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du côté de celui qui le reprend , et fait perdre leur autorité à des réprimandes plus justes.
« Il ne faut point importuner par des reproches fréquents et par des plaintes inutiles. Un p enfant » un domestique, est maladroit » à chaque gaucherie on le bourre ; il est peu intelligent^ sans cesse on lui reproche sa sottise; il a quelques défauts de caractère rachetés par de bonnes qualités, au lieu de Tavertir arec bonté et dsD» rinstant favorable , au lieu de lui éviter des occasions de chute , on se plaint sans cesse , on le pousse à bout , on le menace inconsidérément. Rien ne diminue davantage raffection et ne compromet plus l'autorité • si ce n'est cependant les reproches faits avec amertume, avec empire, accompagnés de paroles de dédain et d'un ton propre à les humilier. Mais ceux-ci vous lesévi" terez facilement si vous vous pénétrez bien de ce principe : que jamais vous ne devez faire un re* proche à qui que ce soit , pour vous satisfaire en cédant à la colère ou seulement à l'émotion • mais uniquement dans la vue de lui être utile.
« Un moyen sûr de ne négliger aucun des égards qui se doivent aux personnes dont la condition est de servir, c'est de penser mûrement h tout ce que leur état a de pénible et d'humiliant, et ce que nous aurions nous-mêmes à y souffrir s'il eût plu à Dieu de nous y placer. Considérons combien notre amour*propre , combien notre
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humeur en souffrirait et quel fonds de patience et d'abandon de noua-mômes il nous faudrait pour supporter l'état de dépendance journalière , pro« pre à l'état de serviteur.
f La bonté et la cordialité, accompagnées d*une certaine réserre nécessaire près de ceux à qui une éducation soignée n'a pas donné le tact des convenances, ne fera aucun tort au respect que vous devront des inférieurs , premièrement : il une conduite irréprochable et des discours toujours sensés vous concilient leur estime; deuxièmement : si vous savez écouter leurs remontrances et leurs observations, sans cependant discuter avec eux ; troisièmement : si vos volontés étant toujours justes, vous êtes ferme k exiger ce qui est important , et habile à céder sans paraître le faire quand une indulgence raisonnable doit vous y engager. •
M. de Simony ne fait « pour le moment , que
poser les principes de l'éducation des enfants;
mais dans ce court exposé se trouve tout le secret
de la méthode qui lui avait si bien réussi près de
I ion jeune élève.
I « Je ne dirai qu'un seul mot sur une matière inépuisable : l'éducation des enfants. Celle que vous destinez aux vôtres, si Dieu tous en accorde, ne sera sûrement point celle qu'on appelle bonne dans le monde : c'est-à-dire qui est toute occupée de l'art et des moyens de réussir, et de jouir.
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comoie on dit, de la ?ie* Voire ppemier bol , ce lui dant lequel tous renfennei loos les aulret , sera d'eu faire de YérilaUet el parfaks ehrMaei et de perpéloer en eux l'Iiérilageides enfiinU de Dieu. C'eil à ce point que tous rameneres ioutei TOf fuei» que foua aubordoonerei tons fof moyens* Vous n*imaginerex point » eomme on se le persuade ao)o«rd*bui , que la meilleure éducation est celle que Ton prend au milieu des plaisirs et de la Taniië; tous penserei au contraire que c*est lou jours trop tôt que Ton perd cette heureuse simplicité d*une enfance éloTée dans la modestie, et qu'une jeunesse lancée au milieu dei écueils, STant d'aToir acquis toute la Tiguenr de la Tertu, est pour l'ordinaire une jeunesse perdue.
« Toute l'éducation roule sur deux points essentiels ; premièrement : faire contracter aux enfants rbabitude du bien; que tout autour d'eux leur présente l'image de la Tertu, et qu'on la leur fiMse pratiquer, et la vertu leur doTiendra comme naturelle.
