CHAPITRE XXVlIf
;Ioré par la mort , avait cooservé toute sa séréié. Ses inaia.s« jointes sur la poitrine , lui donlient Tallilude de la prière; on eût dit qu'il se réparait à monter au saint autel. Deux élèves il séminaire , en habit de chœur, se succédaient
jour et la nuit, pour prier près <le ce sacré ipôt. Les membres du Chapitre de la cathé- "aie et du clergé paroissial , venaient aussi , heure en heure , y réciter en particulier Toffice 3S morts. Dans la matinée, des messes étaient Uébrées de demi-heure en demi-heure, pour le jpos de l'âme du vénérable pontife» par les rêtres qui pouvaient avoir ce bonheur. Mais mdis que , pour se conformer à l'esprit de TËiiae , qui ne croit jamais trop faire pour assurer
salut de ses enfants, ils sollicitaient en sa fa- ;ur la miséricorde divine, la plupart se scnlient intérieurement pressés de réclamer pour jx-mêmes le suffrage de ses prières. Les fidtics» éiiétrés du même sentiment, portèrent encore lus loin l'expression de leur vénération. Austdt que l'accès leur fut ouvert , une foule imlense, composée des habitants de la ville et des BiDpagnes voisines , ne cessa , pendant trois >urs que le corps fut exposé, de remplir la chaelle ardente , de venir déposer, aux pieds du lint pontife , le tribut de ses regrets , de son sspect , de son amour, et de faire toucher par ulliers, & ce corps vénéré, des chapelets, des
46S TIB DE HOm EIGHBVE DE SIHOHT.
méibilles • des images , des livres , et jusqu'à da lioge ei des vêtemeols. Les soldats de la garai* soo • qui ne conoaissaienl Mgr de Simony qoe par sa réputation uniferselle de sainteté, ce* daient eux-mêmes à Tentrainement géaéral , ci venaient consacrer leurs armes en lea raîsaai toucher à ses précieux restes.
Les obsèques avaient été Gxées au jeudi, 1** mirs. Elles furent célébrées avec la pompe el la magnificence que commandaient les vertus et la dignité du pieux prélat. La garde nationale, convoquée en partie , voulut y assister tout entière par un élan spontané. Le cortège se mit eo marche , au milieu des flots compacts de la popuialioD , échelonnée depuis la maison mortuaire jusqu'à la cathédrale. Il se composait de la garde nationale , de toutes les troupes de la garnison, d'uu clergé nombreux venu des diverses parties du Diocèse, de toutes les autorités civiles, jodi* claires et militaires, et d'une multitude innombrable accourue de toutes parts , pour payer un dernier tribut d'hommages à la mémoire de ceiti t qui avait été si longtemps leur premier pastetrl et leur père. Le cercueil» soutenu par six prétrei, f était recouvert des insignes pontificaux du sai^ évcque» dont les rentes mortels étaient partout, sur leur passage , Tobjet de la vénération publique. L*oiEce fut célébré par Mgr Gousset, srcheréque de Reims , qui était venu rendre kl.
CHAPITEl XKYIII. 4^9
derniers devoirs au premier et au plus aociea sufTragant de sa province, à un pieux prélat» dont il avait toujours admiré les tertus et vénéré la sainteté.
