‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 49 sur 67 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

que cela dépviyaera encore plus » aaais cet excellent prélat est de?e»u si bien moQ ami , qu'il n'y a qu'un devoir plus impérieux qui poisse nous séparer. 9 Les prévisions de H. de Siinony se réalisèrent bientôt ; M. de Latii fut nommé archevêque de Reims »& ta fin d^avril 1824 > préconisé le 1 2 juillet suivant , et il frii possession de son nouveau siège , le 94 ûoftt » accompagné de M. de Simonj et de M. Blanquct de Rouville, qui devint depuis son sufirt^ant » sous le titre d'évéque de Numidie in partibus.

Le 16 septembre suivant » Louis XVIII mourut , et Monaieur lui succéda sous le nom de Charles X. M. de Simony continua de remplir près du nouveau Roi les fonctions d'aumônier par quartier, tout en partageant avec M. de Latil les soins de Tadminislntion. Son désir était de Iravatiler toute sa vie au bien de i'Egtisc , sous la direction d'un prélat pour lequel il avait conçu autant d*aflection que de vénération. U. de Latil possédait depuis longtemps la confiance de Charles X , sans avoir toutefois cette influence politique qu'on s'est plu à lui supposer dam les dernières années de la Restauration. M. de Simony lui fit part phisieors fois de la volonté ferme où il était , de ne point accepter Tépitcopat. Il espérait que son évéqoe » que son ami aiifift égard à des répugnances qu'A regardait comme invincibles , et qu'il détournerait de lui nn hon-

i.cut (Intil la vue tetile «tait truublé «on joie. La Prorideace en avait dia|>oié aulreMUt.

M. de Sîoiooy était k peiae de qa elyiM neû i Iteimi, ijae ceqa'i] redoolaitte plds lui artïn. M. de Vîllile , éréque de SoitaoM -, veoait d'tfn Appelé i succéder h U. de Foatenar. aar le w^ nélropolilaÏD de Boarge* '.octobre i8s4} > et 1< Roi avait nommé M. de Simqoy pour la rem^cer sur le siège de SotHoaa. Cette neareik fat UD véritable cosp de foodce pour c«t humble préire , lus» défiant de lui-même ipw pAaélré du obligalions et d» dangers de l'épiacopat. II pouvait bien te rendre le témoîgoafe qu'il n'avait ni recherché , ni désiré cclto ilignitù , vt qu'il ne la lovait k aucune espèce de sollicîlatiou. nais cela oe.suOîsait pas pour le rassurer. Il eut recours alors aux iollicilalians cl aux prière*, nais ce fut pour conjurer le hoi du ne |ioiijt lui imposer un si lourd iardeau. Le pîeui monarque , louché d'une si grande vertu , per- Mfta plus fortement dans sa résolution. Le vénérable M. Duclanx. pour lequel M. de Sîiponjr avsil conservÉ lonte la docilité d'un enfant. A), de Latil fui-ménic , joignirent leurs instances à celles d« Itoi , et représentèrent b H. de Simon; qu'us refus de sa part dans les circonstances actuelles, serait une espfece de trahison i l'égard des intérêts de Dieu et de son Eglise. M. de Simon;, dont les résistances rappellent les Gr^oire

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do Nazianze , les Ambroise , les Aagusiin et Uni d'auires laiiits évêques, qui ne se laissèrent imposer Tépiscopat qu'en tremblant» crut devoir se soumeltre. Dans la lettre qu'il écrivit à sa sœur (39 octobre 1894) » pour lui apprendre sa nomination, on remarque encore les mêmes alarmes; les mêmes regrets» les mêmes inquiétudes; mais en même temps la paix d'une ame qui obéit h la voix de Dieu» une ferme confiance dans le secours du ciel » et une généreuse résolution de tout faire pour la gloire de Dieu et le service do son Eglise.

f Je te disais , il 7 a peu de temps » chèro

amie» que j'étais fortement menacé de perdre» en gagnant un peu d'honneur » . ma liberté d'esprit avec mon indépendance fce que j'avais de plus précieux) • L'aflaire est consommée» il a fallu boire le calice et baisser la tête sous le joiig : M. âe Villèle accepte Bourges. Déjà j'ai fait visite au ministre et au nonce ; grâces à Dieu» le diocèse dont je m'eifrayais oiTre plus de ressources que je n'en n'attendais. L'évêque est parvenu à y créer 5 peu près cinq séminaires et il y a » dit-on » affluence de sujets ; mais deux cent trente et quelques paroisses vacantes seront» pendant bien des années» une cruelle épine k supporter. 11 y a de bons grands vicaires qui me restent » et un chapitre composé d'hommes vénérables. On me dit du bien du clergé ; mais je ne me dissimule pas que