f Deuxièmement : écarter soigneusement de leur esprit et de leur cœur toute idée fausse* tout sentiment contraire à la Tertu. Malbeureusement, il est impossible qu'ils n'entendent et ne Toient des cboses d'autant plus capables de laisser eo eux des impressions flicbeuses, que notre cœur et notre esprit ont un pencbant décidé Tors le mal ;
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ussi faut-tl une vigHance cônirouelle , pour re- Iresser ea eux les faux jugements , corriger les iréjttgés , donner au cœur un penchant aisé vers es sentiments nobles , délicats et vertueux. Ainsi andis qu'en général ils verront redouter la mort» létesler la pauvreté , se plaindre des souffrances, tomme si tout cela était les plus grands maux : limer la vie* en rechercher avec empressement les commodités et les agréments , estimer les richesses et les honneurs , comme si c'étaient là les plus grands biens » vous leur inculquerez qu'il l'y a qu'un seul et véritable mal : le péché ; qu'un leul et véritable bien : la griice de Dieu, puisque yt sont là, et le seul bien et le seul mal qui soient lurables ; et que par conséquent ils ne doivent *edouter que le vice et désirer réellement que a vertu.
« Quant au succès, vous devez Tattendre d'àiiord du ciel /à qui vous ne devez pas vous lasser le le demander, et ensuite d'une patience et d'une :onslance inaltérables , patience à supporter tes léfauts nombreux de l'enfance , et ce qui parait plus difficile encore , à ne recueillir qu'avec lenteur: constance à planter, à arracher, à semer sans fin et sans mesure , à veiller sans repos , à multiplier les moyens et à faire plus de fonds sur les instructions' indirectes, mais mille fois répétées « sur la continuité et l'ensemble des efforts qur sur des leçons directes dont les enfants se
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défient, ou au moins doni ik s'ennuyeni te piu» •oufent. >
M. de Simon j termine et couronne <ceite suite de sages conseils.par l'exposé des devoirs généraux qui attachent l'homme à Dieu« 11 a réservé ces devoirs pour la fin, non pas assurément. dit-iL qu'ils ne doivent marcher qu'après les autres , mai» au contraire.parce qu'ils sont le point unique auquel tout se rapporte , et qu'étant les fondements de la vertu , ils doivent aussi en couronner l'édifice. On nous pardonnera de donner encore quelques extraits de cette dernière partie , et de faire voir en particulier avec quelle force M. de Simony combat ce pernicieux usage qui tend pour ainsi dire à faire de l'homme deux parts : Tune pour le monde et l'autre pour Dieu* L'homme véritablement chrétien l'est tout entier , partout ' et toujours, telle est la vérité qu*il cherche à établir.
a Je veux commencer par détruire ici un préjugé assez ordinaire et que le langage de gens, d'ailleurs très- religieux et très-sensés , suppose communément. Ce préjugé consiste à partager pour ainsi dire l'homme en deux , à distinguer en lui l'homme moral et l'homme chrétien , à faire un triage de ses actions pour en consacrer quelques-unes è Dieu et laisser les autres dao» le vague de la moralité , ainsi qu'on s'exprime. 11 semble donc que le chrétien ne soit pas chrélieu
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à toute heure, à tout momeot, que Dieu ne doift pas animer toutes nos pensées , tous nos senti* mentSy toutes nos actions; en un mot, que ce ne soit pas en lui et uniquement pour lui que nous existons» que nous nous mouTons, que nous agissons.
• Pour détruire celte erreur , il suffit de se Mre de la religion une idée juste et entière ; considérons-la* donc dans son ensemble et arec tous ses droits.
« La reli^on n'est autre chose que la réunion des liens qui nous attachent à Dieu ; mais ce mot ne renferme-t-il pas tout ? Dieu a-t-!l pu nous créer pour autre chose que pour lui , et en recevant la vie » n'airons-nous pas contracté Té* Iroite obligation de la conserter toute entière au Créateur? L'Apôtre a donc raison de dire que soit que nous vivions, soit que nous mourrions, nous sommes au Seigneur. Tout donc, depuis le premier jusqu'au dernier soupir de notre ▼ie, doit être dans l'ordre de la religion.
