‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 7 sur 67 · LUI. LEUB CONSTANTE AMITIÉ ET LEUB COB · texte numérisé non relu

LUI. LEUB CONSTANTE AMITIÉ ET LEUB COB

BESPONDANCE. •— MONSEIGNEUB CASTBLLANE ET

l'aBBÀ de SIMONY. SÉMINAIBB DE ST-SULPICE.

l'aBBÈ de SIMOBY ENTBEDANS LA COMMUNAUTÉ

DES CLEBCS DE SAINT-SULPICB. ^- SES SUCCkS EN PHILOSOPHIE ET DANS LES SCIENCES POSITIVES.— SA VEBTU , SA PlÈTt. SES DOUTES SUB SA VO- CATION. IL BEGOIT LES ORDBES MINEUBS.

ÉTBOITE AMITIÉ QUI UNIT M. NAGOT A l'aBBÉ DE SIMONY.

Jules de Simony avait achevé sa rhétorique à U fin de l'année 1786; ses parents furent queU que temps indécis sur le séminaire où iU l'enverraient faire son cours de philosophie et ses «Uudes théologiques.

Le diocèse de Toulon n'avait plus de grand «éminaîre depuis Tannée 17C2; Mgr Bcnnîn de

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TI£ D£ VOlMBIOIlBim Dl SIH05T.

Cbâlocei» éyèque de Toulon, qui p»P Ml il menseï libéralités , afait rebâti à neof le épiscopal , agrandi l'hôpital général » ai ane esistence régalière à l'hospice des ei trouvés» construit une nouvelle église paroîti décoré magnifiquement le portail de Ja cal dr^le, avait epcore trouvé le moyen de tom ses propres frais » en 1695 » un grand sémini dont il confia la direction aux prêtres de compagnie de Jésus. Cet établissement dura qu'à la suppression des Jésuites» qui en furent derniers directeurs* Le diocèse de Toulon , des plus petits de TEglise de France, et qui cpmpt^t pas plus de vingt-quatre églises pai sialesy se trouvait alors dans la même posil que plusieurs petits diocèses circon voisins , ne pouvaient fournir assez jb. sujets^our fori et. entretenir un ^grjsnd sémiaaire. Afin que petits diocèses ne fussent point entièrement j(ij vés de ressources, on avait établi à Touloi le séminaire de St-Charles, distinct du gri séminaire, et qui était commun aux jeunes clésiastiques de plusieurs diocèses du Languei et de la Guyenne.

Cependant M. et M"* deSimony, résolui d'envoyer leur fils au séminaire de St-Suipi à Paris. Il leur en coûtait d'éloigner autant la maison paternelle un enfant qui en faisait Véi ficûlion par sa piété et le charme par sa douceui

GHAPITBB III. )||

tait an premier sacrifice que Dieu leor de* Édail» et q^ui devait être suivi de bien d'autres; isée que cet enfant ne leur appartenaitplus, k r Eglise » et les instances d'un ami qui ih de veiller sur lui avec toute la tendresse père, achevèrent de les déterminer, séparation n'en fut pas moins pénible à cœur , et cependant ils ne savaient pas ne reverraient plus sur la terre cet enfant accompagnaient de leurs vœux et de leurs Son départ affligea, plus sensiblement *e une de ses jeunes sœurs , son aluée de ans seulement. Une heureuse conformité [e » de goûts , de sentiments avait comme lu leur cœur l'un dans Tautre » et les avait dès Tenfance par les nœuds de la plus tendre :ié. • Jules , écrit cette bonne sœur dans ses 'enirs de famille» a toujours été mon ami le i intime. J'élais chérie des autres, et je les ai» beaucoup » mais Jules qui me suit imméement dans Tordre de naissance» avec lequel ÎQui du bonheur de Tcnfance » a toujours eu place de prédilection dans mon cœur. On is regardait dans la famille comme insépalies; il partit pour Paris» à Tâge de seize ans» le séparation nous coûta bien des larmes et i adieux furent bien tristes; en nous quittant» as nous promîmes d'être toujours les mêmes n pour l'autre. Grâces au ciel» il m'a conservé

TIB D£ HOnSBICXBUl M SIMOIIT.

•a tendresse et je TaiBie cosuDe toujoart , c« qui .est pour moi an grand bonheor. >

En effet , jamais frère et sœur ne furent par des liens ni si doux ni si poissanU. Us fi séparés Tun de Fautre pendant de longues nées, surtout pendant cette tempête effroyable devait bientôt disperser toute leur famille. Ai tôt que le calme- commença de* renaître»

s^enipressèrent de se comjnunîquer par h des sentiments qu'ils avaient tenus si longti comprimés; bientôt une correspondance régulU s'établit entre eux* Nous avons eu le bonheavretrouver une partiedes 4ettres.de M. -de SimoM à sa sœur; c'est à ces lettres écrites avec tM l'abandon de l'amitié^ que nous devons de pouvoil connaître les pensées les plus intimes de Mgr dl| Simony» dans plusieurs circonstances impori tes de sa vie* Ces lettres respirent toutes douce sensibilité, une piété solide» quelquefei| un enjouement aimable» et presque toutes s< remarquables » par la facilité » par le naturel l| par le bon goût. Tour h tour» conseiUer et cooi solateur de celte sœur chérie, qui recourait h\i dans ses doutes comme dans ses peines » M« dl Simony se montre dans cette correspondaooi intime, ce qu'il a toujours été« tendre» aimanti sage et profondément chrétien.