Après l'Evangile , Mgr de Garsignies , les traits empreints d'une émotion profonde , et les jeux pleins de larmes , monta en chaire pour louer les vertus de celui qu'il avait toujours regardé commo son père et son modèle , jeter sur sa tombe un dernier adieu» et solliciter de lui une dernière bénédiction. Le saint sacrifice étant achevé^ les absoutes solennelles forent faites successivement par Mgr l'archevêque de Reims» par Mgr de Garsignies et par M. Ruellan, doyen du chapitre. Les chants devenaient plus solennels et plus lugubres. Le aon des cloches et le grondement du canon qui retentissait au-dehors , venait expirer au pied du cercueil comme pour saluer une dernière fois» le pontife qui allait entrer dans la demeure de son éternité. Le corps de Mgr de Simony fut ensuite descendu et déposé dans le caveau des évéques » placé sous le côté gauche du sanctuaire, et où un tombeau avait été préparé pour recueillir sa dépouille mortelle, (i)
(i) Ce caveau , profané en 179), contient encore une partie des rettei morteli de huit ërécruet de Soiaiont. Ce tout If M. SS. Jeao Millet, mort en 1503; Syniphorien Bollîottd, en 1513 i Charles de Aoncj, en 1586; Jérôme Henneqoin, en 1619; Simon Legrat, en 1656; Charles de Bourion, en 1665; Fabio Brulart de Sillerjr, en 1714 ; et Charles-François Lêfeb? rc
de Laubriére, mort au grand séminaire, en 4738. Les quatre autrea prélatf qui ont occupé le ûëge ëpùcopal de Soitscni, depuii cette époque jusqu'à Mgr de dinionj, ont été inhuméi ailleurs : ce font NN. SS. de Fitz James, de Bourdeillcs, de Beaulicu et de Villéle. Il j avait cent onze ans que la Tille de 5oisioni n'arait é\é témoin des funérailles d'un évfque.
470 TIE DB «OIISBIGIIBCI »B SIHOflT.
A peine les derniers devoirs éUMol rendus ï Mgr de Simony , qae Ton conçut (o profei de l« élerer dans la calhédrale un monumeal qui pe^ péiuàt le âouYenir des vertus chrétiennes et tacerdoiales » dont il arait été un si parfait modèle, et tout à la fois , la reconnaissance et TafliscCioa filiale de son Diocèse. Le clergé de Soissons o'i pas eu Finitiatife de ce noble projet, auquel j toutefois . il s*est associé avec empressement. Lef 1 habitants de la ville épiscopale ont généreusement \ commencé; tout le Diocèse suivra » nous Tespérons , et un jour » dans cette église si souTent témoin des vœux et des prières que ce pieux poo« tife adressait à Dieu pour son peuple . en face de ce trône pontifical qu'il rehaussait par lé double éclat de sa dignité et de ses vertus; au pied de ce tombeau, qui sera pour nous un gage de plus de la protection du ciel , s'élèvera une statue qui représentera Mgr de Simony, dans l'attitude et dans Toccupation si chères à son cœur , de la prière , et qui nous rappellera qu'il continue d'être notre intercesseur à tous dans le ciel.
Toutefois, nous le dirons en terminant, une ioi-
dkariBU
% CHAPITBB XXVIII. 4?^
Il mortalité plus vraie que celle que peut donner ^ le ciseau du sculpteur » la plume de récrivain , il la voix de Torateur , est réservée , même dès ici i bas » au pieux et saint pontife dont nous avons I essayé de retracer les vertus. Il vivra toujours ' dans la mémoire de ce nombreux clergé qu'il a enfiinté au sacerdoce, et qui peut se gloriGer d'à* Toir vu toutes les vertus pontificales réunies dans un seul homme » dans son premier pasteur. 11 vivra dans le cœur de ces jeunes lévites, aux prières- desquels il aimait» dans ses derniers jours, à venir mêler ses prières et qu'il édifiait par le spectacle des plus humbles et des plus touchantes * vertus. Il vivra dans le souvenir des habitants de cette cité qui ont su apprécier le riche trésor que Dieu leur avait donné, et qui jusqu'à sa mort, l'ont entouré de tant d'amour, de respect et de vénération. Il vivra enfin dans la mémoire des pauvres et des malheureux dont il s'est toujours montré l'appui , le consolateur et la Providence. Parmi tant et de si hautes vertus que sa vie toute entière nous découvre , peut-être serace surtout è cette divine charité • admirable abrégé de toute la perfection chrétienne , que Mgr de Simony devra la double immortalité du ciel et de la terre selon ces paroles du roi prophète : a II a répandu avec profusion ses biens sur les pauvres , sa justice subsistera dans tous les siècles des siècles, sa force sera couronnée de
llj* TIB BB HOKfteiClIBIIK BB «IMOM.
Rloire- Di'Ptrtk, dédit paaperibus,Ju,tUiaytu manet tn seciUum aecuti, eotnu tgu» esutltabitv «n floria. (psalm. cxi, 9.)