moindrot momè* moDls de 00 jeune ^ftnr qii^tl doriil fennfor I la vertu. M. de Sioiony était doué pour cefa d*«M pei'spicacité » d'uD'diicemémoiil addiirablof » ifai avaient sani doute leur principe d^n» leèi dont que Dio« lui avait départis , et dans «loo olMOr» vation constsmie et judioiedso des hommes » liiais aussi dans les latiiîèfOS'i(iiO donne la ipiélé let dans le privilège que semblent avoir les âm«s p«m de pénétrer plus facilement 4e secret des cmon. Jamais homme ne sedéfià davantage do'sOfr'proprè jugement et do ses appréciations • ^ copondaot personne no jugeait et n'appréciait les'hommes 4'une manière plus juste M phfs ceKaioo.

La tficbe qui venait de lui être coofiëe n'était pas sans difficulté, t le jeune Masimilteo de Sully , nous dit M. de £imony , avait "apporté en naissant l'instinct de toutes te vorlus t 'ma» en môme^emps un caractère vif et tnipétueuv^ qui le portail avec viplence vers tout^ qu'il déi>h^« annonçait que Page dés passions ierall pour lui une véritable tempête. JiourOtfsetiteiyt une fime droite , un jugement sain • tin tact 'précoco potir "distinguer le bien du mat, UM frahdifso « uoe Jkonté de cœur loutc p8rtîèuU6r&, ft pltjf tjire

tomt^te^ V«k«mpte« hiTigiUiioe «i Im ^rt«rM ae tét Tèrtuen pimiilë eonlrebalméhréui «i fintireol par taliiorè èntièremem rimp6tiMiiii6 éà êiBê penchants. -> AI* de Siflaoaj t'eÂcé oèinplètémeoi iui<*mêine ea racootaol celle vioteira à laqoelle cependant iieot la plos grande 'part;anM sa modestie ne pooTait cominander le silence à un père» k une mère qui aimaient & reconnaîtra en tonte occasion» l'heureux changement dont ils lui étaient rederarfcles. « Je ne mVitendràipat» écrivait M"* de Sully h M** de Villers., attor da M. de Siroony » sur tout le bien que j*ai et fpe yaime b dire de Haiimilien. Vous saveii è ^nt » après Dieu » nens le devons ; ce bieufiiit de la Providence est rdbjet de mes aclions de grêces de tous les instants. «

M. de Simonyélail b peine de quelques 'mois dans la maison de Sully , entouré de toute la considération due à sa vertu » honoré de raflec • lion et de la confiance de M. et do M** de Sully* tendrement aimé de sonjeune élève, qu*tl éprouva \a peine la plus déchirante pour le cœur d*un iils.» et surtout pour un cœur aus»iieodre » ausst aimant» aussi sensible que le sien. Il apprit de sa sœur que M. de Simony» son père » venait de succomber aux infirmités de la vieiliesse-et ans douleurs de l'exil , et qu'il élaît mort 11 Cortha- S^ne • en Espagne , sans avoir eu lu cônso/ation de bénir SCS enfants, cl dVi^péierqu'ifiiriçadraîeot

56 VIE D£ MONS«lfiSfft«K/l>A SIMOIIY.

pleurer el prier sur «a tombe. H« de Simony eut bcfoio de tout lo courage que donne la foi pour supporter avec résignation un coup aussi douloureux. Il se jeta aux pieds de son crucifix pour faire à Dieu ce nouveau sacrifice « puis il écrivit à sa sœur la lettre suiv^inte» monument touchant de sa tendresse filiale et des vertus de celui dont il déplore la perte.

.c Ma chère amie, nous avons perdu le meilleur» le plus tendre des pères ; que te dirai*je de plus? Mon cœur est oppressé de douleur, il se décharge dans le tien; i*ai donné les premiers moments aux larmes , tous ceux qui les suivront seront consacrés à la douleur. tendre amiei je ne baiserai plus ses mains chéries» je ne pourrai plus jouir de Texemple de ses verlus ; hélas ! il m*u.élé ravi sans que j'aie pu lui prouver toute l'étendue de ma tendresse, el jusqu'à quel point je lui étais dévoué. Que dis -je? il la voit maintenant plus clairement qu*il n*eilt pu faire ici-bas , cette idée ranime mon cœur; il verra combien je souhaitais me sacrifier pour lui , je lâcherai de lui payer ma délie par mei vœux cl par mes prières. Il sera toujours présent h mon cœur, ci le souvenir de ses vertus me confirmera dans le bien. Ma chère Ursuletle, que sa bonlé,.sa franchise étaient aimables 1 Comme il était attaché k ses devoirs , el dévoué au véritable honneur ! Il iiiéril;iil d*étrc heureux |.el cependant sa vie no

