‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 64 sur 67 · CHAPITRE IXVIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE IXVIU

pour moi» car j'en ai un grand besoin , je suis un bien grand pécheur , et croyez bion » contioual-il en insistant , que je ne parle pas autrement que je ne pense. • Le reste de la nuit , il fut généralement fort calme ; lorsqu'il était éveillé^ ce n'étaient qu'aspirations, paroles d'humililé et de confiance en Dieu, saints désirs pour le ciel , pour l'élcrnité. On lui demandait : Monseigneur, q^e désirez-vous? — Je désire le ciel , répondait-il.» Une autre fois qu'il paraissait vouloir se lever : Monseigneur, que voulez»vous faire ? — Je ne veux rien faire , il ne me reste plus qu'à mourir. » On ne lui présentait jamais le crucifix sans qu'il y colItU ses lèvres avec une expression de foi et do piélé qui contrastait singulièrement avec sou état d'anéantissement, ajoutant ces paroles:

O crux ave » spc^ unica ! Et souvent ces autres : O CkrisU, dum fixas cruci ! appuyant sur les derniers mots : Da nos in amplexu mori ! U priait. souvent tout bas et, sans qu'on les lui suggérât , il récitait drs prières , des invocations à la Sainte Vierge , et répétait souvent à diverses intervalles , ce cri d'amour du roi prophète : Quid mihi est in ccUo et a U quid volui super ierram (i)? et avec un accent plus prononcé : Et pars mea Deus in œtemum.

(I) Qu*jr a-t'il pour moi dans le ciel P Et hors de voiu, qu*ai-)e FOttlu lur la terre ? Dieu de moo cœur, tout étrt moiL partage poar r^emité.

i;6o VIE DE ifOHSElGHBVE DE SIMOMT.

Le matin du 7 Février , un de MM. les dîree- J leurs du séminaire qui était présent , le pria de ▼oufoir bien le bénir avant qu'il montât au saiot autel , et de demander pour lui à Dieu la grâce de bien dire la sainte messe » de la dire saintement. Mgr de Simonjr lui donna sa bénédiclîofi en prononçant toute la formule » puis il ajouta : « Qui , dites toujours bien la messe , dites - la toujours saintement, ce sera le plus grand bonheur do voire vie. Pour moi, contrnua-t-il avec l'accent d'une sincère humilité » je ne suis plus j capable de rien. Je m'abandonne h Dieu« je m'a- ' bandonne à Marie et à tous les saints du ciel. • Pans la matinée, son état parut s'améliorer , san$ que toutefois le danger eût aucunement disparu. Le pieux pontife en fut surpris , et il dit à une personne qui lui manifestait sa joie de cette légère amélioration : t Je n'j comprends plus rien , on aura fait des prières pour moi , ce n'est pas ce qui m'est avantageux, • Et une autre fois : c On m'a fait là un mauvais présent, j'étais bien disposé à mourir. • Cependant il ne se fit pas illusion sur cette amélioration momentanée , à quelques instants de calme succédaient des crises plus i violentes , et on regardait comme à peu près < inutile de tenter de nouveaux remèdes contre un | mal intérieur qui paraissait irrémédiable. Dieu . semblait ne prolonger de quelques jours la vie de ce vertueux prélat, que pour faire durer plus I

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longtemps les témoignages de sa foi, de sa religion p de sa piété. Constamment occupé de ce qu'il appelait sa grande affaire » alors même qu*il paraissait absorbé par de vives douleurs , on le voyait lever les yeux vers le ciel, joindre les mains et s'adresser à Dieu , avec la ferveur d'une âme pleine du ciel » et qui semblait ne plus tenir à la terre. Dans les quelques accès de délire que lui causaient la violence de la fièvre, il retrouvait facilement , et comme à sa volonté , la suite de ses idées, lorsqu*on lui suggérait quelque pensée pieuse , quetqu'acte des vertus chrétiennes. Il y avait dans cette àme quelque cho^e de plus fort que la douleur , c'était le sentiment de la foi et de la charité , c'était cotte inépuisable bonté de cœur qui avait été le principal caractère de sa vie. Aussi vivant par le oœur quo mourant par le corps, ce vénérable prélat , recevait avec une reconnaissance calme et affectueuse , les soins intelligents et dévoués qui lui étaient prodigués , et il n'avait pour tous ceux qui approchaient de lui que des paroles de bonté qu'il achevait, lorsque les forces lui manquaient, par un regard plein de douceur et de tendresse. Il n'avait plus^ qu'un souffle de vie, qu'il lovait encore ses mainsdéfaillantes pour bénir sa vertueuse famille et lesecclésiastiques qui fondaient en larmes au pied de son lit.

Peadant les quelques jours que Dieu le retint ».

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pour ainsi dire, aux por seotimcnU psraissaieDt bu UD vif déiir du ciel joint et en même temps un leo vive spprÉheation dei ju est le propre Aet fiuies ioac il esprimait souvent la cr fussent un obstacle à la d lui , quelqu'un lui dit de toutes grâces , i celle qi tant de raison , la consol dans la peine. < Et puis, vous . Monseigneur, qui la faveur d'invoquer pu son litre A'imnuuuUt: da teinement elle aura été et elle va vous rendre mi que TOUS lui avez procun fil sur lui une douce irofh iiance éclaira ses yeux e sourire: c'est vrai , oiod répéter sept ou huit foi Cabe concepia , ora pro n péché . priez pour nous.

