CHAPITRE II
PBEMlkBE ÊDUCATI05 DE MOKSEIGNEUR DE SIMORT.
SA VOCATION A l'ÉTAT EGCLÈ8IA8TIQDB. —
8019 CARACTERE. «— IL ENTRE AXJ COLLÈGE DBS ORATORIENS DE TOULON ; EXEMPLES Qu'iL t
donne; svccks qu'il y obtient; sa dougeui ET son amabilité; il reçoit la tonsure
CLiRICALE. •— OPINION Qu'oN AVAIT DkS-LORS DE SA PIÈTÈ.
\jE fui de ces vertueux parents que Mgr de Siuiony reçut avec la vie les germes de religioa, de piété» de douceur et de bouté, dont rËglIse devait un jour recueillir les fruits. Il naquit à Toulon, le tg du mois de juillet de l'anDée | 1770, et fut baptisé dans Téglise de Saiot- { Louis, sa paroisse. C'est en reconnaissance de la grâce du baptême et des premières instructions qu'il reçut dans cette église , que Mgr de Simony légua par son testament » à la cure de [, St-Louis, une rente perpétuelle de deux cenU l francs , pour être employée en œuvres de piété h et de charité.
Dès ses plus jeunes années, il fut destinéft
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de leurs mères : t Attendez encore une année , dîsaîl-il , il est impossible que la bonne semence de la première éducation ne produise pa» enfin quelque fruit dans leur cœur. ■
Gr&ce aux soins intelligents de cette pieuse mère , Jules de Simony justifia de bonne heure une Tocation qui semblait lui avoir été imposée dès le berceau. Il eut tous les goûts de Tétat ec« clésiastique atanl même d'avoir pu sentir que Dieu l'y appelait. On remarquait dès lors en lui une modestie» une dignité, une fermeté qui lui étaient comme naturelles , et qui ne sont ordinairement le fruit que de longues années. Ce» "qualités , toutes précieuses qu'elles étaient , eussent pu dégénérer facilement en hauteur et en ténacité» et il avouait» par la suite» qu'il lui avait fallu de grands et continuels efforts pour modérer la pente qui l'entraînait vers ces défauts. Heureusement Dieu lui avait donné un esprit droit, un cœur doux et tendre qui le rendaient docile aux leçons et aux reproches de Tamitié.
Il avait à peine sept ans » lorsque ses parents confièrent k des maîtres expérimentés le soin d'ouvrir son esprit aux premiers éléments des sciences» et de former son cœur à l'habitude des vertus chrétiennes. La ville de Toulon n'ayant pas de petit séminaire» Jules de Simony fut mis comme externe au collège de la ville» dirigé par les prêtres de l'Oratoire. M"* de Simony recom-
manda son fiU, avec toute la sollicitude maternelle, aux Pères Simon et Garnier, Tun supérieur, Tau • tre préfet des études de cette maison. Elle leur fit connaître que sans vouloir se rendre aucunement Tarbitre de sa vocation , elle le croyait appelé à l'état ecclésiastique. Jules de Simony revenant tous les jours dansla maison paternelle, cette bonne m^e s'estima heureuse de pou* voir ainsi lui continuer les soins vigilants, les sà^ ges leçons que lui inspirait sa tendre piété.
Nous n'avons pu recueillir, que très-peu de dé« lails sur lesjieuf ou dix anspendant lesquels Jules de Simony fréquenta, le collège de Toulon , où il fit ses premières études et ses humanités. Ce* pendant nous devons aux souvenirs d'un prèlre • respectable, son ancien condisciple au collège de Toulon , et aux notes de famille d'une de ses sœurs, quelques traits simples et touchants , où se révélaient , avant le temps , ces vertus qui devaient faire un jour Thonneur de l'épiscopat et l'édification de 1! Eglise.
A. peine sous la direction des prêtres de l'Oraioire ,. le.jeune de Simony se fit remarquer par un caractère doux et toujours égal , par une parfaite régularité , par une piété tendre et constante. Les nombreux succès qu'il obtint dès le commencement et dans tout le cours de ses études furent moins, au jugement de ses maîtres^ le fruit d'une imagination brlIlaQle, que d'un esprit juste.