CHiLPITEE ¥1. S)

fttt qu'on iiMU dHoforluMl. DietI t'est ritèHi t* r^compente » cel espoir me fooUeol » moa Onu^ folte ; ^e ta religioii est bellb U OMSùlàiHi dmot ètt ilÀmnebU de pri? alion ei de dooleér 1. Li té« parâlioii des perloanes qui s'aiment » n*oit po«M étemette » elle est un moyen de résnion ; notts rtironirerons notre père , nous serons tin font unis k loi pour réternité.

c le t'écris » ma chère amie • au momeot otr )'àt feço ta lettre, après avoir été puiser des for > ees auprès de celui qui en donne ; ta es ma consbialièn comn»e tu es digne de mes affectiènl : si mon amitié pour toi avait jamais eu des bornes » )é ponfrrats dire qoe la perte que je viens de dire l'a angcnèntée ; la mort des personnes qoie nbo» àtmèns semble nous attacher davantage è edlfes qciivido^ restent; mais comme ta cdnfohnilé et titk sehtiéiMia nous unissait dans la leadtesie fiKale que nous portions h ce bon père ^ elle noua réunira dans les regrets éternels que sa perle nous laisse. André connaissait assea ce bon papa pour seùtir vivement aa perte ; ii savait que^so» c(àDur était tout entier è ses enfants » qoe HMn )e bien qu*il n'a pas bit pour eux • il Ta loo jMfa voulu faire » et que son itnpuiisancfe en cela è été ta 'cause de ses plus eotsaota ebagrios. Tous téùx qui ont connu notre pëtt l^tforoot vivèÉienl i^^pMté , il airait été cher k loos les hôoinètos tfensi mais il M mdrl aor u» terre étrangère «

ii. VIB DB VO!fSBI6H£0B ]>|l SIMORT.

OÙ Too. ne pouvait apprécier tout ce qtt*fl va* lait..

« Je te quitte pour écrire à Eugénie ; je vous savoir quelles ont été les dernièrea volontés de HQon père. Je veux recueillir ses dernières paroles » les circonstances de ses derniers moments ; tout est clier et tout est vénérable dans un père tel que celui-là. »

Deppia quelques années , comme on Ta vu , AL de Simony avait été soumis à de douloureuses épreuves. Les malheurs particuliers de sa famille s'étaient joints » pour l'aiDiger, aux désastres de son pays. Ces leçons du malheur ne furent point perdues pour lui» Loin d'en être abattu^ il s'en servit pour fortifier sou cœur contre une excessive sensibilité» et pour acquérir celte constante égalité d'âme» cette grandeur, cette générosité de sentiments » cet esprit de détachement « qui plus tard se sont trouvés naturellement et sans effort» à la hauteur des plus grands sacrifices.. Il s'appliquait eu toute occasion a faire passer ces mêmes sentiments dans l'âme de sa sœur. Elle recourait h son frère comme à celui que Dieu lui avait donné pour la consoler dans ses peines , et il lui écrivait à quelque temps de là :

c . .. Tes deux lettres m'ont fait le plaisir que yà ne puis m'empéchcr d'éprouver quand tu me parles cœur à cœur» mais j'y ai vu en même temps avec peine que la tristesse s*empare peu à

CBAVITBB Tf. S<J

^u de Ion âme. Pais un appel , chère amie» à ta liloiophie toute raisonnable /jo veux dire» à ta Jigion, et rejelto sur le Seigneur toute ta sol^ :itude. C'est lui qui se chargera de te nourrir» ) te fortifier ; il a promis au juste de ne point le isser toujours dans la misère et Tembarras.

'ailleurs» les peines et les douleurs ne sont- elles is le partage de tout homme vivant sur la terre ? D*ai pas besoin d'aller en chercher bien loin is exemples » tu sais tout ce qui afflige le cœur sensible cl si aimant de M"* de Sullj» sa religion ule lui lait éprouver quelque calm9 et Dieu no i épargne pas les maux parce qu'il veut que la signation embellisse chaque jour sa couronne, i vois bien quelques personnes qu'on appelle *ureuses; mais» ou elles n'ont pas le bien véritae, je veux dire la grâce de Dieu, ou il faut les tendre à une certaine époque de la vie» ob Dieu *end soin de leur montrer que la vie n'est qu'un issage, un moment d't^preuve» un jour de Ira^ til et de peine • et qu'il faut garder le repos et s jouissances pour le jour oii il n'y aura ni vaiition , ni incertitude , ni révolution » ni terme iGn» ni durée. Je no crois pas, ma chère» que ta ouves que ce que je viens de te dire est pure ivotion et mysticité. 11 me semble que ce n'est Jtre chose que la raison. Je crois tellement que est la vérité» je me suis tellement convaincu par ion cxpéricuce personnelle et par ce que j'ai vu

