‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 50 sur 67 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

SACRE DB MOIISBIGNBUR DE SIMONY. — SON llfSTABf- LATÎON* — - 8A PBBHlI^B LETTRE PASTORALE.

M. DB SmoNY fui préconisé dans le consistoire du ai mars i825. Dès ^u'U eut reçu ses bulles d*inslilulioo , il ne songea plus qu'à se préparer par la retraite » ^ reCeroir dans leur plénitude la grâce du sacerdoce et les dons de TEsprit-Saint. Il choisit lo séminaire de St-Sulpice » si riche pour lui en pieux souTonirs. Il j'avait été nourri du lait de la saine doctrine , et il ayait la consolation d'y retrouter le prêtre ténérable qui avait guidé ses pas dans le début et le progris du niinistire sacré. 11 médita , sous sa direction et dans un religieux tremblement , sur les grares obligations de i'épiscopat , et forma au milieu des plus saints exercices , les résolutions les plus généreuses. Le dimanche a4 avril, M. de Simony reçut la consécration épiscopaledans la chapelle du séminaire de St-Sulpice , des mains de M. do

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Latil 9 archevêque de Reims» assisté de M. de Vichy , évoque d'AuluD (i) , et de M. de Sagey» ancien évêque de Tulle («). Dieu seul connaît les sentiments de crainte et d*espérance qui remplirent tour h tour son £me au momeni oli la tête courbée sous le fardeau des saints évangiles , il était marqué du caractère sacré qui fait les pontifes. Cette cérémonie si auguste par elle-même» reçut une nouvelle majesté , du recueillement profond, de la piété toute céleste du nouveau pontife qui, tout absorbé dans la pensée des grâces qu'il recevait » semblait ne rien voir de ce qui se passait autour de lui.

Depuis le jour de sa consécration , SIgr de Si-

ci) M. de Vichy aumânier delà Reine,' avant UKéTolotioo, ci aumônier de lu duchesse d'Aiigoulénie eu 4SI 4,. avait été nommé à révêché de Soissons, en 4847, par suite de la transliition de M. de Bcauliou à Tarchevéchë d'Arles. Il fut iilslituc ^our ce siëge dans le Consistoire du 4" octobre, mais il n*en prit jamais possesiion à cause des difficultés qui suspendirent l'exécution du concordat. Il lut nommé évéque d'Aulun en 4Si9, devint pair de France et conseiller d'Klal , et «iourut en

(2) Le même jour eurent lieu, à Paris, trois autres sacres «révéques : celui de BJ. Feulrier, évéque de Beau vais, sacré dans I église de Ste Geneviève, par M. de Qurlen, aroUevéque de Paris , assiste de M. de Viilèle , archevcque de Bourges , rt de M. de Priliy, évéque de Ch&lons ; celui de M. de Mailhet, évéque de Xulle, sacré dans la chapelle du séminaire de St-Sulpice, par M. de Lalil, auiste de MM. de Sagejr et de Vicb j ; celui de M. de Gualy, évéque de Carcassonne, sacré dans la chapelle dcê Dames du Sacré-Cœur , par M. Fra/ssinous , évéque d'Ilerniopulis , assisté de M. Soyer, évéque de LuCon , rt M. du Cha(t;lier,évéiiue d'Evreux, nommé, en 48i7, h l^cv^cLé de Laon, qui devait cire réubli par le Coucordal.

Cfli.FITRB XX* 3ftl

moay D*60t plus qa*UD6 seule peoséd, qu'on seul désir : accomplir sans partage » pratiquer sans réserfe ioules les ferius d*ua évéque » quoi* qu'il dût lui eo coûter. Des affectioos bieo iégi* times , et de douces habitudes l'attachaient à une famille dont il a? ait iusqu'alors (ait le bonheur ai le charme. Une correspondance précieuse avait été le fruit de cette tendre amitié que resserraient de jour en jour les épancbements' mutuels de la plus aiSsctueuse piété. Ce fut un des premiers sacrifices que fit Mgr de Simony , à l'Eglise à laquelle il Tenait de s'unir si étroit tement par son sacre. Une lettre qu'il écrivit le lendemain li sa sobur , lui apprit qu'il n'ap^ partenait plus à sa famille; que ses jours, que $0$ moments n'étaient plus à lui , que Dieu venait de lui doAner une nonteHe et Ûen pfus nombreuse fiimille pour laquelle seraient désormais ses premières et ses plus vifes affections. Il ne renonçait pas sans doute à l'amitié de ses parents , mais il n'avait plus la liberté d'en jouir comme parle passé» avec cette constante assiduité qu'il devait réserver au soin de son nombreux troa^ peau. Cette lettre , nous dit une des parentes do Mgr de Simonjr, avait dans son ensemble quelque chose d'austère qui contrastait avec le tM affectueux et tendre des lettrés précédentes. Ce langage fat compris d'une famille ob la piété réglait toutes les affections du coour , et que Dieu