« Le roi doit être chrétien sur le trône , le magistrat sur son tribunal , le père de famille dans la maison , l'artisan à son travail ; ainsi , loin que, comme on le pense souvent , il y ait telle action , tel état nécessaire à la société et digne d'un honnête homme , incompatible cependant avec la religion ; tout , soins du corps » i^aiisfaction légitime , étude , travail , affaires ,
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diveriisfementâ , appareil de la grandeur politique , emploi de l'auloriié • usage des biens , tout , dis-je 9 doit aller en dernière fin rers Dieu, et pour tout renfermer en un seul mol qui est le premier de la loi et qui la renferme toute : il faut aimer Dieu de tout son cœur » de tout son esprit » de toutel êeê forces. Voilk tout l'homme, voilà toute la reiigioni Ce n'est point l'idée que Ton s'en fait pour l'ordinaire; la religion n'est guère considérée que comme une pièce de rap* port qu'on pelit ou ajouter à la vie ou en retrancher sans que l'ensemble en soit troublé , et au lieu de faire rouler la conduite sur le pivot uni* que de la religion, on accommode la religion è sa conduite; en un mot« on fait deux parts de sa vie : une pour soi , l'autre pour Dieu , et que celle-ci est petite I
< La raison de tout ceci , c'est qu'on ne considère Dieu que comme un mattre » sa loi que comme un joug : c'est que tout attachés è nos penchants » è nos convoitises , nous ne voyons dans la religion que renoncement. De là vient que nombre d'honnêtes gens , qui se piquent même de religion» nourrissent au dedans d'euxmêmes la crainte d'en trop faire pour Dieu.
f On veut encore bien être chrétien, mais s'en tenir au strict nécessaire , on redoute l'idée de piété t on a une espèce d'horreur du mot de dévotion : tout ce qui n'est pas expressément com*
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mandé parait non*seulenieDl superflu » mais ex« cessif , tout ce qu'un usage souvent entièrement opposé aux maximes de TEfrangile » consacre , est permis. Ce ii*est pas tout encore ; afin de n'avoir pas à se condamner soi-même » on condamne avec amertume quiconque veut être conséquent avec ses principes et s'écarter dans sa conduite de la tolérance mondaine ; ainsi » on traite avec Dieu comme avec un mattre dont on reconnaît la puissance, mais dont on n'aime point l'autorité; on redoute ses châtiments» mais on ne fait aucun cas de ses récompenses; on lui donne des hommages forcés-, mais on lui refuse le cœur ; oh chicane avec lui son* obéissance; on ne lui accorde que ce qu'on croit à toute rigueur ne pouvoir lui refuser , et comment le lui donnet-on ? Enfin , on aime à se rassurer sur la qualité de chrétien qu'on se donne » et on rougit de le paraître aux^yeux d'antrni. Est-ce là connaître Dieu ? N'est-ce pas-plutôt, ou le regarder comme un tyran odieux et renier en quelque sorte sa • qualité de pire , ou blasphémer sa bonté en s'autorisent de la miséricorde pour mépriser son amour.
r Pour vous, cher ami, dont le cœur a été ou-» tert de si bonne heure aux impressions de la piété , vous ne serez point eflrayé de ce mot , . vous avez eu le précieux avantage d'en voir lesfruits sous vos yeux. Vous avez vu combien peut
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elle esl Iriste » ^ charge aax autres , ennemie de la paix ; an contraire » vous aves toujours trouvé compagnes de la piété solide • la galté, Tégalité d*hunieur, en un mot, la paix intérieure» source véritable du bonheur. Vous ne croyex donc pas que quand même des circonstances^ que je ne puis prévoir, vous forceraient à pratiquer le monde plus que votre go6t ne vous y porte , vous ne puissiex demeurer ferme dans les principes et dans la pratique de la piété, a
On s'alarme dans le monde , au seul nom de dévotion ; Tesprit étroit de certaines personnes ne peut se figurer la pratique de la piété ailleurs que dans la solitude d'un désert, ou d'un clottre. Voici comme M. de Simony combat ce funeste préjugé :
• Les actes de religion d'un homme du monde ne sont pas, en efiet, ceux d*un solitaire; mais ils partent d'un même principe , et IKeu doit aussi bien se trouver dans Taccomplisseraent des devoirs les plus attachants , au milieu des occupations les plus multipliées que dans le silence de clottre. St Louis , en effet , combat* lant , faisant des lois ou traitant les secrets de la politique • au milieu de son conseil , ou au sein de sa famille , était aussi chrétien , aussi saint qu'aux pieds de son crucifix. Le fonds , le principal de la religion ne consiste point uniquement, comme bien des gens se l'imaginent, dans le
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culte et dans la fréquentation des sacrements; ce n*en est là qu'une partie » ou plutôt ce ne sont là que les moyens essentiels qui rendent fi* dèle à la vérité. La vraie » la solide dévotion coA'^ siste dans raccompiissement de tous ses devoirs de créature et d'enfant de Dieu , de fils , de père, d'époux t de membre de la société » de l'état et de la condition où Dieu nous a placés , etc. , etc. Ainsi , mener une vie oitiTe , nonchalante , toute occupée de ses aises , et être exact aux pratiques extérieures de la religion » c'est déshonorer Dieu d'une part, tandis qu'on prétend l'honorer de l'autre : de même qu'être honnête homme selon le monde et négliger les pratiques dont la religion nous fait un devoir » e'eti être rebelle et ingrat aux yeux de Dieu. Puisque tous êtes chré*^ tien 9 penses donc, parles, agisses en chrétien. » M. de Simofliy traite ensuite , avec ce ton de religion et de piété qui lui était habituel, de la pratique de cette vie chrétienne, de Téslime , de l'usage qu'un chrétien doit faire des biens de ce monde » de la pureté d'intention • de la fuite des occasions, du sèle pour pro^' pager le règne de Dieu ,. de la pratique de l'o* raison, de la patience dans les souffrances. Entre autres réflexions , il faut remarquer ce qu'il dit des soins exagérés que prennent de leur santé, ceux qui se rendent malades à force de craindre de le devenir.