^ ?IB Bft H01UXI«!fEn AB ilHORY.

cbes les ralretf <iiio Dous sommes tout à fpit %n gies dtiis DOS iéêin, et que ce que nous souIm loqs est spufeot ce qui (doit nous être funesti qoe )e ne sais plus demander k Dieu autre cho qsesa charité, et que sa- volonté. Du reste je i laisse sans crainte balloler à s# providence , bi assuré de deux choses : Tune que Dieu soit mie «e qui me convient que je ne le sais moi-mém Tantre qu'il ne me manquera jamais. Chère ami ce qpe je puis donc te dire de plus utile, c'est se point établir ton bonheur sur telle et telle p silaçn qna i^ regardes comme avantageuse , i tel pu tel état, sur tel et tel événement, maisi h bontié et la miséricorde de Dieu. Les biens i mpoâpj il ne faut qu'an petit ver pour les c< ronppfe ft les détruire. La conGance en Dieu < îfféWiilbible comme la I onté et ya puissaoc f t élersellf coinme lui >

CBàPlTAB Vil. ^1

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i CHAPITRE VJI.

llHECTIOlf QVfi !!• DN SIMONT I>0K^8 A L'&DVCATlOiV ''^ tu JEUNE BE SVU.T. — - ftAQBft AVM QU'iL hVï ^ ÂDBESSE EELATIVEMBAT AUX MisOUVTlOns BE Si

f PAEmkftB COMMOEIOIf. M** DE ¥ILLfiAS FAIT

UK SECON» VOYAGE BW FEAIVCB FOOB fOIB SON FBkKB. — JOIE QII*SII iPBOVVB M. DE 81JI0NT. — CONSEILS SUR LA MAIItàBS M $E FAIB^ OBâlB DBS KNFARTS. — MALAIMBST MOBT 9V DUC OB SULLY* — SENTIMENTS GOBfcTIBNS DE H* DE 81U0NY SUE CET ÈVp.NEIIENT«

[^1« UE SiwoNY dirl{;ea réducation du jeune ^laximilien de Sully» depuis 1796 jusqu'en 1807» '^loqiie de In mort de soa élève. Les faits parti- "iiliers de sa vie, pendant cet intervalle » nous »oul peu connus. M. de Simony» coQpme on sait, gardait un silence absolu sur tous les souvenirs c|ui pouvaient lui être honorables; d*un autre izoXé , presque tous ceux qui ont été alors It'S tciuoins constants de s^% vertus « Tout précédé dans la tombe. Nous ne pouvons nous e npêcher

69 VIE DE MOIVSEIGNKt'B hf, SIMO.^Y.

de regretter le» précieux détails que ie jeune duc de Sully nous aurait transmis^ s'il eût assez ?écu, sur la vie intime de celui qu*il appelait soo second père et son ami : son cœur nous eut redit iout ce qu*il devait à ces sages leçons et aux exemples de celte vertu consommée, qui pendant douze années entières, ne laissa jamais remarquer, au témoignage de M""* de Sully, la plus légère apparence de faiblesse ou d*incon< stance. Quelques lettres écrites h l'occa-' sion d'événements plus importants, des nolc.<i sur divers points d'instruction et d'éducation^ et un opuscule que M. de Simony composa tout exprès pour servir de guide au jeune de Sully, à son entrée dans le monde , sont donc les seuls do- 1 cumenls que nous ayons sur cette époque de s^a vie. Il est vrai de dire, que si les faits particuliers nous manquent , ce dernier écrit nous en dédommage amplement ; car nous y trouvons un excellent résumé de tout ce que M. de Simont a fait pour former Tesprit et le cœur de son élève, et ce qui est plus précieux encore , toute la vie de M. de Simony lui-même, réduite en abrégé, et proposée au jeune de Sully sous la forme de préceptes et de conseils. Quant aux notes écrites de sa main , elles attestent un Siircir aussi profond que varié. Nous insistons sur ce point , parce quJ rhumilité de M. de Simony, non moins grandft que son suYoir, a pu donner de lui quelquefois

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