CHAPITRE XV
carême à Saint-Roch. C'en était trop, et un peu de repos lui devint nécessaire. En compagnie d'un de ses élèves préférés1, il alla, vers la fin de mai, passer quelques semaines dans les Pyrénées, chez son ami M. de Gontaut, neveu du duc de Rohan, apercevant de là cette Espagne, qu'il désira toute sa vie visiter, sans y réussir jamais, écrivant aussi aux élèves de son Petit Séminaire, sur les mœurs et les habitudes religieuses du peuple des pays basques, des lettres qui, lues à la lecture spirituelle, firent les délices de ces enfants. Enthousiasmé des deux lettres au duc de Broglie, le clergé, à Toulouse, à Monlauban, lui fit le plus chaleureux accueil ; ce dont on se félicitait le plus, ainsi qu'il le dit lui-même dans une lettre à xM?r A Are, c'était de la modération et delà fermeté des Evéques. Dans la même lettre, répondant à la pensée de Msr AITre, qui était la sienne, touchant les périls de l'influence laïque, mais en même temps s'efforçant de le décider à une initiative plus résolue, il lui disait : « Il est capital pour la campagne prochaine que la direction soit aux mains de l'épiscopat et qu'on ne marche plus au hasard. Il faut prévoir, décider; puis, exécuter. Je crois, Monseigneur, que la composition de ce comité demande la plus grande circonspection. En tout cas, il faut que les laïques se décident à suivre la direction des évèques. Je viens d'écrire dans ce sens une lettre à M. de Montalembert. Il l'aura peut-être trouvée trop forte ; mais j'ai cru devoir lui dire toute ma pensée. C'est tout l'avenir de l'Église dont il est question. » M. de Montalembert, du reste, après les fautes de doctrine et de tactique de ['Avenir, en était bien convaincu.
Etd*jjà il ne peut plus se passer de l'abbé Dupanloup. Il lui écrivait le 19 mai : « Soyez assez bon pour m'indiquer, dans le courant de la semaine prochaine, un jour et une heure où je pourrai avoir le loisir de vous entretenir en même temps que le P. de Ravignan, sur l'organisation définitive de ce fameux comité. » Et le 28 juin, quand il le sut de retour : « Me voici, Monsieur l'abbé, à vos