Avant son départ de Toulon » l'abbé de JSin mony avait été prendre congé de son évéque» t

CIIAPITEE m. 2

lai demander» avec sa bénédiction» l'auloriialion

Nécessaire pourreceToir les ordres. Or» le pre*

^%ier pasteur du diocèse de Toulon était alors

'^gr Eiléon de Castellane» qui Tenait de succéder

^fitte année-là même à Mgr de Yintimtlle, après

^^'ivoir reçu la Consécration Episcopale dans la

-• -^^ihidrale de Soissons , des mains de Monser-

^^'^gneurde Bourde illes , dont il était précédem*

f I^Deot Grand • Vicaire. Soissons ne devait pas

'"Ç'-^tair se renouveler avant 69 ans cette magnr-

""^P^iae cérémonie du sacre d'un évéque » et cette

^t^^Mbis, c'était le jeune abbé que Mgr de Castellane

^'■iKâbrassait tendrement qui, après vingt-quatre

^c f^ d'éptscopat» plein de jours et de vertus» devait

P<>nDnférer l'onction sainte et la plénitude du sa-

^?3^tdoce à celui qu'il avait désiré et obtenu pour

^P«^ccesscur.

ites : i^ séminaire de St-Sulpice se composait alors :lqueie cinq établissements ou communautés ; le grand t^ Séminaire , fondé par M. Olier ; le petit sénri- '^"'^^ire^ établi par M. Brenier» et ainsi appelé par- ^^ *^ que les bûtimenis on étaient plus modestes ^'^ ^1^ ceux du séminaire proprement dit, et la ' '^^nsion plus modique; la communauté des ^^'^îlosophes , oii l'on recevait les jeunes gens ^^'tui se disposaient à entrer au grand ou au l^^tit séminaire; la petite communauté des pau- ^^ -^res écoliers fondée en 1677» par M. Boucher» '^ ' ^t>cteur de Sorbonne , et dite plus tard des

84 ▼IB DE MOlfSBIGlBVl 9E SIMOIIT.

Robertins, du nom de M. Robert» I'ud do €

supérieurs et bienfaileurs ; enfin la communau

des Clercs de St-Sulpice » rue Casselte. Cet

dernière communaulé dans laquelle fui placé

jeune abbé de Simony» et dont il fut un i

premiers élèves , venait d'être établie par M.

Tersac , curé de Saint-Sulpice , de concert ai

M. Nagot» alors supérieur du petit séminaû

Leur but» en fondant cette maison » était de f

mer et d'entretenir les vocations ecclésîasliqiK

è une époque où les principes irréligieux se répi

daient déjà dans un grand nombre do coll^ei

de pensionnats. On y enseignait les humaniU

à commencer de la quatrième jusqu'à la p

losophie inclusivement. Cependant » le cours

philosophie proprement dit» ne se faisait

aux Robertins » ni dans la communauté des p

losophes » ni dans celles des Clercs de Sai

Sulpice » mais les élèves de ces maisons suivai

les cours de philosophie de quelque grand coU

de Paris» tel que le collège de Mazarin » d'il

court » etc. 11 n'y avait dans ces différentes a

munautés que des conférences ou répétitions

ce qui avait été dit au collège.

Le supérieur de celte maison » M. Savine, M. Nagot» ne furent pas longtemps sans précier les heureuses dispositions du jeune a deSimony» pour les sciences et pour la ve Jules de Simony joignait, comme nous i'av

â6 VIB DB MOIfSBIGaiEUB LE SfMOKT.

grâces de soo extérieur noble et simple , h l'aménilé de ses manières » à la douceur de sa parole* Sa vertu aimable» Tinnocence de ses mœurs et la ferveur de sa piété inspiraient à tous ceux qui l'approchaient, un sentiment d'a£fection mêlé de vénération , sentiment que ses condisciples ne croyaient pouvoir mieux traduire , au témoignage de l'un d'eux « qu'en loi donnant le nom de peiît Jésus.

