CHAPITRE XIX
tions et les entraves les plus exorbitantes de l'ancien monopole ;
» -4° Le nouveau projet de loi prépare l'entier anéantissement des institutions de plein exercice actuellement existantes, et rend, pour l'avenir, l'existence des établissements libres absolument impossible;
» 5° Le nouveau projet de loi blesse au cœur le principe même de la liberté d'enseignement en instituant l'Université juge et arbitre de ses concurrents.
On voit à quel degré cet écrit entrait dans le vif de la question. Deux des dispositions du projet de loi entre autres, l'exigence d'un certificat d'études pour les élèves, et les conditions dégrades pour tous les maîtres, étaient, on peut le dire, criblées. « M. Dupanloup, dit une feuille libérale du temps, a fait une critique complète, irréfutable, de la loi proposée. 11 l'a prise article par article, et sa logique n'en a pas laissé pierre sur pierre *. » Le vaillant évêque de Chartres tressaillit, à cette lecture, comme un vieux soldat au bruit d'une bataille lointaine ; et dans son admiration, il écrivit à l'auteur une lettre enthousiaste qui se terminait par cette parole: « Bonum certamen certasti, vous avez combattu un bon combat, et l'Eglise en ce moment place une invisible couronne sur votre tête. »
Il écrivait lui-même à M, de Montalembert : « Le succès de ma pauvre brochure passe de loin tout ce que je pouvais raisonnablement en espérer... M. de Tocqueville m'a écrit une lettre fort aimable. Il parait qu'à la Chambre surtout mes raisons font impression; du moins on me l'a dit et même écrit vivement... Evêques, députés, tout le monde m'en paraît content, et m'en écrit. » (28 avril.)
« Je suis ravi, répondit M. de Montalembert, de ce que vous me mandez sur votre brochure. Je ne saurais du reste m'étonner de son succès. Je viens de la relire, et réellement je la trouve admirable. Vous vous y êtes surpassé, mon bon ami. Je trouve, sans compliment, que