‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 214 sur 326 · CHAPITRE XV II · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV II

jugement que portait sur lui Mrae Swetchine : Mmo de Chelaincourt, à qui elle parlait ainsi, était une princesse Schérébatof, mariée en premières noces au comte Schouvalof, et mère de ce comte Grégoire Schouvalof, qui devint religieux Barnabite, et qui devait mourir victime de son zèle dans le diocèse même de l'évèque d'Orléans. M. Yermolof, auquel Mrne Swetchine écrivait la lettre que nous avons également citée plus haut, était fils du général Alexandre Yermolof et d'une princesse Galitzin ; il avait fait, en 1830, son abjuration entre les mains de l'archevêque de Paris, et l'archevêque mort, il avait reporté toute sa confiance sur le prêtre si cher à Ms* de (Juélen. Nous pourrions nommer aussi, parmi les recrues de l'Église catholique dans les rangs de la haute société russe, dont l'abbé Dupanloup fut le conseil et l'appui, Mme la princesse Wittgenstein, née Bariatinski, sœur du feld-maréchal Bariatinski, qui pacifia le Caucase par la prise de Schamil. Et combien d'autres encore :

De même pour la colonie anglaise. « J'ai assisté dernièrement, écrivait encore à M,nede Chelaincourt MmeS\vetchine, à l'une de ces cérémonies qui touchent et consolent davantage les cœurs croyants, je veux parler d'une abjuration. La jeune Anglaise qui est entrée dans le sein de l'Église y avait été amenée par M. Dupanloup. D'après toute apparence, cette conversion en contient plusieurs autres. » Nous aurons, nous-mème, plus tard l'occasion d'en raconter quelques-unes, opérées par l'évêque d'Orléans. La lettre suivante apportera un nouveau témoignage de cette influence :

« Monsieur l'abbé, je prends la liberté de vous adresser deux mots pour vous prier de vous mettre en relation avec M. le comte d'Arundelet Sussex,fils et héritier du duc de Norfolk, le premier pair d'Angleterre, et le soutien et l'espérance des catholiques du royaume. Il a passé plusieurs semaines à Rome où il a donné beaucoup d'édification. Il est plein de piété, et pourra, je l'espère, faire beaucoup pour le bien de la religion en Angleterre. Il désire à son passage par Paris faire connaissance des ecclésiastiques les plus distingués par leurs lumières, leur zèle

et leurs vertus: et je ne saurais mieux contribuer à l'accomplissement d'un si louable désir, que de le mettre en relation avec vous, monsieur l'abbé, qui faites tant de bien en France, et qui n'oubliez pas les Anglais, et qui avez des titres à la recor naissance de plus d'une famille catholique anglaise pour le zèle avec lequel vous avez exercé votre saint ministère auprès de personnes qui leur appartiennent.

y> Rome, 21 février 1846, C. cardinal Acton. »

Du reste, sa prédilection pour la grande nation anglaise, son ardent désir de la voir revenir un jour à l'unité catholique, il n'a jamais manqué de l'exprimer éloquemment, chaque fois que dans ses écrits ou ses discours il a été amené à parler de l'Angleterre.

Tel était donc l'abbé Dupanloup comme directeur, et l'influence de sa direction à cette époque de sa vie était trop considérable dans l'Eglise de France pour que ce portrait ne trouvât pas sa place naturelle et nécessaire ici. 11 resterait, pour l'achever, à faire connaître les conseils précis qu'il donnait aux âmes, sa doctrine spirituelle. Mais comme ce ministère n'a jamais cesse d'être le sien, ces détails viendront mieux, et dune manière plus complète, quand nous raconterons sa vie d'évèque.

Nous terminerons en citant quelques paroles de lui, quelques pratiques, qui montrent avec quel profond et délicat sentiment sacerdotal il se livrait a ce service désintéressé des âmes. « Avant d'entrer au saint tribunal, écrit-il, dans une de ses résolutions de retraite, il faut avoir soin de bien purifier mon intention, et me bien pénétrer de la pensée que je tiens la place de Jésus-Christ. Et après en être sorti, me mettre à genoux, baiser la terre, réciter le Miserere. 0 mon Dieu, quelle bonté est donc la vôtre de daigner employer de pauvres créatures comme nous à ces adorables opérations de votre grâce ! i

Mais la prédication, avons-nous dit, l'occupait beaucoup aussi, et il nous faut maintenant le suivre dans la chaire chrétienne.

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