1^4 ▼IB »B 1IOXSBIQ2IKOI DS SllIOlIT.
« DaDS les peines , lettooffriDcei, lespmation» de looi genre aaïquellet tous serei expoié, ne soyei p«i comaie Im auires qui n'ont point d'espéranoe, recetes toal de la main de Diea arec patience el réaignation » en fiiant lea yeux sur J.*C. rhomme de douleurs» et sur les jouissances célestes que tous attendei. Dans* les pertes , les injustices , les contradictions que tous éprouveret, tenea Totre âme à deux mains pour ne fermer aucun sentiment, ne laisser écbap|ier aucune plainte indig:ne d*un homme que hi raison et la foi mettent au-dessus des coup de la fortune.
c N'ayei pour la Tie qu'un attachement raisonnable ; puisqu'elie doit finir, qu'importent quelques jours de plus ou de moins ? La santé est un bien dont nous serons comptables comme des autres, si nous la sacrifions à l'intempérance, aux plaisirs excessifs, aux Teilles inutiles , k la mollesse qui la ruinent i mais il faut bien se garder d'avoir pour elle ces soins empressés , ces précautions inquiètes, ces ménagements puériles qui sont les symptômes d'une âme plus malade que le corps. Il ne fiiut pas s'en occuper* soi «-même et encore moins en occuper les autres plus qu'il ne couTient à celui qui apprécie la Tie en sage , et encore plus en chrétien. •
La péroraison de ce petit écrit est semblable ii L'exorde, c'est une effusion de cœur , c'est un
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appci iouchani aux seotimenU de confiance et d'à* inilié qui unUtaient si étroitement le mattre et l'é* lève. « Eo vous adressant, cher et bien*aiiné fils • ce petit écrit» j'ai la ciMifiance qu'aucune des pa* rôles qu'il renferme ne sera perdue pour tous. C'est la voix d'un ami qui répand son âme dans l'âme de son ami. Nos cœurs s'entendent trop bien pour que j'aie rien cherché è vous déguiser de mes sentiments 5 votre égard» Je vous ai dit la vérité avec franchise , parce que je suis assuré que vous la recevrex avec joie, surtout de la bouche d'un ami que vous chérisses comme il vous c bérit. Je me plais dans l'idée que réunis ou séparés » vous aimerai k retrouver dans ces pages , l'épanchement d*un cœur tout à vous ^ et que vous les relirez souvent » ne fût-ce que pour y reconnaître les soins que m'a inspirés* une tendresse qui doit durer autant que vous en serez digne , c'est-à-dire pendant toute cette vie, et celle qui lui succédera. C'est là . cher ami » je Tespère , que nous serons réunis à jamais dans le sein de Dieu même. •
Nous nous sommes laissé entraîner un peu loin peut-être , dans les extraits que nous avons donnés de ce petit écrit. Notre excuse , si nous en avions besoin^ serait toute entière dans ces citations elles-mêmes. D'ailleurs en lisant , en méditant ces sages conseils de celui qui fiit notre père , il nous semblait entendre sa voix douce et
VIS DS MOIIIBIONBIII DB IIMONT.
paternelle nous les adresser i aous-mémes, et soas rimpression de ce senlimeot» il n'y itérait place dans notre âme que poar un regret* celui d*ctre obligé de faire un choix* • et de ne pa» reproduire ce petit ouvrage dans son entier.
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