La 2it février, il perdt couvra plus l'usage de li valles. Enfin après deux j a4 février, vers une hoi ' pela ce boa pastenr à |i

MÉMÉÉiriiriÉ

d'une vie toule de bonnes œurres et de vertus. Mgr de Simony était figé de 78 ans et sept mois. Il avait été sacré évéque de Soissons , le s4 avril 1825 , et il y avait justement un an, qu'il avait sacré lui-même son successeur et remis en ses mains le fardeau de l'épiscopat.

Aussitôt que le bruit de la mort du saint évoque se répandit dans le public» ce fut un deuil véritable dans chaque famille. La ville entière se montra digne du pasteur qu'elle venait de perdre, en partageant la vive douleur du clergé. Chacun s'abordait pour s'entretenir de cette triste nouvelle, et confondre ses larmes et ses regrets. Les uns rappelaient sa vertu constamment égale , sa bonté, sa douceur, sa patience, qui n'avaient jamais rencontré un seul ennemi dans une position et dans des circonstances si difficiles; les autres, son recueillement , sa dignité, sa piété angélique aux pieds des autels; les pauvres redisaient sa charité , qui l'avait tant de fois dépouillé de ce qu'il possédait pour nourrir leur faim et couvrir leur nudité; les affligés (1) , les paroles

(i) On a TU qae presque toute la fortune de Mgr de Simony avait paifé en l>onnet œuvres , et que sa charité l'avait réduit volontairement à n*avoir plut qu'on très-modeste re- Tenu. Toutefois, il voulut perpétuer après lui les effets de sa chanté pour les pauvres, et de sa pieuse libéralité pour son grand séminaire et pour son église cathédrale. Entre autres dispositions de son testament, Mgr de Simonj lègoe à perpétuité, 400 francs de rente aus pauvres de sa vUle épiscopale ; 600 francs de rente, au Chapitre et i la Fabrique de

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d*onclion ei de 8Qa?iié , qui versaieoi dta âme le baume des divines consolalioQs; sans eicepiion , faisaient l'éloge de ses f( tous proclamaient sa sainteté , et allaient )i dire » dans leur naïf enthousiasme : c Oi canonisé qui ne ?alaient pas Mgr de Siroc Ce concert unanime de larmes » de regret à cette triste nouvelle , s*éleva de toutes lei lies du Diocèse » fut , sans contredit , le plus tribut d'éloges décerné h ce pieux ponli n'appartenait qu'à une vertu suréminent* qui ne s'é.lait jamais démentie , d'exciter c moignages universels de douleur et de vénér Ces sentiments éclatèrent » le lendemain , une circonstance solennelle. M. l'abbé Chei ce jour*U (premier dimanche de Carême ) mençait » dans la cathédrale ,. la station Qu gésimale.. Fils de l'ancien élève et ami de M Simony, qui l'avait tenu lui-même sur les de baptême , il était arrivé au moment mén expirait celui qu'il appelait son second pèr comme pour recevoir son dernier soupir. 1 liait de parler du bonheur du vrai chrétien. 1

son église calhëdrale, à la condition c|u*un lervice so y sera célébré tous lea ans, poor le repoa de TAroe de qtiet de Soissons ; 400 francs de rente au grand sémi auquel il a laissé tous ses ornements pontificaux. On ti c'est à sa munificence que le. grand séminaire doit, • longtemps, le magnifique parc de Mesetn, qui lui s* campagne*.

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oir retracé le lableaa de la mort du juste , nspirant dans la péroraison , des sentiments de »oleur de son auditoire, il s'arrêta, et bientôt reit a?ec une émotion profonde : t Ce tableau de mort du juste que je viens de vous tracer, n*esti pas celui qu'hier nous avions sous les yeut?... b ! vos cœurs m'ont compris et ont nommé le int prélat qui , pendant tant d'années , fut votre isteur et votre père!... Heureux voyageur, il I parvenu au terme de son pèlerinage; fruit ûr pour le ciel , qui Tenviait i la terre , il a été leilli pour être transporté dans les greniers du ^re de Famille... Ah I comme TApôtre , il a pu re , h son heure dernière : Mes combats ont été luronnés de succès : Banum certamen eertavi.

a course s'est terminée heureuse et sans nau-

Bge : eursum consummavi. J'ai conservé intact sans mélange le dépôt sacré de la foi qui m'a é confié : fidem servavi, 11 ne me reste plus , I soir de la vie , qu'à recevoir la couronne de fttice qui m'a été promise : in reliquo repola est mihi eorona jtutUiœ.

c Allez donc , ô saint pontife , allez habiter la trie I all.ez recevoir la récompense de vos versi.. Mais du sein de cet heureux séjour où ms aimons h espérer que vous êtes déjà , n'ouiez pas ceux que vous avez aimés, qui étaient s enfants , et qui restent dans cette vallée de rmesy exposés à tant de périls I... N'oubliez

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ipDs ci; troupeau chit

«oins et «levoKsoUlci

quo celte pen»éeadî

dernière !.. ce lrou|

donné et saos pasle

la lerre un autre

cœur, le coolideot d

leur de vos œuTres

Vous reïivrei en lui

vuus revoir encore

de son ztle . de »on i

lurcé de dire: Nous Q

Pendant celte touci coulaient de tous II À peine contenus, e voix entrecoupée p achever les paroles d Cependant , chaci impatience , le nioa d'aller rendre à ce hoHimugo sur sa co MgrdcSimoay.e^ pendant sa longue c prodigué le« soins les soirée du dimanche, filet, transformé en .]ui lui servait de sali de parade, révolu de Sdq visage , quoique

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