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avait habitué depuis longtemps aux Mcrifices de la vie chrélienne. Dèa lors , les rapports devinrent moins fréquents , les lettres ne s*é* changèrent qu'à de longs intervalles » et sans plus offrir celte liberté , cet abandon d'une âme qui s'épanche sans réserve dans une autre elle-même. '

Nous aurions tout lieu de regretter ces pages touchantes où Mgr de Simooy déposait ses pen* sées les plus intimes , s'il n'en avait (ait le sacrifice à l'Eglise et au Diocèse de Soissons , auxquels furent désormais consacrés tous les sentiiiieiits do son cœur, tous les moments de* sa vie.

Mgr de Simonv accomplissait ainsi , dans le sens le plus sublime, ces paroles du Livré saint : « L'homme quittera son père et sa mère, et se séparera de sa famille pour s'attacher étroite* ment à son épouse {Gènes. ^ ii • ^4)* * Cet attachement était plus fort que la mort » car lorsqu'après sa démission, il eut pendant quelque temps le projet de finir ses jours hors de son Diocèse, ee fut à la condition expresse que son corps fût ramené après sa mort parmi les siens qu'il avait tant aimés.

Mgr de Simony ne voulut pas différer phis longtemps de resserrer les liens qui l'unissaient définitivement à l'église de Soissons; il envoya ses bulles d'institution , ses lettres de consécration et $a procuration 5 M. de Bully, doyen

COAPITRB XX. $23

xlu Chapilro (i) » afio qu'il prit possessioa de 5011 siège, en son nom. Ceile cérémonie eut lieu selon le cérémonial usité en pareil cas* le

(1) Noos croyons deroir pajer ici à U mémoire d*m homme d*an ti rare mérite et «fane lî aiiMble Tcrla le juite tribut d*ëlogei qui lui est dû par resposë aoccincl de tout et cftiM entreprit fiour roryanisalion etVadminIsIratioo du diocèse de Soissons, depuis 1802 jusqu'en 4841.

M. de Bollj, né d*une bmille raeommsodable, ne s*ël«it pas rleiliné d'abord i Tëtat ecclé«ijstiqiie. Cependant il était jenae eiicore lorsque des inclinations plui prononcées, et les conseils de personnes sages , Ini firent regarder comme la voeation du ciel, celle qu^il derait honorer, dans le cours d'ooe lomoe carrière, par de grands talents joints à de erandes Tertus. Nous ne parlerons ici des premières années de la ?ie sacerdotale de ' M. de Bullj, que nour rappeler ses w'ib et continuels regrets d^afoir été poussé dans le schisme qui déiolait alors TEglise de France, par des {Hréjogés d*éducatioO| par rentralnemenl de Tamitié, rinespérience de la jeunesse, et il taul bien le dire, par les Tertos extérieures de quelques - ans de ceux qoi ioatenaienl une lutte déplorable contre la sainte autorité dn St-Sîége ci de TEglise catholique* Il est ioipossîble de dire a^ee quelle droiture de cœur, sycc quels rits sentiments de foi il se bâta de renoncer à des erreurs qui étaient plutôt les erreors de son coeur c|ue de son esprit, anuilôl que le Seignenr eut fiit briller à ses yeux le flambeau de b vérité. Toute sa rie fut une prea?e de la sincérité de son retovr et une continuelle expiation d'une faiirc qni derint pour lui le principe d'une profonde humilité, d'une douce condescendance f>our ee«x qni étaient dans ignorance ou ddins l'erreur, et aussi d*un attachement înrio* lable à Tautorité divine da chef de TEglise. Son testament oontient, dès les premières lisnes, on dernier et tonchant téaMii* g nage de ses regrets, et il recommanda expreeiément que le souvenir en fût ranpelé après sa mort. « Je Dénis IMeo , dlmt* «( il, de m*avoir éclaîré sor ces erreors, et en le le m ef dy it V avec St Paul , éCmmdr en miférieord<eiist«e«# piHé dt mois M ignorance^ et pardonné les fautes qu*elle m'avait £iii oom- « mettre ; combien je voudrais les avoir réparées avec le mtee « séle qae cet apôtre, et par des oeuvres aussi pletnetde testas « sortes de mérites ! •