L*abbé de Simony tout en s'appliquant fortement à l'étude portait plus, haut ses pensées. Il n'oubKait point qu'il était venu dans cette maison pour rendre certaine sa vocation et se préparer j à ce que Dieu demanderait de lui. Toute sa vie» [ depuis son enfance » avait été une prédisposition , 1 disons-mieux» une préparation au sacerdoce» et cependant il avait une si grande idée de la pu« reté et de la sainteté nécessaires au prêtre » que ce n'était qu'avec crainte» qu'avec des incertitudes fondées» selon lui» sur son indignité» qu'il envisageait de près ce ministère sublime. Destiné à l'état ecclésiastique » dès son berceau , il regardait par là même sa vocation comme irrégulière et prématurée. Le désir et la volonté de ses parents qui avaient été pour lui l'expression de la volonté de Dieu » au lieu de le rassurer» lui inspiraient quelquefois des scrupules» et il craignait par-dessus tout que des motifs humains eussent la moindre part h une déterminatioo

cBATCm m. 2y

qui ne deyait » dUaiuU , partir que du ciel.

Bien des fois , il alla trouver le sage et pienx M. Nagot» son direclenr. Il lui ouvrit son cœur, lui fit connaître le sujet de $e$ doutes et de se$ inquiétudes. Ce sage prêtre ne vit dans ces. alarmes d'une conscience timorée qu'une marque plus certaine de vocation. Il l'encouragea » raffermit et rendit à cette âme innocente et craintive la confiance et là paix. Ce fui d'après $es conseils que l'abbé de Simony reçut les ordres mineurs -aux Quatre-Temps* d'Avent» de l'année 1788. M. Nagot ne put voir sans en être vivement touché , une conscience aussi pore , aussi délicate , aussi pénétrée des devoirs du sacerdoce et de la sainteté qu'il exige. Une sainte amitié se formo dès * lors entre le pieux directeur et l'abbé de Simony. Les érénements qui se pressaient » et le départ de M. Nagot Tanoée suivante (1; » pour le Nouveau-Monde » deraient bientôt les séparer pour toujours. Mais les amitiés dont Dieu est le principe et le lien sont b répreuve des distances comme des années. Dix ans plus tard» M. Nagot» au milieu de ses

(I) M. Nagot et les jeunes ecclésiastiqaei qu'il emmenait a?ee lui t'emDarqoérent an mois d'avril 4791 , sur le mém faiaseau qui traniportail Chateaubriand en Amérique. « Ces « compagnons de Tojage, nous dit-il dans ie« Mémoires, B*aa- « raient mieux con?enu quatre ans plus tôt : de chrétien zélé « que j*aTais été, j'étais devenu un esprit fort , c>st-à-dirc «n « eiprit faible. »

28 VIE DE XORSEIGIVEUB DE SIVONT.

occopatioDs sans nombre aox Elats^Unis » alors qae sans autres ressources que son zèle» il fondait un grand» un petit séminaire à Baltimore» et un grand collège jouissant du pririlége d'université, se ressouvenait de son jeune ami et lui écrivait cette lettre touchante dont nous donnona quelques extraits. Cette lettre , en prouvant la tendresse de M. Nagot » montre que Tabbé de Simony en était resté digne au milieu de ces bouleversements où la vertu et la foi de tant d'autres avait fait naufrage. Cette lettre datée de Baltimore» 3i octobre 1798» porte sur l'adresse : au citoyen Simony.

c Quelle joie j'ai ressentie » mon cher Simony» en ouvrant votre chère lettre et en retrouvant dans ma main votre nom si chèrement gravé dans mon cœur. Recevez ce petit mot » comme le porteur de tous les sentiments que peut m'inspirer la plus tendre amitié pour vous. J'ai su votre histoire par M. Dubourg» et je l'apprends de nouveau de M. Guillemin. Que Dieu conserve en vous les heureuses dispositions qu'il y a mises » qu'il les perfectionne et qu*il vous conduise vers le port, au milieu des écueils dont vous êtes environné: c'est le vœu que je forme pour vous de tout mon cœur et que j'y porte habituellement » goûtant un doux sentiment de joie à me ressouvenir de vous » et à penser que Dieu ne nous retirera de ce monde que pour

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D0U8 réunir dans son sein avec tant de nos anciens amis qui joaitseni à présent de la couronne de gloire que nous leur envions. O mon cher enfant, regardet-les souTent pour réclamer leur amitié et qu'il vous tarde de les embrasser dans le séjour des saints.

• Prenez mon pauvre cœur dans vos mains , mon cher Simony, et faites^lui dire â madame Chervaux et à son enfant tout ce que le plus tendre souvenir devant Dieu peut m'inspirer. Qu'il les comble avec vous de ses bénédictions; dans ce désir que je forme en ce moment sous ses yeux , je me les représenterai demain devant moi lorsque j'étendrai la main pour bénir ceux qui seront à ma messe, et vous y êtes déjà, mon cher Simony, que je ne quitte que de corps, tant mon âme vous est dévouée en Noire-Seigneur. >

3o VIE LE MOXSBIGNBCR DE SIMOMT.

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