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qoand je ferai âstif sur le tlége^ je Terni le revers de la médaille. Je ne le farte paa des esibarras de la représenlalioQ » la sais combien ila ne iont aoUpalhiqiies. Un domestiqoe me parmaaii preique un superflu» que sera-ce d'enatoir quatre ou cinq? Mais il ne ia«l paa cnnaidérer oale » U fiiiii aller, et se tirer le mcips mal possible des olistacles ou des embarras qu'on n'a pas pu éfileré

• Je ne sais si le ha ut degré où je deis proÉipl^ ment arriver » si le bon Dieu me conserve encore quelque temps en ce monde» sera unmeyw pins sûr pour moi de parvenir à lui; mais fe aniadéfk combien la route en sera plus pénible. Que la volonié de Dieu se fasse.. • Prie Dieu pour que )s sois un bon évêque... >

Le dépari de M. de Yillèle causait de justes regrets au diocèse de Soissons , ^u'il adminUi tfàil depuis i6ao. Ces regrets étaient suflisamment justifiés par son élévation i l'un des sièges li:s plus éminents de l'Eglise de France. U était difficile d'ailleurs de réunir au même degré Téclat des grands talents» joints à une grande sagesse d'administration et au mérite d'une grande vérin. Mais Féglise de Soissons était en possession » de temps immémorial, de ne voir à sa léte que de sages et saints évéques. Cette église» illustre entre toutes les autres par son antiquité » par les titres qui la distinguaient autrefois dans Tordre politique» Tétait encore plus par la longue suite de ve^

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iueux pontifes qui Tont gouvernée ci parmi les»* quels douze reçoivent les honneurs publics que la religion décerne h ses saints (i). Celle longue génération de saints évêques devait se continuer* glorieusement dans le nouveau pasteur que Dieu envoyait i cclto église. Sa réputation de sagesse • de modéraliou , de douceur, de piété, de charité Vy avait précédé. M. de Villète lui-même, dans tes adieux qu'il adressait au diocèse de Soissons, disait l'éloge de son successeur, en termes d'autant plus précieux à recueillir qu'ils sont l'abrégé , le sommaire et comme la prophétie de Tépiscopat de Mgr de Simony. Nous avons été témoins de sou accomplissement littéral et nous pouvons dire en toute vérité : i Ce qui nous a été annoncé nous l'avons vu de nos propres yeux» » Hicut audivi* mus, sic vidimus. (Ps. xlvii.)

• Lorsque Noire- Seigneur, après sa glorieuse résurrection , disait M. de Vilièle « annonça k ses apôtres qu'il les quitterait bientôt pour se réunir à son Père , il leur dit : Je ne vous laisserai pas orphelins. Nous éprouvons un adoucissement à la douleur que nous cause notre séparation, eu vous adressant cette parole de notre divin Maître. Vous connaissez déjà, par un grand nombre de rapports , le pasteur que Dieu a destiné ù nous

(i) St Sitle — St Sinice — St Dtvilicn — St Ooétime — St ILàiht — Si Prince — St Loup — Si Bjndry — St Anscry— St Praniin — Si Gaudio — St Arnould.

succéder au siège de SoissoDs. Déjii on tous « fait réloge do la haute piété de Monseigneur de Simimy , du zèle dont il est animé, de la douceur et do Taménité de son caractère. Quand il anra paru au milieu de son troupeau » sa modestie ne pourra tous dérober tous les dons que Dieu a mis en lui , et vous apprécierez alors le trésor de ▼ertus et de mérites que veus possédez. Il tous sera doux de Taimer comme un père, de le suirre comme le pasteur que Dieu tous a donné pour FOUS conduire dans le chemin du salut* Nous atioB^ commencé un peu de bien dans le diocèse dont nous avons été chargés trop peu de temps : il retendra par son zèle , il multipliera les ressources du sanctuaire, il mettra tous ses soins à augmenter la tribu sacerdotale pour remplir lo vide désolant d'un si grand nombre de paroisses, et faire cesser ce fléau terrible qui nous a donné tant de peines et de sollicitudes pendant notre j administration. •

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