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d*uDe grande rectitude de jugement » d'une conception pénétrante , et d'une forte application au travail. Ses condisciples lui pardonnaient volontiers ces succès parce que lui-même ne cherchait point à s'en prévaloir. Ils regardaient le jeune de Simony comme leur étant supérieur en tout , et ils se sentaient attirés vers lui par sa modestie» par sa douceur, par l'amabilité de son carac* tère. Comme preuve de cette douceur de caractère , qui lui gagnait déjà tous les cœurs, on nous permettra de citer un trait emprunté à son enfance. Jules de Simony accueillait tous ses petits amis avec une grande cordialité; au sortir du collège ils l'accompagnaient jusqu'à la maison paternelle, et lorsque la discrétion ou la timidité en retenaient quelques-uns, malgré leur désir, sur le seuil de la porte , ils le priaient en grâce de les prendre par la main pour les faire entrer à sa suite , en lui disant dans le langage et avec l'accent de la Provence : Tirez-moi Monsieur Vabbé (c'est le nom qu'il portait dès-lors)^ tirez^moi Monsieur l'abbé; certains qu'ils étaient d'être bien accueillis de la famille sous le patronage d'un si aimable introducteur.
Toutefois Jules de Simony avait une prédilection marquée pour la retraite , un attrait particulier pour la solitude, et il sacrifiait difficilement aux plaisirs do son âge les heures particulières qu'il destinait au recueillement et h la
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ptière. I) foi tonsuré à l'âgé de onze ans » le 1 7 ayril 1781 , par Mgr de LascHris de \iniimiUe» évéque de Toulon. La réputation de vertu et de piété dont jouirait la famille de Simony , dans la ville de Toulon , le témoignage que lesprétrea de rOratoire rendaient aux excellentes qualité^ de Jules de Simon j, firent conceToir au sage prélat les plus douces espérances , et il présagea qu'une âme aussi prévenue des bénédictions du ciel, s'élèverait un jour à une éminente sainteté. Cette pieuse cérémonie » trop souvent sans résultat dans un âge si tendre^ fit une profonde impression sur le cœur du jeune de Simony. II prit au sérieux la promesse solennelle qu'il venait de faire à Dieu, et voulut toujours porter Tbabit ecclésiastique comme souvenir continuel de sa séparalion du monde et de sa consécration au service des autels. Il assistait , revêtu du surplis » à tous les offices de l'église de St-Louis où il édifiait tous les fidèles par son assiduité» par son zèle à remplir les saintes cérémonies , par la ferveur de sa piété et par une modestie toute angélique. On ne voyait qu'avec admiration ce jeune enfant, sur l'extérieur duquel l'innocence et la grâce semblaient avoir imprimé leurs traits les plus aimables. Une de ses sœurs dont nous parlerons bientôt , étant retournée en 18 18 5 Toulon^y retrouva encore vivantes, après tant d'agitations et de bouleversements , les impressions de piété que son frère avait produiles
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dans son enfaDce » et elle se plaisait à le lui rappe- 1er. M. de Simony dont le cœur fut toujours sans ▼oilc pour cette sœur, témoin d'ailleurs de Tio* nocence de ses premières années, lui répondit avec cet embarras d'une Ame humble et pure dont le secret est découvert » et qui ne peut dissimuler les dons Dieu, c II ya, disait-il, dans les impressions d'une enfance qui n'est pas gâtée , une innocence et une imprévoyance qui en rendent le sentiment tout pur, et d'une douceur qui y par la suite » ne se trouve plus guère qu'en s'élevant jusqu'au bon Dieu. Alors on me trouvaity dis-tu , la mine d'un saint. Hélas I je ne sais si j*en ai conservé la mine » mais je sais qu'il s'en manque étrangement que je ne le sois. Tes prières et celles de beaucoup de bonnes âmes qui s'intéressent à moi, me serviront 2i m'attircr un jugement de miséricorde, car sa justice me fait trembler, s
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