M. I*abbé de Bolly arriva i Soif son«, le SO avril I80t, sceoBpignant M^r de Beaulieu, avec le simple titre de teerétaire dn préijf . Le noorrau diocèse de Soissons, composé de la pins no*

Ss4 TIE M MOKiElQRBVA M SIMOKT.

samedi 3o atril iSaS^ k Tititte 4es premières Tépres , de St Sixte el de Si Silice , premier» éTéqties de Seissons. M. de le Igef^e , greàd-archi-

hBiit ■ 1 I II

t«ble partie de rancicB diocèie, «le lo«t le #eeèiiiét Laos, dhMK fnetîoR comidërable de cetai deNtMi » el 4r fMl^acf |iaroi«et des dieeésct limitrophef de Ci— fc yM ^ Immis et Ghâloiit, M treuTaît daM an ëial dëplorable, ppr «riie «Ne dé- MSiret de b lUvolutioii, de U dispcnieii degf ym ie ri » Bab •urteot de Tentleiiee d*nitniêieM CMare flapaiMI émm^ù ceftafai MNnbre d*diHtct«

M. Tabbë de B«l^, arec la haote inteRigCMe, lr«M ékné' tioo et la prodiaieaie aeliTité <|«i le camtériwitiit^ roempa , toal d^abôfd, d« aoin de remédier an nal, de tém&t lea dié- ■Molt propret i reeotislniire le diocèse, et d^ear rdaliief eMtn la eeaiBldle organiaalieD. Une corretpondaBee centiaoeMe, det ▼Mmiecale», de Irëaaenles et •drievMt eooiéreaceiainee léi pft neip aai ncmbret do dergé det direnet -fraelkMa âm dîoeète, le atirent en metore de •ouinetire à ton éTéque^cn-amaf de tii noit, on plan gifndral d*orgaoitalioo qm ewtwrtitalt le chapitre, let tëminairet, Ici curet, let toeciiiilti, lea mariati et dont let bcurem réiullalt juilifiérent bienldl In aafeadifpotHiont. Mgr «le Beaoliea compléta cette organiiBâoD, en eaa* lérant à M. Tabbé de BuIIt le titre de Ticaire géndral et de grand archidiacre. Depoif il n*ett pat nneœnvre importante à la-

nlte M. de Bollj n*ait conconra. Il était Tâme det eaaaâii ; tait 4 tout el partout, et rieo n'échappait à aa riailaya. Bloot dcTont rappeler aussi qn'à une époqae dt dowloMeai souvenirs, de iHH à 4844, alors que partnite deaa ci'aérènte rëatftaiiee aax empiétements du pouToir, Mgr de Beaolieo, disgracié, avait tu briser ton conseil, M. de Bulljr, mié aesl à la tite de Tadminitlration, sut se multiplier pour tatbfùrc à temlet t>etoins, faire face k toutes let exigencet, et nMÎnteiiir une situation rendue si difficile par let traeattct iet el lea neoacet du Goufcmemcnt.

M. de Bullj rrtrouTa prêt de Mgr de Yilléle et de Mgr de Simonj la confiance et Tamitié que loi avait aeéordéea son premier éréqoe. ton bienfilteor et ton ami, et il caotlmia encore, pendant plat de TiMt-einq ant, de pairtager avec tnr les aoÎDt et let travaiix de rftimiioitlratioo. La hante taactae, rha* bileté Traiment extraordinaire avec letqnellea il •qpoeiait les dCairet lèt plus délleatct était ti bien établit, q«e dèa aamiâit- *^!^T* difiingadt aTooërent haotement , phM d*iine lait , qu'ils redoutaient par dcttna font d*a?oir a traiter afee hd de

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